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Homélie de la Solennité du Christ Roi de l’Univers


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Solennité du Christ Roi de l’Univers

Frères et sœurs,


L’Eglise nous invite à honorer en ce jour la Royauté Toute-Puissante du Seigneur Jésus, royauté qui s’étend sur tout l’univers. Au-delà des ambigüités qu’Il a lui-même supportées, le Christ vient nous révéler la nature profonde de sa royauté, nous montrant ainsi le chemin à suivre pour vivre dans le monde, tout en ayant conscience que nous ne sommes pas du monde. Et je crois profondément que le christianisme a quelque chose de particulier et d’unique à dire et à apporter à notre monde.

Je disais que Jésus a fait lui-même l’expérience de l’ambigüité de la royauté ; et ce, du début de sa vie jusqu’à sa fin. Rappelez-vous : à peine né, Jésus doit fuir en Egypte avec ses parents, parce qu’Hérode, Roi d’Israël, craint pour sa royauté. Il veut tuer ce Nouveau Roi dont on annonce la naissance et, à cet effet, massacrera tous les nouveaux nés âgés de moins de deux ans. Durant sa vie, dès que Jésus accomplit, en vertu de sa divinité, un miracle, surgit cette question : « Quand vas-tu rétablir la royauté en Israël ? » Et puis, à la fin de sa vie : « Es-tu le Roi des Juifs » demandera Ponce Pilate à Jésus. Et, le motif de sa mort sera inscrit sur la croix : « INRI : Iesus Nazareus Rex Iudicorum ». Mais il y a une autre raison propre à cette ambigüité quant à la royauté de Jésus. C’est qu’Israël attend un Messie qui doit être issu de la tribu de Juda. Or la tribu de Juda est la tribu royale du peuple d’Israël, celle de laquelle sont issus tous les rois. Le Roi David, dont la figure a à ce point marqué la conscience et l’histoire du peuple Hébreu, était issu de la tribu de Juda. Dès lors, on comprend aisément l’ambigüité de l’attente du Messie issu d’une tribu royale. Le Messie est vu comme devant être un Roi, un nouveau Roi David. L’attente d’un Messie Nouveau Roi prend le dessus sur l’attente d’un Messie Nouveau prophète, Nouveau Moïse. Jésus portera, supportera même, l’ambigüité de la royauté tout au long de sa vie.

Pour autant, Jésus n’a jamais cultivé l’ambigüité. Quand on veut le saisir pour faire de Lui le Roi d’Israël, il fuit. Quand Il accepte qu’on le nomme « Roi », il n’y a plus aucune ambigüité : Il est dévêtu, couronné d’épines, avec un drap déchiré, un corps flagellé et meurtri, en sang. Et tout en acceptant l’appellation de « Roi », Il précise : « Ma royauté ne vient pas de ce monde. »

Je voudrais aujourd’hui regarder la nature de la Royauté de Jésus à la lumière des paroles que Jésus prononce : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. »

« Rendre témoignage à la Vérité » : la Vérité, c’est l’amour de Dieu pour le monde, pour l’homme, l’amour qui veut sauver l’homme du péché et de la mort. Jésus rend témoignage à la Vérité par toute sa vie, par sa mort et par sa Résurrection. Le Père aime tellement le monde qu’Il permet la Crucifixion de son Fils. La Croix est le signe et le révélateur de l’Amour tout-puissant de Dieu ; la croix qui assume les apparences de l’injustice, de l’échec, de la faiblesse. La Croix révèle l’Amour de Dieu. En rendant témoignage à la Vérité, Jésus révèle la nature profonde de sa royauté qui est une royauté d’Amour. Cette vérité est attestée dans toutes les langues du monde de l’époque : l’hébreu, le grec, le latin. Le témoignage de Jésus est universel, pour tous.

La crucifixion de Jésus, qui manifeste l’amour infini de Dieu pour l’homme, est aussi le lieu où s’accomplit la Rédemption : Dieu le Père, par l’offrande et le sacrifice de son Fils, sauve l’homme du pouvoir du péché et de la mort, faisant de l’homme une créature nouvelle. En fêtant la Royauté du Christ sur tout l’univers, nous fêtons le mystère de notre rédemption, de notre « restauration » dit la Collecte de la messe : la création et la rédemption sont liées. La création et les créatures ont besoin de la rédemption.

Alors, comment entrons-nous par notre baptême dans la Royauté du Christ ? Comment pouvons-nous rendre témoignage à la Vérité ? à l’amour de Dieu pour tout homme ? Je vous propose deux pistes de réflexion.

La première, c’est que nous vivons en nous-mêmes le mystère de la rédemption de notre création, de notre être. Aujourd’hui, l’idéologie ambiante du monde porte ce souci de la création : on passe du réchauffement climatique au fait de sauver la planète, de sauver la Création. Frères et sœurs, le désordre dans la création, dans le cœur de l’homme, la perturbation de la nature a son origine dans le péché, dans les multiples abus de l’homme qui n’accepte plus de recevoir la création du Créateur, mais qui s’auto-proclame le sauveur de la création. Il est paradoxal de vouloir un respect de la nature et de la création quand on passe son temps à s’affranchir de Dieu, à se mettre à la place de Dieu, décidant de ce qui est bien, de ce qui est mal, de l’origine de la vie ou de son terme, ou de sa transmission. L’égoïsme de l’homme et son désir de toute puissance ont pris le pas sur la Création qui nous est donnée et confiée. Puisque les mentalités contemporaines sont sensibilisées à cette problématique, entrons, entrez dans ces combats en reproposant une écologie intégrale, qui remet l’homme, créature, face à Dieu, Créateur et Rédempteur. Les vrais écologistes devraient mettre en avant le respect de toute vie, devraient s’opposer à l’avortement, devraient monter au créneau pour rappeler qu’un enfant est issu d’un père et d’une mère, que la différenciation sexuée fait partie du donné naturel. Or curieusement, on n’entend personne !

La deuxième piste consiste dans le fait que seul Dieu permet la Communion et l’union de personnes qui sont différentes. Il est illusoire de vouloir construire une société avec des gens de cultures différentes, d’origines différentes, de religions différentes et de vouloir que tout le monde s’aime et se respecte, si Dieu est mis de côté ou réduit à une option privée qu’il faut cacher. Le christianisme porte en lui-même cette force de cohésion et de communion. Nos sociétés ne peuvent plus continuer à se construire sans Dieu ou à côté de Lui. Frères et sœurs, vous qui participez en vertu de votre baptême, à la mission royale du Christ, engagez-vous dans la vie sociale, politique, pour promouvoir les valeurs de l’Evangile, pour remettre Dieu au cœur de nos sociétés, pour rendre à nouveau Dieu visible dans l’espace public, pour que nos législations reposent sur une perspective de bien commun et non sur des biens particuliers ou des lobbys, pour que l’égoïsme de l’homme et ses instincts les plus bas ne l’emportent pas sur les plus fragiles et les plus pauvres !

Voici deux perspectives actuelles pour que nous puissions rendre nous aussi témoignage à la Vérité. Que la Royauté d’Amour du Christ règne et grandisse dans les cœurs de tous les baptisés pour pouvoir rejaillir dans nos sociétés. Amen !

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