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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité du Saint-Sacrement


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Solennité du Saint-Sacrement

« Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire,

Nous le fassions après lui. » Séquence Lauda Sion 9

Chers frères et sœurs,

Chers enfants qui allez faire votre première Communion,

La fête du Saint-Sacrement, aussi appelée la Fête-Dieu, est la deuxième fête où l’on adore Dieu pour ce qu’Il est en lui-même. Dimanche dernier, nous fêtions la Sainte Trinité, un seul Dieu en 3 personnes ; aujourd’hui, nous fêtons Dieu qui s’est donné en Jésus, sous les espèces du Pain et du Vin. La différence entre ces deux fêtes qui concernent Dieu est que dans la fête de la Sainte Trinité, on adore Dieu en lui-même ; dans la fête du St Sacrement, on adore Jésus, Fils de Dieu, qui se donne à son Église pour que cette dernière Le donne au monde.

Le don de Jésus sous les espèces du pain et du vin est un acte d’amour. On ne peut pas comprendre l’Eucharistie, la messe, en dehors de l’Amour qui pousse Dieu à se donner. En se donnant sous les espèces sacramentelles du pain et vin, Jésus peut habiter tout entier chez les personnes qui le reçoivent : plus seulement dans notre esprit, mais aussi dans tout notre corps, des pieds jusqu’à la tête, dans notre cœur et dans notre âme. C’est justement le propre de l’amour que de vouloir être totalement dans la totalité de la personne aimée. La belle séquence Lauda Sion nous rappelle ceci : « Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces. »

En se donnant de la sorte à son Église, Jésus continue à se donner à nous au-delà de l’espace et du temps. Ainsi tous ceux qui, comme nous, vivent après la Passion et la Résurrection de Jésus, peuvent communier au sacrifice de Jésus qui s’est donné totalement sur la Croix. La messe permet d’actualiser pour nous le don de Jésus. Et lorsque nous communions au Corps du Christ, nous ne recevons pas seulement Jésus en nous qui viendrait habiter nos vies ; nous accueillons également Jésus qui nous pousse nous-aussi à nous donner aux autres et à L’apporter aux autres. La Communion au Corps du Christ est toujours dynamique. En se remettant dans les mains de son Église sous les espèces sacramentelles, Jésus fait de l’Église la gardienne du Saint-Sacrement et l’Église se laisse transformer par Celui qu’elle accueille pour devenir elle-même le Corps du Christ. Cette transformation que vit l’Église, nous la vivons nous-aussi. En communiant, nous devenons nous-aussi, progressivement, de plus en plus, le Corps du Christ.

La Sainte Communion n’est jamais un droit, un acquis ; elle est un don à recevoir, un don qui nous transforme profondément, un don qui nous guérit du péché et qui nous sauve, un don qui construit l’unité des disciples de Jésus et donc de l’Église. Nos vies sont appelées à devenir des vies eucharistiques. Une vie eucharistique, c’est-à-dire, une vie transformée par l’eucharistie. C’est en elle que nous trouvons la force nécessaire pour la route qui est la nôtre ici-bas : « Le voici le pain des Anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu qu’on ne peut jeter aux chiens. » Le Saint Sacrement est déjà la victoire du Christ sur nos combats, le mal, la mort. Recevoir Jésus dans la Sainte Communion, l’Adorer dans le Saint-Sacrement, c’est déjà nous laisser remplir de sa victoire ; c’est recevoir de manière anticipée ce que nous recevrons et ce dont nous vivrons dans l’éternité. Recevoir Jésus dans la Sainte Communion, L’adorer dans le St Sacrement, c’est laisser Dieu construire notre communion et l’unité de l’Église. Il ne peut pas y avoir d’unité vraie, solide, profonde en dehors de l’Eucharistie ; ou alors, nous serons comme les Protestants, avec différentes familles qui co-existent plus ou moins facilement.

En somme, une vie eucharistique repose sur trois pieds :

  • La participation fidèle et régulière à la messe

  • L’Adoration eucharistique

  • Une vie tournée et donnée aux autres

À propos de la participation fidèle et régulière à la messe, je vous rappelle que la messe a 4 finalités. On a souvent tendance à les oublier pour n’en retenir qu’une seule qui est la finalité eucharistique. La messe a une finalité latreutique, c’est-à-dire d’Adoration. Lors de la messe, on adore Jésus, Fils de Dieu qui s’offre. Elle a une finalité eucharistique : on entre dans l’action de grâce parfaite de Jésus à son Père ; elle a une finalité impétratoire : elle nous obtient des grâces par le sacrifice de Jésus ; elle a une finalité propitiatoire : elle nous obtient le pardon pour nos péchés et par là-même, le salut.

L’Adoration eucharistique quant à elle prolonge les effets, les dons du St Sacrement. Elle est une prière qui nous fait grandir dans la gratuité où l’on va à Jésus pour lui-même et non d’abord pour nos besoins et nos demandes.

Une vie tournée et donnée aux autres confirme et développe le dynamisme eucharistique que nous vivons. Le lavement des pieds est une autre image et une autre réalité de l’Eucharistie.

Frères et sœurs, un si grand don, un si grand sacrement, appelle de nous une préparation soignée et correcte. La Séquence Lauda Sion nous le dit : « Bons et mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort. Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent ! » Cette belle prière nous rappelle qu’il y a un plus grand péché à communier avec des péchés graves sur la conscience qu’à s’abstenir de communier. Notre préparation intérieure à la messe est importante : au-delà de la question des péchés et de la confession, comment préparons-nous notre participation à la messe et notre Communion ? Avons-nous lu les lectures ? Nous sommes-nous préparés à communier en observant le jeûne eucharistique d’une heure avant la messe ? Essayons-nous de ne pas être en retard ? Quel silence observons-nous à l’église ? avant la messe ? après la Communion ?

Le souci de notre préparation passe aussi par notre attitude physique. Faisons-nous attention à notre tenue vestimentaire ? C’est une marque de respect pour Dieu. Quel geste de révérence marquons-nous avant de communier ? Notre manière de communier, sur la langue ou sur la main, est-elle propre ? Et au milieu de tout cela : la messe est une question de rencontre, rencontre avec Jésus, rencontre avec les frères et sœurs. Est-ce toujours la rencontre avec Jésus qui a la première place dans nos intentions et dans nos préoccupations ?

C’est une grande grâce, en ce jour où l’Église fête le Saint Sacrement, que les enfants de notre paroisse puissent communier pour la première fois. Avec eux nous rendons grâce au Seigneur de pouvoir Le recevoir et nous lui demandons la grâce de la fidélité et de l’Amour de l’Église. Confions les enfants qui reçoivent Jésus pour la première fois à Marie : qu’Elle nous aide à vivre de Jésus et à laisser Jésus grandir en nous. Amen !

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