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  • Paroisse Saint Louis

Homélies du 17 mars

1/ Homélie du 2ème dimanche de Carême ( Messe de 11 heures)


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2ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

Cet épisode de la Transfiguration est bien insolite, et il faut le reconnaître, pas très facile à comprendre. Pierre, Jacques et Jean assistent à une vision dont le sens immédiat leur échappe, et ils entendent une voix proclamer : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le. » Si cet épisode peut prendre l’aspect d’un Son et Lumière, il n’en demeure pas moins une expérience spirituelle, de prière.

Alors, entrons dans ce mystère en prenant appui sur la Parole : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi ; écoutez-le. » La même voix qui parlait au jour du baptême de Jésus, et qui invite à nouveau à se mettre à l’écoute du Fils. Il y a pour nous ici, frères et sœurs, une invitation à nous mettre à l’écoute de Jésus. Et tout d’abord, pour écouter la voix de Jésus, il faut faire du tri dans ce que nous écoutons. Car aujourd’hui, nous écoutons tout et n’importe quoi. On écoute tout le monde parfois on écoute trop le monde, et, trop peu de fois, on prend le temps d’écouter Dieu. C’est un des aspects du désert, et donc du Carême, que d’apprendre à purifier notre écoute pour nous remettre à l’écoute de Dieu qui nous parle dans le silence. N’ayons pas peur de nous mettre en silence et d’habiter le silence. Attention à qui nous écoutons, à ce que nous écoutons et à comment nous écoutons.

Nous mettre à l’écoute de Dieu va nous donner d’entrer dans les mystères divins, dans ce que nous ne comprenons pas, un peu comme les disciples Pierre, Jacques et Jean qui entrent dans la nuée et ne comprennent pas grand chose. Parce qu’en fait, l’écoute de Dieu nous conduit au-delà de nous-mêmes, de notre humanité, de notre sensibilité, de nos perceptions. Et il arrivera que nous soyons conduits au-delà de notre intelligence. La prière nous affranchit de l’espace et du temps.

Au-delà de l’ascèse que nous sommes invités à observer par rapport à l’écoute, cet épisode de la Transfiguration nous invite aussi à nous mettre à la recherche de ce que Dieu nous dit dans les évènements de notre vie que nous ne comprenons pas, qui nous paraissent insolites ou dont le sens nous échappe. Et quand bien même, nous ne les comprendrions pas sur le moment, viendra un moment, ici-bas sur terre, plus tard au Ciel, où nous comprendrons.

En nous mettant l’écoute de Dieu qui nous parle, nous découvrons progressivement que Dieu est présent partout, en tout, et qu’Il est présent de manière voilée, de manière cachée sous les apparences de l’humanité. C’est un des sens de la Transfiguration : sous les apparences d’un homme, Jésus de Nazareth, se cache Dieu qui parle. C’est l’invitation qui est faite aux disciples à travers cet épisode de la Transfiguration. Comme certains exégètes le pensent, l’évènement de la Transfiguration eut lieu lors de la fête juive des tentes, cette fête de l’automne que l’on appelle Soukkhot. Dans l’Evangile, Pierre dit bien à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. » Les fêtes juives comportent toujours une triple dimension : elles proviennent de la célébration de la religion de la nature ; elles se transforment ensuite en souvenir de l’agir de Dieu dans l’histoire, pour devenir fête de l’espérance du Seigneur qui vient. Transposons : la fête des Tentes, avec son sacrifice de l’eau, permettait d’implorer la pluie nécessaire pour la terre desséchée et les récoltes à venir. Elle devient commémoration de la traversée du désert par Israël au cours de laquelle les Juifs habitaient sous des tentes (Soukkhot). Les tentes, cabanes, étaient le signe de la protection divine dans le désert, mais étaient aussi une préfiguration des tentes dans lesquelles les Justes habiteront à la fin des temps. Et nous arrivons à la dernière dimension de la fête des Tentes : fête de l’espérance du Messie qui vient.

Ainsi, la signification est on ne peut plus claire : les réalités préfigurées par les rites de cette fête s’accomplissent en Jésus. Les Temps messianiques sont accomplis. Jésus est la tente sacrée dans laquelle Dieu habite. Ce que confirme la présence de la nuée qui renvoie à l’exode, au baptême de Jésus. Jésus est donc le Fils de Dieu qui accomplit sa mission de Serviteur Souffrant, qui parle au Nom de Dieu.

Nous pouvons encore pénétrer le mystère de cet épisode de la Transfiguration à la lumière de la première lecture qui nous rapporte le rituel du rite de l’Alliance entre Dieu et Abraham. Là aussi, Abraham s’endort d’un sommeil mystérieux et des ténèbres épaisses recouvrent la scène de l’Alliance : deux éléments que nous retrouvons dans l’épisode de la Transfiguration. La Transfiguration de Jésus constitue donc une étape importante dans l’histoire de l’Alliance, dans la marche de l’Ancienne Alliance vers la Nouvelle. La vision qu’ont Pierre, Jacques et Jean, montre Jésus parlant avec Moïse et Elie. Moïse représente la Loi ; Elie, les prophètes. Et St Luc nous dit que le sujet de leur conversation est le départ de Jésus pour Jérusalem. Leur échange concerne donc la question de la Passion. En fait, Jésus prépare ses disciples à la Passion qui va arriver et Il leur donne la certitude qu’Il va habiter de sa divinité le tragique épisode qui va se dérouler. « Ecoutez-le ! » C’est le message donné par le Père aux disciples ; autrement-dit : « Ne perdez pas de vue que Dieu va vivre ce qui va arriver ! Même si Dieu paraît absent, Il sera là !

Si Jésus prépare ainsi ses disciples à la Passion qui approche, Il nous prépare nous aussi à entrer pleinement dans la Nouvelle Alliance, dans la vie éternelle. Dans la deuxième lecture, St Paul écrira aux Philippiens : « Nous sommes citoyens des Cieux.. » Le terme de notre vie est donc au-delà de notre vie terrestre, ce que l’expérience de la prière, qui nous affranchit des limites de l’espace et du temps, nous fait pressentir. Il écrit encore : « Nous attendons le Seigneur Jésus, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable de tout dominer. » La Transfiguration de Jésus nous apprend que notre humanité est faite pour être divinisée, que nos corps deviendront des corps glorieux, que la puissance divine transformera tout. Pour reprendre le mot de St Paul : Dieu sera tout en tous.

Ainsi, la Transfiguration du Jésus nous invite à nous mettre à l’écoute de Dieu ; la fidélité à son écoute nous conduira à le découvrir, à le voir au terme de notre vie. La Transfiguration nous apprend aussi à rechercher Dieu caché sous les apparences de l’humanité et elle nous dévoile le mystère de la vie divine qui nous attend au-delà de notre vie humaine. Portons dans notre prière tous ceux qui cherchent Dieu aujourd’hui, tous ceux qui sont perdus dans leur vie chrétienne sans oublier nos amis catéchumènes qui avancent eux aussi dans les mystères de Dieu et qui s’approchent du jour de leur renaissance. Amen !


2/ Homélie du 2ème dimanche de Carême ( Messe en rite extraordinaire)

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2ème dimanche de Carême


Frères et sœurs,

En ce jour où nous méditons sur l’épisode de la Transfiguration de Jésus, épisode extraordinaire dans tous les sens du terme, l’occasion nous est donnée de réfléchir sur la prière; la prière qui fait partie des 3 voies que l’Eglise nous invite à soigner en ce temps de Carême. Car la Transfiguration du Christ est essentiellement une expérience de prière à laquelle vont assister Pierre, Jacques et Jean.

Entre autre choses, cet épisode confirme la divinité de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Dieu nous invite dans la prière à écouter son Fils. Pas seulement à l’entendre. La différence entre le fait d’entendre et le fait d’écouter réside dans le fait qu’entendre Dieu nous parler n’implique pas de lui obéir. Ecouter Dieu, c’est suivre ce qu’Il nous dit. Pour vraiment écouter Dieu dans notre prière et dans notre vie, nous devons nous aussi être capables de quitter notre monde, nos manières de voir, de penser pour aller vers l’inconnu, vers ce que nous ne connaissons pas, que Dieu seul connait, mais qui est porteur d’une promesse. En fait, on ne peut pas réellement prier et encore moins obéir à Dieu si nous n’acceptons pas de lâcher prise. Et c’est l’écoute de Dieu, c’est-à-dire l’obéissance à ce que Dieu nous dit, qui est gage de fécondité. Dieu veut nous donner infiniment plus que ce que nous pouvons souhaiter ou même imaginer. C’est dans cette perspective qu’il faut vivre la prière, la relation avec Dieu.

Ce que je développe là de la prière a un présupposé : c’est que la prière ne peut se réduire à un monologue avec Dieu ou simplement le fait de dire mes prières. La prière est une rencontre entre Dieu et celui qui prie ; elle prend la forme d’un dialogue car Dieu nous a créés libres et il fait partie de notre dignité humaine que de lui répondre. Profitons de ce temps de Carême pour soigner dans notre prière l’écoute de Dieu et pour dépasser le monologue avec Dieu.

L’épisode de la Transfiguration nous apprend également que la prière transforme notre vision des autres et du monde. Pierre, Jacques et Jean vont voir en l’homme Jésus la divinité. Ils s’affranchissent de l’espace et du temps, voient Elie et Moïse. La proposition de Pierre de monter trois tentes nous laisse supposer que cet épisode se déroule lors de la fête des tentes, la fête de Soukkôt. Cette fête rappelle les cabanes que les Hébreux s’étaient construites dans le désert lors de l’exode et est une préfiguration des demeures dans lesquelles les Justes habiteront à la fin des temps lors des temps messianiques. Cette discrète allusion à la fête des tentes confirme la divinité de Jésus : Jésus est le Messie attendu, Il est la véritable tente dans laquelle Dieu habite. C’est donc une des grâces de la prière que d’éduquer notre regard à percevoir la divinité, la présence de Dieu voilée sous les apparences de l’humanité. Celui qui prie est capable de regarder différemment les autres, il est appelé à voir en tout homme la présence voilée de Dieu, à voir dans les évènements du monde la discrète présence de Dieu ou encore à savoir que, même lorsque Dieu paraît absent, Il est présent. Exerçons nous nous aussi à chercher dans nos frères et sœurs la présence de Dieu, en particulier chez celles et ceux que nous avons le plus de mal à aimer.

Le dernier élément que je reprendrai, c’est que la Transfiguration de Jésus est l’annonce de notre future transfiguration. Tout notre être est appelé à être transfiguré, à se laisser progressivement diviniser. La prière en est le premier instrument. Mais la Communion, eucharistique ou spirituelle, en constitue la cause principale. La sainte hostie est aussi une transfiguration de Jésus. Plus nous communions ou plus nous adorons le Saint Sacrement, plus nous laissons notre humanité être transformée par la divinité. Notre transfiguration, qui sera totale et effective à la fin des temps, se construit déjà dès maintenant. Elle nous fortifie en outre pour affronter les épreuves de cette vie, tout comme la Transfiguration de Jésus a affermi Pierre, Jacques et Jean avant l’épisode de la Passion. Mais l’affermissement de notre foi ne signifie pas que nous comprendrons tout ce qui va se passer. En fait, nous nous rendons compte que Dieu nous prépare, dans notre vie, à vivre ce qui va arriver, même si le sens nous échappe.

Frères et Sœurs, demandons la grâce au Seigneur de pouvoir le rencontrer toujours plus profondément dans la prière pour que nos vies, nos actes et nos paroles soient toujours plus à l’image de Celui en qui nous croyons. Amen !



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