Homélie du dimanche des Rameaux

Dernière mise à jour : 17 mai


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Dimanche des Rameaux


« Hosanna au fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ! »

Chers frères et sœurs,

Ce long récit que nous venons d’entendre nous permet de vivre, quelques deux mille ans après, ce qu’a vécu Jésus en entrant à Jérusalem pour fêter Pâques avec ses disciples et pour s’offrir Lui-même comme le nouvel Agneau pascal. La distance temporelle que nous avons avec ces évènements nous permet de nous interroger sur le regard que nous portons sur la Passion. Lorsque nous regardons ces évènements, que voyons-nous ?

Si nous posons un regard humain sur la Passion, nous sommes surpris de voir que les Juifs contemporains des évènements attendent tous le Messie, et Celui qui vient comme tel, qui accomplit tous les signes messianiques annoncés par les Prophètes, sera rejeté. Au regard humain, la Passion est un échec : l’homme sur qui se concentraient tous les regards, toutes les attentes, est crucifié et mis à mort. Celui qui devait rassembler dans l’unité, divise.

Si nous posons un regard de foi sur la Passion, nous voyons que Jésus s’abaisse jusqu’à prendre la dernière place. Il accepte d’assumer les apparences de l’échec pour investir de son don, de son amour tous les évènements qu’Il supporte. Nous y voyons le plus grand acte d’abandon et amour.

Frères et sœurs, la Passion de Jésus nous invite à convertir notre manière de regarder notre monde, les évènements qui s’y déroulent qui parfois nous interrogent ou nous inquiètent. En posant un regard de foi sur les évènements de notre vie, nous apprendrons à ne pas regarder notre monde avec un regard vidé de Dieu ; nous apprendrons à regarder au-delà du regard naturel pour discerner l’œuvre nouvelle que Dieu réalise au-delà de ce qui a l’apparence de l’échec, de la division.

Mais la multitude des personnes qui trouvent place dans la Passion nous interroge également sur la place qui aurait été la nôtre à l’époque et qui est la nôtre aujourd’hui. Où aurions-nous été ? Est-ce que nous aurions suivi Jésus après son entrée à Jérusalem, comme une infime minorité l’a fait ou est-ce que nous l’aurions abandonné comme les foules qui, pourtant, l’acclamaient ? Aurions-nous crié « Hosanna, béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur ! » ou « Crucifie-Le ! » ? Aurions-nous été Judas qui livre Jésus et n’accepte ni l’amour ni le pardon de Jésus, ou aurions-nous été Pierre qui renie Jésus, mais qui accepte le pardon ? Aurions-nous été le malfaiteur crucifié qui provoque Jésus et l’insulte ou le malfaiteur crucifié qui se repent et reçoit la promesse du Paradis ? Aurions-nous été Simon de Cyrène qui aide Jésus à porter sa croix ou le soldat qui va percer son cœur de la lance ? La multitude de ces personnages nous montre non seulement que la Passion ne laisse personne indifférent, chacun est mis à nu, mais que chacun est appelé à se prononcer. Derrière ces attitudes, derrière ces évènements, il y a une invitation à suivre Jésus, à Le suivre Lui, pas la foule, pas ceux qui nous disent comment et que penser, pas les groupes de pression. Aujourd’hui aussi, nous, la foule, disciple de Jésus, nous sommes invités à Le suivre, dans la joie, comme dans la peine, lorsque nous sommes le cœur pacifié ou le cœur tourmenté, dans l’espérance ou dans la révolte. Suivons-Le dans cette semaine sainte, lorsqu’Il livrera son corps et son sang sous les espèces du Pain et du Vin à la toute jeune Église, suivons-Le dans la nuit du Jeudi au Vendredi, où tous l’ont abandonné, suivons-Le dans son chemin de croix et sa mort, suivons-Le dans sa mise au tombeau du samedi pour arriver avec Lui à sa Résurrection dans la nuit du samedi au dimanche. Cette semaine est sainte parce qu’elle sera source de sainteté pour chacun de nous si nous suivons Jésus. Cette semaine sainte nous conduira à la victoire de Dieu : le dimanche de la Résurrection succède au Vendredi Saint. Telle est notre foi et notre espérance. Amen !

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