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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du dimanche de la Pentecôte


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Dimanche de la Pentecôte

« Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. »

Chers frères et sœurs,

Les paroles de Jésus sur l’Esprit-Saint que nous entendons aujourd’hui nous renseignent sur la nature et les propriétés de la troisième Personne de la Trinité. Pour nous aider à vivre toujours davantage de l’Esprit-Saint, comme nous y invite St Paul dans la deuxième lecture « Frères, je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit-Saint… », il nous faut approfondir la manière dont l’Esprit de Dieu agit en nous, dans notre monde et dans l’Église.


Je voudrais ainsi relever une première caractéristique de l’Esprit-Saint. Le Credo de Nicée-Constantinople nous dit qu’ « Il donne la vie ». C’est effectivement un Esprit de Vie, qui donne la vie et qui donne la souplesse qui permet à la Vie de grandir et de se développer. En ce sens, l’Esprit-Saint apparait comme un adaptateur ou un régulateur. Tout en étant un, Il permet et favorise la multiplicité, la catholicité. Nous le voyons dans le récit des actes des Apôtres, où il met à la portée des peuples présents à Jérusalem le don de Dieu. St Luc nous fait remarquer que les foules présentes à Jérusalem étaient dans l’étonnement d’entendre les Apôtres s’exprimer dans des langues qu’ils ne connaissaient pas et de les voir évangéliser. L’Esprit-Saint adapte et met à la portée de. Il est aussi celui qui développe et permet la croissance dans le temps. Jésus prévient bien ses Apôtres : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant, vous ne pouvez pas les porter. » Pour pouvoir les porter, il reviendra à l’Esprit-Saint d’affermir les Apôtres en vue de cette charge plus lourde et de leur remettre plus tard à leur portée ce que Jésus veut leur donner. L’Esprit-Saint est aussi Celui qui agit dans le temps, qui tient compte du temps et de nos forces. Il est souple ; il s’adapte.

La belle séquence de la Pentecôte chante ces belles qualités : « Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre la fraicheur, dans les pleurs le réconfort. (…) Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. (…) Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. » C’est par cette propriété d’adaptation multiforme que l’Esprit donne la souplesse nécessaire pour permettre la Vie et la croissance.

Alors, frères et sœurs, il nous faut être attentifs aux motions de l’Esprit-Saint dans notre vie. Dans nos cœurs aussi, l’Esprit-Saint vient rééquilibrer nos dynamismes, nos orientations, nos inclinations. Il le fait également dans notre Église, dans notre paroisse et dans notre monde. En fêtant la Pentecôte, nous devons nous interroger sur notre propre docilité aux motions de l’Esprit-Saint. Est-ce que nous y sommes attentifs ? est-ce que nous lui obéissons ? Vivre sous la conduite de l’Esprit-Saint, c’est aussi cela : être attentif à ce que l’Esprit nous dit et ce à quoi Il nous invite.

Il y a maintenant un lien très fort entre l’Esprit-Saint et l’Église, puisque l’Église entre pleinement en fonction, pourrait-on dire, avec le don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous confessons notre foi en l’Église dans le Credo après la confession de l’Esprit-Saint. Ce n’est pas seulement parce qu’on laisse d’abord la place à la Trinité (confession du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint), mais c’est aussi parce qu’on a choisi de montrer que Celui qui donne Vie à l’Église, qui la fait grandir, qui la garde dans l’unité est l’Esprit-Saint. Même si l’Église, Corps du Christ, a été voulue par le Père, instituée et formée par Jésus, elle ne peut vivre sans l’Esprit Saint. Et là, frères et sœurs, il faut bien nous mettre cela en tête. Trop souvent, nous ne voyons en l’Église que ce qui ne va pas, ce qui déçoit, la lâcheté, le péché de ses membres (clercs comme laïcs). Trop souvent nous ne la regardons que de manière humaine, avec un regard naturel et non surnaturel. Et nous oublions que l’Église, toute pécheresse qu’elle soit, toute limitée qu’elle soit humainement, est le Corps du Christ, Saint, pur, qui nous offre le salut et qui est conduite et habitée par l’Esprit de Dieu. Toute la lecture des Actes des Apôtres au cours de ce temps pascal nous a appris comment l’Esprit-Saint guide et conduit l’Église malgré les oppositions et les péchés de ses membres. Fêter la Pentecôte, c’est aussi rendre grâce à Dieu de continuer à sanctifier son Église et de continuer à la faire grandir.

Sur un plan humain, il n’existe aucune autre institution humaine qui unisse des peuples et des hommes si différents dans leur culture, manière de penser, dans leurs opinions, avec des sensibilités différentes, et ce, partout dans le monde et depuis presque plus de 2000 ans ! Toutes les autres institutions humaines qui ont eu cette prétention se sont écroulées. Seule l’Église, avec ses hauts et ses bas, subsiste.


Deux points attirent notre attention concernant notre vie en Église :

  • L’unité. Il règne parfois une fausse conception de l’unité, qui n’est vue que d’un point de vue humain et non divin. L’unité a son origine en Dieu ; elle ne peut donc ni être pensée ni mise en œuvre, en dehors de Dieu. Les différences dans les manières de penser, de prier, dans les sensibilités, ne peuvent jamais être un obstacle à l’unité. Elles appellent au contraire une unité plus forte, plus profonde et plus solide. Soyons dociles aux motions de l’Esprit-Saint qui appelle et construit cette unité dans l’Église et dans notre paroisse. Attention, à ne pas entrer dans des suggestions de critiques, d’opposition, de règlements de compte ou de rapports de force. Ces mouvements ne viennent pas de l’Esprit Saint, ils viennent du démon. À nouveau, regardons, relisons les Actes des Apôtres : nous verrons que lorsqu’il y a du tirage, des oppositions dans l’Église, des clivages idéologiques, l’issue de sortie est l’Esprit-Saint et ses appels. Que fait Dieu ? A quoi nous appelle-t-il ? Quels chemins ouvre-t-il ? et quelles forces suscite-t-il ?

  • Le dynamisme missionnaire. Sans entrer dans une relecture de l’histoire de l’Église ces dernières décennies, nous constatons une forte déchristianisation depuis une 50 aine d’années avec un problème de transmission de la foi aux générations suivantes. La mise en œuvre malheureuse de certaines réformes issues du Concile Vatican II (notamment en liturgie) ont entrainé une désacralisation de la liturgie et ont affecté la prière et la pratique d’un nombre importants de fidèles qui ont ou été ailleurs, ou se sont éloignés de la pratique. Dans cette période de crise et cette période perturbée, l’arrivée de la mouvance charismatique a été une véritable respiration pour l’Église et pour les paroisses, ré-introduisant le sens du sacré et le sens de Dieu. Aujourd’hui les choses rentrent progressivement dans l’ordre. Il nous faut être attentifs aux motions et aux appels de l’Esprit Saint dans notre vie ecclésiale. Les jeunes générations qui ont intégré qu’elles vivent dans un monde déchristianisé sont beaucoup plus sensible à l’identité chrétienne et à l’urgence de la mission. Regardez le nombre d’initiatives missionnaires qui naissent partout. Sur notre paroisse, nous avons le patronage ouvert dans le Cadre du Café chrétien à Gamilly ; nous lançons un parcours alpha avec une équipe en train de se former. Le congrès Mission qui a lieu à l’automne attire de plus en plus de fidèles et de clercs pour réfléchir aux initiatives missionnaires à mettre en œuvre ou à relire. Bref, nous sommes à un tournant décisif : ou l’Église sort de modes de fonctionnement du style fonctionnaire du culte et distributeur de sacrements et elle renouvelle son rapport au monde, apportant l’Évangile et la foi au monde, ou elle reste enfermée dans ses modes de fonctionnement avec un rapport au monde mort-vivant.

Que l’Esprit-Saint nous aide à être ouverts, réceptifs et dociles aux impulsions de vie et de croissance qu’Il nous donne.

Pour terminer, je voudrais juste aborder rapidement avec vous la question du sacrement de la confirmation, qui a beaucoup fait défaut ces dernières décennies, qui n’a été traité que comme un sacrement d’une élite qui avait la chance de continuer à pratiquer, mais qui, de fait, laissait de côté un grand nombre de jeunes. Si notre Église n’a pas été et n’est pas plus missionnaire, nous en avons ici en tout cas une des raisons.

Le sacrement de la confirmation affermit les fidèles dans leur baptême et leur donne la force missionnaire nécessaire pour faire connaître Jésus dans notre monde.

Notre diocèse met ainsi en œuvre une réforme importante qui entrera en fonction dès septembre prochain. Le sacrement de la confirmation sera proposé à la fin de la catéchèse primaire, clôturant ainsi en quelque sorte l’initiation chrétienne. (La Paroisse avait déjà anticipé depuis 3 ans cette réforme, avançant l’âge de la confirmation pour permettre au plus grand nombre de jeunes de recevoir ce sacrement, tout en maintenant une autre proposition pour ceux qui n’étaient pas demandeurs ou prêts encore à cet âge-là.) Concrètement, nous proposerons la confirmation après 4 années de catéchisme, c’est-à-dire aux enfants en fin de classe de 6ème. S’ils ne sentaient pas prêts, ils pourront la préparer plus tard à partir de l’âge de 15 ans. De ce fait, la Profession de Foi sera proposée plus tard, à partir de l’âge de la 4ème, préparée dans le cadre de l’aumônerie. Au cours de cette préparation, nous présenterons d’autres perspectives de vie chrétienne aux enfants : des engagements caritatifs, missionnaires, de service de prière et d’Église.

Frères et sœurs, portons cette réforme importante dans notre prière : elle nous permettra de former plus solidement un plus grand nombre de jeunes chrétiens dont l’initiation chrétienne sera achevée sacramentellement ! C’est ce dont notre Église a besoin. Belle fête de la Pentecôte à tous ! Amen !

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