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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du Mercredi des Cendres


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Mercredi des Cendres

« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. »

Chers frères et sœurs,

Nous entrons aujourd’hui en Carême. Lorsque nous évoquons ce temps particulier, nous viennent spontanément des images comme le jeûne, les chemins de croix, la pénitence, parfois la confession, l’aumône. Bref, souvent, nous nous (re)tournons vers nous, réfléchissants à la manière dont nous allons vivre ce temps de pénitence et de conversion. Quels efforts allons-nous choisir ?

Si ces images sont justes, pour mieux comprendre le temps du Carême, il nous faut remonter aux origines de ce temps liturgique. Deux éléments sont fondamentaux pour bien comprendre le Carême. Le premier, c’est que le temps du Carême est d’abord le temps de préparation au sacrement du baptême pour les catéchumènes. C’est au cours de ce temps que les catéchumènes vivent les scrutins, reçoivent l’aide de Dieu pour arriver sains et sauf au sacrement de la nouvelle naissance. Ce temps où ils se préparent à aller vers Dieu est un temps de combat, de combat spirituel. Il n’est pas rare qu’à ce moment, le démon se manifeste pour les embêter, les détourner de Dieu, compliquer leur cheminement; c’est la raison pour laquelle, ils ont besoin de l’aide et du soutien de l’Église. Alors, le Carême devient un temps de combat spirituel. Et l’Église va puiser sa force dans le combat spirituel que Jésus a vécu au désert pendant 40 jours et 40 nuits. Le deuxième élément important, c’est que, nous unissant à ce combat que Jésus a vécu pour nous, nous nous préparons à redire « oui » à notre baptême, à re-professer notre foi, ce que nous ferons lors de la Vigile pascale.

Comment vivre un bon Carême pour arriver à Pâques en nous disant que nous nous sommes bien préparés à redire « oui » à notre baptême ?

L’Église nous donne 3 moyens : la prière, le jeûne et l’aumône.

Le Carême est le temps du désert, comme nous le redira l’Évangile de dimanche prochain. Je l’ai déjà dit à plusieurs fois, en hébreu le mot dabar signifie à la fois le désert et la Parole. Lorsque Jésus part 40 jours et 40 nuits au désert, on peut aussi comprendre qu’Il part au lieu de la Parole. En effet, la Parole de Dieu surgit du silence. Du reste, le combat spirituel que Jésus mène au désert contre Satan est aussi un combat dont l’enjeu est la Parole. Le diable tentera Jésus en lui citant la Parole de Dieu, qu’il détournera. Et Jésus lui répondra en citant la Parole de Dieu. Le Carême est donc pour nous le lieu d’un contact plus soigné et plus régulier avec la Parole de Dieu. Soignons notre vie de prière : personnelle, communautaire ; faisons de la place au silence (je reviendrai sur ce point plus tard). Je rappelle que les offices de la Liturgie des heures sont proposées aux fidèles à la collégiale et à St Jean-Baptiste.

Le jeûne est une pratique pénitentielle très ancienne. Il est à la fois une aide pour se convertir soi-même et une manière de demander pardon pour ses propres péchés. Le jeûne permet la conversion profonde de notre être parce qu’il introduit une modification, une perturbation de notre rythme alimentaire, envoyant ainsi à notre corps un message fort qui nous déstabilise. Si nous voulons lutter contre des déviances en nous ou ré-orienter des dynamismes, c’est le meilleur moyen de rediscipliner notre être. Tous ceux qui veulent lutter contre des péchés devenus habituels, c’est-à-dire entrés dans nos habitudes, trouveront un grand secours dans le jeûne. Et puis, c’est une manière de nous mortifier et de porter sur nous, dans notre être, notre demande de pardon pour nos propres péchés. Je rappelle à toutes fins utiles qu’il y a deux jours de jeûne demandés par l’Église : le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Et je rappelle qu’il nous est demandé de nous abstenir de viande le vendredi de manière générale (à moins qu’une solennité ne tombe un Vendredi) (Canon 1251 du CDC). L’Église précise que sont concernés par le jeûne tous les fidèles majeurs jusqu’à 60 ans et qui n’ont pas de soucis de santé particuliers. (CDC 1252)

Enfin l’aumône est une antique pratique pénitentielle qui fait appel à la charité. Comme le soulignent beaucoup de Pères de l’Église, la privation des uns permet d’aider ceux qui sont dans le besoin. Cette année, nous renouvellons les appels aux dons pour les Associations caritatives liées à la paroisse (le Secours Catholique, St Vincent de Paul, Solidarité Partage) et nous vous proposons d’aider une association qui assure la scolarisation et le développement d’enfants défavorisés à Madagascar. Cette proposition paroissiale se fera en lien avec une proposition spécifique adressée aux enfants du catéchisme. Il y aura une présentation des activités le Samedi 13 Mars de 15h00 à 16h00 à la Salle Notre-Dame.

Outre les moyens que l’Église met à notre disposition pour bien nous préparer à Pâques, je vous propose 3 points d’attentions qui peuvent concerner notre manière de vivre en paroisse.

L’Évangile nous appelle à chercher à exister d’abord devant Dieu et non devant les hommes, à refonder notre vie par rapport à Dieu et non par rapport aux autres : « Ce que vous faîtes pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. » Le Carême peut être l’occasion de revisiter notre manière de vivre nos relations. Le regard des autres, le poids du monde, des relations sociales, n’est-il pas parfois trop important pour nous-même ? au point que nous nous laissons influencer ou même parfois dicter notre conduite par rapport aux considérations des autres ? Ce Carême peut être l’occasion de vivre un exode de l’esclavage vers la liberté, vers la vraie liberté qui nous est donnée par Dieu et non par les hommes. Attention à ne pas imposer nos propres manières de voir, de penser aux autres. Et attention à rester libres : celui qui nous donne la liberté, c’est Dieu, pas le regard ou l’avis des autres !

Le silence pourra nous être également bénéfique. Tout d’abord, dans la liturgie, où il nous permettra d’être plus disponible à ce que Dieu veut nous dire. Nous allons faire des efforts dans ce sens pendant le Carême ; vous risquez d’être surpris car nous ne sommes pas tellement habitués au silence. Cela nous aidera à aller au désert. Nous pouvons également faire des efforts de silence dans notre vie paroissiale. Beaucoup de choses sont souvent dites sur les gens, dans le dos des gens. Et pourquoi ne pas faire l’effort d’arrêter de ragoter et de prier pour les personnes en question ?

Enfin, une véritable conversion passe par le sacrement de la confession où l’on reçoit le pardon de Dieu. Saisissez ce temps du Carême pour remettre votre vie sous le regard de Dieu en allant puiser à la source de la miséricorde de Dieu. Il y a les confessions habituelles, mais il y aura également une journée du pardon qui vous sera proposée le Vendredi 26 Mars où vous pourrez vous confesser de 10h00 à 18h00 à la Collégiale Notre-Dame.

Chers frères et sœurs, bon et saint Carême à tous, en espérant que cette année nous pourrons vivre la Semaine sainte et Pâques ensemble ! Amen !

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