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Mémoire de Saint Gaud, 3ème évêque d'Evreux


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Mémoire de Saint Gaud,

3ème évêque d’Evreux


Saint Gaud, Gaudus ou Waldus en latin, naquit au début du Vème siècle. Il fut confié pour son éducation et sa formation religieuse à un fidèle serviteur de Dieu, nommé Léonce. Cet enfant intelligent souffre de voir les églises profanées et les chrétiens persécutés. Il conçoit alors le désir profond de consacrer sa vie à relever la foi chrétienne dans la région. Avec Léonce, il vient souvent prier au tombeau de saint Taurin qui, le premier, avait apporté l’évangile à Évreux.

Lorsque l’agitation causée par la guerre dues aux invasions barbares commença à s’apaiser, et que le comte Egidius eut ramené la tranquillité dans les Gaules par la défaite des Goths, le jeune Gaudus parcourt les campagnes, regroupe les chrétiens et les persuade de revenir en ville autour des quelques prêtres restés à Évreux. Malheureusement, il n’y a pas d’évêque pour exhorter ce petit peuple chrétien.

Après une assez longue interruption dans le service divin, à Évreux, vers 440, avec quelques compagnons, Gaud se rend à Rouen pour obtenir du Métropolitain qu’il leur envoie un évêque. Saint Germain, qui a entendu parler du jeune Gaud, les reçoit avec sympathie et se montre touché par l’éloquence, la foi, le zèle et l’air de sainteté de Gaud. L’archevêque convoqua une réunion d’évêques à Évreux, où après une mûre délibération, il nomma, avec le commun suffrage du peuple et du clergé, Gaud lui-même comme évêque, comme successeur de saint Taurin. L’ayant sacré solennellement avec le concours d’Ereptiole, évêque de Coutances et de Sigisbode, évêque de Sées, il le fit asseoir sur le trône épiscopal, aux acclamations de la foule.

Alors Gaud se met à l’œuvre : « il renverse les temples des faux dieux ; et sur leurs ruines, il bâtit des églises au Dieu vivant » ; il soutient et forme le clergé ; il éclaire le peuple par sa prédication. Il travaille ainsi pendant 40 ans, jusqu’au jour où, trop fatigué, il pense devoir laisser sa charge épiscopale à un successeur plus jeune, Maurisson.

Quant à lui, il désire terminer sa vie dans la prière et la solitude. Il se retire alors quelques temps dans un ermitage à plusieurs kilomètres d’Évreux. C’est là que se trouve l’antique chapelle de Notre-Dame-du-Gaud (on peut encore voir les vestiges de cette chapelle, appelée maintenant chapelle Saint Gaud, au sud de la forêt d’Évreux, près du village des Baux-Sainte-Croix ). Les fidèles d’Évreux viennent nombreux le saluer et reconnaître ses vertus ; très vite il décide de s’éloigner vers l’ouest, et se retire au diocèse de Coutances, près de la mer, à Scissy, où la forêt recouvre une partie de la baie actuelle. Cette solitude était alors habitée par plusieurs ermites : tels que saint Pair (482-565), appelé aussi Paterne, venu de Poitiers en compagnie de saint Subilion fonder l'abbaye de Scissy, dont il fut le premier abbé avant de devenir évêque d'Avranches ; saint Senier, qui devint évêque d'Avranches à la suite de saint Pair, saint Aroaste et saint Scubilion.

Ces 5 saints se trouvent maintenant réunis par leurs tombeaux et sarcophages dans l’église paroissiale du bourg de Scissy devenue depuis Saint-Pair-sur-Mer.

Les armoiries de la paroisse de Saint-Pair-sur-Mer reflètent cette histoire : elles représentent cinq auréoles flottant au-dessus des eaux, le blason étant décoré de la mitre et la crosse des abbés. Auprès du cimetière, Gaud se bâtit une cellule où il célèbre la messe ; il prend la robe de bure des ermites et mène une vie cachée, dans la pénitence et la prière. Il ne sort que par nécessité, mais tous ceux qui le rencontrent sont frappés par son rayonnement et sa sainteté. A sa mort, il est enterré dans un sarcophage de pierre, en l’église de Scissy.

Pendant les siècles suivants si bousculés par les périodes d’invasions, de guerre et de ruines, jusqu’à la reconstruction des églises sous les premiers ducs de Normandie, les fidèles continuent à honorer saint Gaud en le priant chez eux, évitant d’aller à son tombeau pour ne pas le signaler à ceux qui l’auraient profané. Jusqu’à ce jour du 11 juillet 1131, où fut miraculeusement retrouvé le corps du bienheureux Gaud. C’est jour de marché sur la place, et jour d’audience, et fête de saint Benoît ; il y a donc une grande foule. En faisant des travaux pour reconstruire le tour du clocher, on retrouve dans le sol de l’église, sous un pierre tombale, un cercueil dans lequel on aperçoit le corps d’un homme mort qui avait conservé sa chair et sa peau ; sous la tête du mort, il y a une pierre avec une inscription. Un prêtre d’Avranches arrive bientôt, examine la pierre et lit :

Hic jacet Beatus Gaudius,

Ici repose le Bienheureux Gaud.

Alors tous les assistants se rappellent les récits de leurs aïeux au sujet d’un saint ermite qui vivait près du cimetière dans une cellule, après avoir été évêque d’Évreux, mais bien oublié en ces temps. Tout est remis en place, à l’exception de la pierre et l’on continue les travaux.

J’arrête ici volontairement l’histoire de ce saint évêque-ermite qui consolida la foi du peuple chrétien sur nos terres. Puisse sa prière et son intercession aider notre évêque, ses ministres, dans leur charge de gouvernement, de sanctification et d’enseignement pour que le peuple chrétien puisse vivre de manière fidèle et heureuse leur foi en Jésus. Amen !

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