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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la solennité de la Fête-Dieu


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Solennité de la Fête-Dieu

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui. »

Chers frères et sœurs,

Après avoir fêté dimanche dernier Dieu lui-même, dans sa nature profonde trinitaire, nous fêtons à nouveau Dieu aujourd’hui dans le don qu’Il fit de lui-même à son Eglise en la personne de Jésus. J’imagine bien que cette fête aura cette année un goût particulier alors que nous n’avons pas pu célébrer ensemble le Jeudi Saint, Première Messe célébrée par Jésus qui se donne à son Eglise sous les espèces du Pain et du Vin, alors que nous avons connu un jeûne eucharistique pendant plus de deux mois. Au cours de ces jours de privation, nous avons dû modifier notre alimentation chrétienne : cela a été l’occasion pour beaucoup de redécouvrir la prière, seul ou en famille ; cela a été l’occasion pour un certain nombre de ressentir au plus profond d’eux-mêmes le manque, la faim de l’Eucharistie et par là-même d’approfondir leur rapport à la Sainte Communion ; et pour d’autres, cela a été l’occasion de mesurer que la Communion ne leur manquait pas autant qu’ils ne le pensaient. Que cette fête du Saint-Sacrement soit pour nous l’occasion de redécouvrir le don de Jésus sous les espèces du Pain et du Vin et l’acte d’amour qui le sous-tend.

Je voudrais vous remémorer combien l’Institution de l’Eucharistie a été soigneusement préparée par Jésus et par Dieu. Voyez-vous, on a souvent l’habitude de regarder comment Jésus, et Dieu aussi, ont préparé leur peuple à l’Evènement de la Résurrection. Dans l’Ancien Testament tout d’abord, Dieu, par les prophètes, ouvre l’espérance de son peuple à la vie au-delà de la mort. Puis Jésus va annoncer à plusieurs reprises sa Passion et sa Résurrection; par ses miracles, Il manifeste la puissance de sa divinité sur les lois de notre nature ; enfin par la Résurrection de Lazare, Il annonce la sienne. Si l’on regarde bien, nous avons la même préparation soignée pour un autre grand mystère, qui implique autant notre foi : l’Institution de l’Eucharistie.

La première lecture nous rapporte qu’à travers le don de la manne au désert, Dieu montrait à son peuple qu’Il était source de toute nourriture. Ainsi Israël apprenait à vivre et à se nourrir de Dieu lui-même. Puis lors de son ministère terrestre, Jésus va multiplier par deux fois les pains et les poissons, préparant ainsi son peuple à croire qu’Il est la source de toute nourriture. Il naissait à Bethléem, en hébreu la maison du pain, dans une mangeoire, comprenne qui pourra… Jusqu’au moment suprême où Jésus va se donner lui-même sous les espèces du pain et du Vin avant de donner de manière humaine et naturelle son corps et son sang le lendemain. L’Evangile entendu en ce jour de fête ne nous rapporte pas le récit de la Cène, mais nous rapporte le discours de Jésus qui explique le don qu’Il fait de lui-même.

Bien sûr, frères et sœurs, ce mystère appelle toute notre foi, autant que pour croire en la Résurrection. Ni plus, ni moins. Humainement, il est impensable, inconcevable et impossible qu’un homme se donne sous les espèces du pain et du vin ! Mais avec Jésus, le don de Dieu va plus loin. Dieu n’est plus seulement Celui qui nous nourrit ; Il est Celui qui se donne Lui-même pour nous nourrir de Lui ! Cet acte de Jésus est un acte de pur amour. Rien ne l’obligeait à se donner. Ce qui est encore plus beau dans cet acte d’amour, c’est que non seulement, Il se donne, mais en plus Il s’abandonne aux mains d’hommes qui sont pécheurs ! Même si l’Eglise est sainte, elle est composée d’hommes pécheurs, aussi bien dans ses ministres que dans ses fidèles !

Je voudrais vous montrer, en regardant de plusieurs manières ce rite institué par Jésus, combien l’Amour est présent. Tout d’abord, rien n’obligeait Jésus à se donner sous les espèces du pain et du vin. Il allait offrir sa vie pour nous le vendredi ; Il ressuscitait dans la nuit du samedi au dimanche. Sa mission était accomplie en quelque sorte. Mais ce n’est pas ce qu’Il a fait. Il a anticipé le don de son corps et de son sang la veille de son sacrifice sous les espèces du pain et du vin dans un rite bien particulier en demandant à ses disciples de le perpétrer : « Vous ferez cela en mémoire de moi ! » La Sainte Messe est donc l’actualisation, sous une forme sacramentelle et non sanglante, du sacrifice de Jésus. Si Jésus a voulu se donner de manière sacramentelle à l’Eglise, c’est bien pour que l’Eglise puisse perpétrer le sacrifice salvifique de Jésus qui s’est déroulé une fois pour toute dans le temps et pour qu’elle puisse y faire communier toutes les générations qui viendront après la Passion et la Résurrection. Grâce à la messe et à la Sainte Communion, nous devenons contemporains du sacrifice de Jésus. Qu’est-ce qui motive cela ? l’amour infini que Dieu a pour nous et qui fait qu’Il veut que nous puissions communier et vivre du sacrifice de son Fils qui nous sauve.

La Sainte Communion est encore un acte d’amour parce qu’elle nourrit et fortifie la Vie divine que Jésus nous a offerte. Toute vie a besoin d’être nourrie. La vie humaine a besoin de nourriture humaine ; la vie divine a besoin de nourriture divine. Si Jésus n’avait pas voulu nous nourrir, Il ne se serait pas donné sous la forme du pain, élément le plus simple de notre nourriture.

Mais au-delà du fait de nous nourrir, le fait de se donner à manger est le seul moyen pour Jésus d’être entièrement et totalement en nous. Par la Communion, Il ne reste pas extérieur à nous, mais devient intérieur, répandu dans toutes les parties de notre être, de la tête aux pieds. Or, le propre d’aimer consiste à vouloir, à chercher à exister dans l’autre. Par le fait d’être mangé, Jésus est tout entier en nous et de ce fait, nous sommes comme absorbés en Lui : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui. » nous dit Jésus.

La Communion au Corps du Christ permet aussi la construction du Corps du Christ qu’est l’Eglise. St Paul évoque ce mystère dans la deuxième lecture : « Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » Plus la Communion des fidèles au Corps du Christ est forte et solide, plus le Corps du Christ qu’est l’Eglise se construit et se solidifie. Moins les fidèles communient au Corps du Christ, plus l’Eglise perd sa force, son unité et sa croissance. L’Eglise est par nature eucharistique : elle naît du Corps du Christ transpercé sur la Croix. Toute autre vision de l’Eglise sera vouée tôt ou tard, et plus tôt que tard, à la division et à la désagrégation dans le monde.

Dernier effet de la Sainte Communion que je livre à votre méditation : le Saint-Sacrement, pain et vin transformés par Jésus en Lui-même, nous transforment nous aussi en Dieu. Plus nous communions, de manière physique mais aussi de manière spirituelle, plus nous nous transformons en Dieu. Cette transformation, cette unité avec Dieu, est la manifestation de l’Amour de Dieu, qui nous veut avec Lui.

Voici quelques aspects que je livre à votre méditation afin qu’ils nous aident à davantage approfondir ce que nous vivons quand nous communions. Dans un monde d’humains aux relations déshumanisées, la Messe dominicale risque de se limiter à un partage fraternel, un peu d’air au premier jour de la semaine, une bouffée d’oxygène au milieu de l’oppression ambiante. Cette fraternité entre disciples du même Seigneur est heureuse. Elle n’est pas suffisante. Chaque prêtre, chaque chrétien, est placé par la célébration ou l’assistance à la Messe au cœur de l’histoire du salut, à la source inépuisable de l’amour de Dieu. Il n’est pas simplement au milieu de la communauté des frères qui l’entourent. Plus justement, c’est tourné vers le Seigneur qu’il va retrouver la communauté de ses frères, et même tous les hommes, dans une surnaturelle et efficace charité. Sommes-nous conscients de l’amour qui est à la source de ce sacrement remis entre nos mains, à nos cœurs si pauvres, si vides et si sales ? Sommes-nous désireux d’y répondre ?

Si nous prenons au sérieux la célébration eucharistique, communion au Corps et au Sang du Seigneur, croyons que du cœur à cœur avec le foyer vivifiant de l’amour divin, notre cœur attiédi se réchauffera. La mission naît de la communion.

Frères et sœurs, en raison des mesures restrictives du gouvernement au sujet du culte, nous ne pourrons pas cette année, comme l’Eglise le demande, faire la Procession du Saint-Sacrement cet après-midi. Vous savez que notre paroisse a mis en place l’Adoration permanente du Saint-Sacrement du Jeudi soir au Vendredi soir. Nous accueillerons à ce propos des missionnaires de la Très Sainte Eucharistie, venant du diocèse de Fréjus-Toulon, le premier week-end d’octobre. Ces missionnaires interviennent dans les paroisses pour mettre en place l’Adoration, non pas permanente, mais perpétuelle, c’est-à-dire 7/7 jours, 24/24 heures. Nous allons aussi avoir dans les jours qui viennent des solennités importantes : Vendredi prochain, le Sacré-Cœur, Mercredi suivant St Jean-Baptiste, Lundi suivant St Pierre-St Paul. Profitons de ces fêtes, des journées d’Adoration proposées à cette occasion, de l’Adoration permanente, pour venir adorer Jésus, pour rendre grâce pour sa présence dans le St Sacrement., pour Lui confier notre paroisse, nos malades et, c’est une intention que je vous confie, pour les vocations sacerdotales et religieuses dont notre Eglise a besoin. Vous êtes un certain nombre à parrainer spirituellement un enfant de chœur : c’est l’occasion de les confier à Jésus pour qu’ils s’ouvrent à son appel. Amen !

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