top of page
Actualités de la paroisse: Blog2

Homélie de la Messe de la Vigile de Noël


+

Messe de la Vigile de Noël

« Voici la table des origines de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. »


Chers Frères et sœurs,


L’Évangile que nous venons d’entendre ouvre l’Évangile selon St Matthieu et il nous redit quelle est l’origine de Jésus : une origine double, à la fois divine et humaine. Tout le mystère de l’Incarnation, ainsi que la double nature de Jésus, est contenu dans ces premières lignes. Dieu se fait homme et entre dans le monde, dans un peuple, dans le temps, dans une histoire et Il vient sur une terre.

On peut se demander pourquoi St Matthieu prend le soin d’énumérer toutes ces personnes, toutes ces générations. Est-ce par souci de vérité historique ? Rien n’est moins sûr. Ce que St Mathieu nous montre en tout cas c’est que Dieu entre dans le monde des hommes, dans un peuple qui a une histoire, sa lignée. Dieu se fait l’un de nous pour nous sauver, pour sauver l’humanité de la réalité du péché qui abîme la créature et la création. Voyez-vous, cela est remarquable : Dieu ne vient pas sauver l’homme en demeurant extérieur à lui, comme par exemple un médecin qui donnerait un médicament à un malade, mais Il se fait de la même nature que nous pour justement sauver cette nature qui est abîmée. En agissant ainsi, Il fait deux choses que l’homme ne peut pas faire : Il devient homme, Il devient autre. Ici, Frères et Sœurs, aucun de nous ne peut devenir l’autre : notre humanité ne le permet pas. Et Il nous apporte le Salut. Et là aussi, aucun de nous ne peut sauver ou soi-même ou l’autre. Seul Dieu peut sauver. Nous, nous pouvons aider, soulager, mais nous ne pouvons pas sauver.


Cette longue énumération de générations nous montre également que Dieu épouse et rejoint toute l’histoire. Bien sûr, St Matthieu s’arrête au moment où il écrit son Évangile et ne va pas au-delà, puisque l’histoire n’a pas encore eu lieu. Mais il classe les générations selon 3 périodes : une qui va d’Abraham au Roi David, une du Roi David à l’exil à Babylone, et une dernière de l’exil à Babylone jusqu’au Christ. Il montre par-là que toute l’histoire conduit au Christ et s’accomplit dans le Christ, mais aussi il montre que Dieu assume toute cette histoire avec les évènements qui l’ont constituée. Or, pour ceux qui ont un peu lu la Bible, il ne vous échappera pas que tous les noms évoqués ne sont pas des noms de personnes saintes. Nous avons quelques figures de sainteté, mais la plupart sont des pécheurs, des traitres, des gens qui n’ont pas honoré leur place ou leur mission dans l’Alliance. Cela veut dire que Dieu en assumant toute notre histoire assume aussi chacune de nos histoires personnelles, toutes nos vicissitudes, nos faiblesses, nos trahisons, notre péché. Il ne choisit pas ce qu’Il vient assumer : une partie de l’humanité, ou bien une partie de notre histoire, non, Il assume tout. Et c’est précisément cela qui permet le salut. Tout en nous est assumé par Dieu : le beau et le moins beau, nos réussites et nos défaites, l’amour et le péché.

À un moment donné, dans l’énumération de ces générations, il y a une petite rupture : « Jacob engendre un Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ ou Messie. » « De laquelle fut engendré Jésus » : le changement de tournure nous montre que Dieu a agi et est entré dans la génération de Jésus. Frères et sœurs, le message est simple : Dieu intervient dans nos relations pour les transformer, pour permettre à Dieu de naître dans nos relations et de les renouveler. Tant de relations évoquées dans cet Évangile sont abîmées par le péché ; tant de relations aujourd’hui sont abîmées dans notre monde : dans les familles, au travail, entre les peuples. À Noël, Dieu ne cherche pas seulement à venir habiter dans nos cœurs, mais Il cherche aussi à renaître dans nos relations, dans nos familles. Seul Lui pourra apporter la paix tant désirée et attendue. Il ne peut pas y avoir de paix en dehors de Dieu ou en tenant Dieu à l’écart. Mais pour cela, il faut accueillir Dieu dans sa vie et Le laisser renouveler nos relations les uns envers les autres.


Ce soir, Frères et Sœurs, en méditant sur le mystère de l’Incarnation comme nous l’avons fait à partir de l’ouverture de l’Évangile selon St Matthieu, nous prions plus particulièrement pour la paix. La paix dans nos cœurs évidemment, mais aussi dans les familles. Nous prions pour tous les peuples en guerre, en conflit, pour tous ceux qui ne pourront pas fêter Noël, avec une intention particulière pour le pays où Dieu a voulu que son Fils naisse : Israël. Dieu nous appelle à collaborer à son œuvre, à devenir artisans de paix, de lumière. Lui seul sait le vrai prix des vies qu’un jour Il rachètera de son propre sang. Nous Lui confions justement la vie, toute vie, aussi bien celles des enfants qui n’ont pas pu voir le jour que celle des malades ou des personnes âgées qui est menacée par des législations qui donnent la mort.


Accueillons ce soir Celui qui est la Lumière, qui vient éclairer nos ténèbres et nous donner la paix. Saint et Joyeux Noël à tous. Amen !

6 vues

Posts récents

Voir tout

Comentarios


Ancre 1
bottom of page