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Homélie du Mercredi des Cendres


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Mercredi des Cendres

« Maintenant, revenez à moi de tout votre cœur ! »


Chers frères et sœurs,


En entrant aujourd’hui dans le Carême, nous nous préparons à fêter la Résurrection de Jésus et nous préparons le renouvellement de notre accueil de la vie du Ressuscité, reçu lors de notre baptême. En d’autres termes : nous préparons le renouvellement de notre Profession de Foi baptismale. C’est à cette lumière qu’il nous faut vivre le temps du Carême.

Si l’on a identifié le temps du Carême avec le temps que Jésus passe au désert, cette identification ne s’est faite que dans un deuxième temps. La première finalité du Carême demeure la préparation aux fêtes pascales et aux sacrements qui en découlent, en particulier au sacrement du baptême. Le Carême a d’abord été un temps de préparation pour les catéchumènes qui allaient être baptisés lors de la nuit de Pâques. Après avoir été appelés officiellement par le responsable de la communauté chrétienne aux sacrements de la vie nouvelle (Baptême-confirmation-Communion), les catéchumènes vivaient leurs ultimes étapes : les scrutins (exorcismes destinés à ouvrir leur humanité à la grâce baptismale), traditions (transmissions des deux principales prières de l’Eglise le Credoet le Pater Noster), réditions (prières du Credo et du Pater qu’ils devaient prononcer devant toute l’assemblée), onction avec l’huile des catéchumènes, rites de l’Effatah… Le Carême est tout d’abord un temps catéchuménal destiné à aguerrir nos futurs baptisés aux combats de la vie chrétienne. Deux pistes découlent de cet aspect du Carême que je souligne : la première, c’est qu’il n’est pas juste de vivre seulement le Carême comme un temps de pénitence et de conversion ; bien sûr, ces aspects sont présents, mais il faut les vivre dans la perspective de la fête de la Résurrection de Jésus qui nous est transmise par le sacrement du baptême. La deuxième piste est qu’il nous faut prier pour nos amis catéchumènes qui vont devenir membres de l’Eglise dans la nuit de Pâques en recevant la grâce de la vie du Ressuscité. Il s’agit d’Imane, de Kevin, d’Artour, d’Armide et de Victorine.

Comment préparer le renouvellement de notre baptême ? Regardons la liturgie de la Vigile Pascale. Avant de professer notre foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, l’Eglise nous invite à renoncer à Satan, selon ces 3 questions :

Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ?

Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?

Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ?

La liturgie forme notre foi et notre manière de vivre en chrétien. Avant de redire « oui » à notre baptême, nous devons redire « non » au péché et à Satan. Pour revenir à Dieu de tout notre cœur, comme nous y invite le prophète Joël entendu en première lecture, nous devons rejeter ce qui nous éloigne de Dieu, ce qui, progressivement, subrepticement, a pris la place de Dieu dans notre vie.

Jésus insiste dans l’Evangile sur le fait de ne pas chercher à exister par rapport aux autres, mais Il nous invite à chercher à exister d’abord par rapport à Dieu : « Ce que vous faîtes pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes. » Nos existences, nos prises de parole, de position, nos actes sont trop marqués et conditionnés par le regard des autres. L’esprit du monde, c’est aussi cela : nous laisser formater par le regard des autres, par nos relations mondaines. Le temps du Carême est justement l’occasion de refonder notre propre existence, notre relation à nous-mêmes d’abord par rapport à Dieu, et pas d’abord par rapport aux autres. Profitons de ce temps du Carême pour poser de vrais actes de liberté fondés en Dieu. C’est Dieu qui nous rend libres ! L’esprit du monde, même s’il n’est pas de prime abord en opposition frontale avec Dieu, conduit progressivement à mettre Dieu au second plan et à perdre notre liberté.

Jésus nous donne 3 moyens de sanctification pour revenir à Dieu : l’aumône, la prière et le jeûne.

L’aumône est une autre pratique très belle de la charité. En fait l’aumône permet de faire du bien tant du côté de celui qui donne que de celui qui reçoit. Celui qui donne voit dans le pauvre à aider le Christ ; celui qui reçoit voit dans celui qui donne le visage du Christ. L’aumône permet de soulager celui qui a besoin et elle permet de sanctifier celui qui donne. A ce sujet, St Pierre affirme dans une de ses lettres : « La charité couvre une multitude de péchés. » 1 P 4, 8 Il y a quelque chose de très beau dans cet acte de l’aumône : c’est qu’un seul acte est un secours pour les deux : tant pour celui qui a besoin, que pour celui qui donne. Cette année, nous vous proposons d’aider les associations caritatives liées à la paroisse (le Secours Catholique, Solidarité Partage et St Vincent de Paul) ainsi que le Père Laurent Wala, venu nous remplacer cet été les Pères Théophile et moi-même, qui construit un projet d’adduction d’eau pour sa paroisse et l’école primaire qui en dépend. Vous pourrez nous faire parvenir vos dons sous enveloppe au moyen des paniers de quête ou bien aux permanences paroissiales.

Au sujet de la prière, regardons ce qui prend de la place dans notre vie. Peut-être pour privilégier un temps de prière, nous faudra-t-il renoncer à de l’ordinateur, la tablette, la télé ? Peut-être faudra-t-il se coucher plus tôt, justement pour pouvoir se lever plus tôt et pour pouvoir prier ? A ce sujet, je vous rappelle que la journée pour un chrétien commence la veille au soir…et non le matin ! Vivons la prière comme le lieu non pas où je parle d’abord à Dieu, mais comme le lieu où j’écoute d’abord Dieu qui me parle. Je vous rappelle que tous les matins il y a une demi-heure d’oraison à la collégiale Notre-Dame suivie de l’office des Laudes. Par ailleurs, tous les vendredis de Carême, nous vous proposons un chemin de croix par communauté (12h30 à la collégiale, 15h00 à St JB, 18h30 sur la communauté des 4 clochers) ; enfin, je vous rappelle l’Adoration permanente qui reprendra la semaine prochaine du Jeudi 19h30 au Vendredi 18h30. L’avantage de cette formule est que vous pouvez passer quand vous voulez dans la journée du Vendredi.

Le jeûne quant à lui est une des plus anciennes pratiques pénitentielles connues. Il est aussi une de plus efficaces. Se priver de nourriture, ou réduire son alimentation, revient à discipliner son corps et aide grandement à soutenir nos efforts de conversion. Le jeûne nous aide à avancer notamment lorsque nous nous heurtons à des résistances dans notre conversion. Je rappelle à ce sujet que l’Eglise demande de s’abstenir de viande tous les vendredis de l’année (à moins que ne tombe une Solennité le Vendredi) et les Mercredi des Cendres et Vendredi Saint (canon 1251); et qu’elle demande de jeûner les Mercredis des Cendres et Vendredi Saint. Sont concernés par le jeûne tous les fidèles majeurs jusqu’à 60 ans ! (canon 1252).

Pour que notre démarche de conversion soit complète, il faut aussi accepter de « se laisser réconcilier avec Dieu » comme nous y invite St Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Profitons de ce temps de Carême pour regarder comment Dieu travaille et guide nos différentes réconciliations : qu’elles soient par rapport à Lui ou par rapport aux autres. Et ne passons pas à côté de l’acte de la réconciliation qui s’accomplit dans le sacrement du pardon. Il ne peut y avoir de réconciliation véritable, il ne peut y avoir de pardon sûr et certain sans le sacrement de la confession ou de la réconciliation. En plus des créneaux habituels de confession (Vendredi 17h00-18h00 et samedi 9h45-10h30), il y aura des confessions de proposées dans toutes les communautés avant Pâques. Mais, il y aura aussi une journée du pardon le vendredi 13 mars ici même dans cette collégiale de 10h00 à 18h00.

Que Notre-Dame nous accompagne dans ce temps de retour à Dieu et qu’elle nous soutienne dans les combats que nous aurons à vivre tout au long de ce Carême. Amen !

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