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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Messe de la Vigile de Noël


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Messe de la Vigile de Noël

« Voici quelle fut l’origine de Jésus-Christ »

Chers frères et sœurs,

Nous nous retrouvons ce soir dans des conditions bien particulières pour fêter la Nativité du Fils de Dieu. L’Évangile que nous venons d’entendre inscrit le Fils de Dieu dans une histoire bien concrète, dans une société bien concrète, dans une temporalité bien concrète, dans un peuple bien précis, en somme dans notre humanité, en même temps qu’il nous dit l’origine divine de Jésus. Nous voyons donc Dieu entrer dans une histoire et dans un peuple. Dans la première lecture, le prophète Isaïe qui voyait déjà l’Incarnation du Fils de Dieu, annonçait l’honneur et la fierté de Jérusalem et du peuple d’Israël d’être à ce point l’objet de l’amour de Dieu : « On ne t’appellera plus ‘La délaissée’, on n’appellera plus ta contrée : ‘Terre déserte’, mais on te nommera ‘Ma préférée’, on nommera ta contrée ‘Mon Épouse’, car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux. »

Donc, Dieu entre dans un peuple. Comment cela ? À travers les individus auxquels Il s’adresse, en s’incarnant et en se faisant homme dans une lignée humaine, mais aussi en entrant dans nos relations. La longue énumération des générations d’Abraham à Joseph dit que le peuple d’Israël se construit dans les relations de générations et c’est dans ces relations que Dieu entre. Dieu entre dans un peuple en entrant dans nos relations. Les relations caractérisent l’être humain : aucun être humain ne peut vivre sans relation.


Les relations justement… Depuis plusieurs mois, nos relations sont perturbées, abîmées voire même parfois interdites. L’épidémie actuelle que nous traversons a perturbé nos relations, les investissant de peur, de danger, de suspicion. Beaucoup de personnes vont mal sur le plan moral, spirituel, physique, se trouvant isolées, coupés des leurs. Un grand nombre de personnes se sentent abandonnées, décrochent de la vie, se laissent partir. On essaye de suppléer par le virtuel, mais dont nous touchons les limites, tout d’abord parce que tout le monde n’y a pas accès et ensuite surtout parce que l’être humain est fait pour vivre dans le réel et non dans le virtuel. On assiste en fait à une sorte de déshumanisation de nos relations avec des exigences de distance, de distanciation, sensées nous sauver alors que, dans cette nuit de Noël, nous célébrons l’abolition de la distance infinie qui existe entre Dieu et l’homme. La distance devait nous sauver, mais à Noël, c’est au contraire le contact avec Dieu qui nous sauve. Ce Noël nous invite à considérer les distances qui tuent, les contacts qui sauvent. La distance qui tue l’âme, c’est l’homme séparé de Dieu ; le contact qui sauve, c’est l’âme réconciliée avec Dieu. Au cours de la nuit la plus longue de l’année, Dieu rejoint l’homme dans ses ténèbres, et dans la pauvreté d’une crèche, comble l’homme des richesses de son Amour. Paradoxe étonnant, mais qui n’est pas le seul dans la fête de Noël.


C’est donc dans ce contexte de relations abîmées que nous fêtons Noël, accueillant dans nos relations Dieu qui vient s’incarner pour habiter nos relations et pour les sauver. Dieu sauve nos relations en les investissant de son Amour qui, lui seul, abolit les distances, la séparation et l’éloignement. Comment laissons-nous Dieu habiter nos relations ? comment le laissons-nous renouveler et purifier nos relations, marquées par nos limites, notre péché ? En prenant notre nature humaine, Jésus réconcilie notre humanité avec Dieu. En laissant Jésus habiter nos relations, nous lui permettons d’œuvrer à la réconciliation. Nous permettons au pardon d’entrer. Celui qui restaure notre relation avec Dieu, ne peut-il pas non plus restaurer les relations des hommes entre eux ? Avec Dieu, tout peut être restauré, renouvelé. Dans cette période épidémique, où la distanciation est devenue une norme, laissons-nous rejoindre par Dieu. Redécouvrons que nos relations ne sont pas à vivre que sur un plan humain, mais en Dieu. À l’occasion de ces fêtes de Noël, sachons témoigner de la Bonne Nouvelle de Dieu qui nous rejoint autour de nous, auprès de personnes qui sont seules, isolées, parfois abandonnées, ou encore auprès des personnes qui ont perdu le sens de Noël : un coup de fil, une visite, un petit mot. Laissons Jésus venir guérir nos relations parfois compliquées, abîmées, marquées par la rancœur, l’indifférence, les négligences. Dieu a honoré la relation humaine pour nous sauver; sachons les lui remettre pour être sauvés. Amen !

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