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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion


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Dimanche des Rameaux et de la Passion

« Pour nous le Christ s’est fait obéissant, jusqu’à la mort, et la mort sur une croix. »

Chers frères et sœurs,

Quel contraste entre cette foule joyeuse qui accueille Jésus qui entre à Jérusalem et nous qui commémorons l’entrée de notre Sauveur chacun chez soi, comme les Hébreux confinés chez eux lors de la 10ème plaie d’Égypte ! Quel contraste entre nos églises si pleines en cette fête habituellement, et notre église vide aujourd’hui ! L’entrée dans la Semaine Sainte prend le visage d’un pèlerinage intérieur que nous allons être appelés à vivre cette semaine pour fêter de la même manière dans une semaine la victoire de Dieu sur le mal et la mort !

Mais, finalement, que cette solitude que nous expérimentons nous permette de nous unir à Jésus qui est resté seul à Gethsémani, alors qu’Il demandait la présence de ses amis…que cette solitude nous permette d’être en communion avec tous nos frères et sœurs chrétiens qui n’ont pas la liberté de pratiquer leur religion ou qui sont obligés de la pratiquer de manière cachée ! Voici deux pistes qui peuvent nous aider à donner du sens à ce que nous vivons.

Je voudrais aujourd’hui regarder avec vous l’attitude de Jésus dans sa Passion. Le mot même « Passion » vient du verbe latin patior qui signifie souffrir. En conjugaison latine, on appelle ce verbe un verbe déponent : il a un sens actif tout en ayant une conjugaison passive. Cette indication de conjugaison dit en fait beaucoup de choses. Celui qui souffre souffre à cause de quelque chose ou de quelqu’un. Le fait de souffrir nous implique un état passif. Et l’on peut appliquer cette lecture à la Passion de Jésus. Jésus souffre à cause de la méchanceté des hommes, à cause du péché des hommes, à cause de la trahison d’un des siens, de l’abandon de ses amis, des lâchetés de tel ou tel de ses disciples, à cause des moqueries ou des provocations des soldats. Et pourtant une lecture plus attentive de la Passion nous montre que derrière une lecture « passive » de la Passion de Jésus (Jésus souffre à cause des raisons que j’ai évoquées), Jésus est entièrement maître des événements. Derrière l’apparence de l’échec, se cache de manière voilée le plus grand acte d’amour de Dieu.

Ainsi Jésus annonce la trahison de Judas, lui offrant par là-même la possibilité de ne pas aller au bout de ses projets ; Il annonce le reniement de Pierre ; Il annonce le moment de son arrestation. Jésus assume tout, tout en acceptant de subir. En fait, Il n’est pas passif dans sa Passion, mais pleinement actif : Il assume. Il ne subit pas, Il offre. Il offre le salut à tous, à ceux qui l’ont renié, trahi, à ceux qui l’aident, à ceux qui l’injurient, qui le provoquent. La Passion selon St Matthieu ne nous rapporte pas la conversion du bon larron, mais St Luc le rapporte. Sa Passion offerte devient un lieu de vie, de salut.

Alors, comment nous unir à la Passion de Jésus aujourd’hui ?

Je vous propose deux pistes. La première consiste, à la faveur de ce Carême de confinement où nous nous retrouvons au désert malgré nous, à laisser nos vies être éclairées par la Passion de Jésus. Nous aussi, nous avons pu trahir Jésus, l’abandonner, ne pas Lui être fidèles. Nous aussi, nous avons pu nous endormir au lieu de veiller avec Lui; nous aussi nous avons pu entraîner les autres au péché, comme les grands penseurs de l’époque, les grands prêtres et les Pharisiens, qui manipulent et retournent la foule contre Jésus, ou encore nous avons pu être parmi ceux qui critiquent Jésus lorsque nous critiquons son Eglise, la paroisse. Pour accueillir la puissance de Vie et de pardon qui découle de la Passion, il nous faut nous reconnaître dedans. Si nous ne trouvons pas notre place, nos places, dans la Passion, nous ne communierons pas à la puissance de la Résurrection.

La deuxième piste consiste à passer de ce que nous subissons à ce que nous offrons. Chacun de nous peut devenir actif dans sa Passion, peut offrir ses souffrances, ses sacrifices, pour en faire, par la grâce de la Communion avec Jésus, un lieu de vie et de fécondité. Beaucoup de catholiques vont vivre cette semaine sainte avec une certaine frustration (ce qui est pour une part un bon signe). Offrons cette épreuve ! Pour notre conversion, pour celle de notre monde, pour celle de notre Église, pour tous les Simon de Cyrène ou les sainte Véronique qui vont aider les malades, les mourants. Si nous avons peur, si nous sommes angoissés, si nous nous sentons abandonnés de Dieu, Jésus a tout assumé dans sa Passion : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » ou encore : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Toutes nos réponses sont en Jésus. Unissons-nous à Lui. Et si nous ne pouvons pas aller à Lui en allant à l’église, c’est Lui qui vient à nous !

Que la Vierge Marie qui est restée aux côtés de Jésus dans sa Passion nous aide à vivre cette semaine avec Jésus ; qu’elle nous aide à entrer, à goûter et à vivre de la puissance de Vie et de Salut qui découle de la Passion de son Fils. Amen !

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