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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du dimanche 10 février


+ 5ème Dimanche du Temps ordinaire


Frères et Sœurs,

Le récit de l’appel des 4 premiers disciples dans l’Evangile selon St Luc est lié à une expérience miraculeuse de Jésus. Ces quatre premiers disciples vont vivre une pêche miraculeuse. Ils vont faire l’expérience de la grandeur et de la divinité de Jésus.

Je voudrais m’arrêter tout d’abord sur deux caractéristiques de l’appel de Simon, d’André, de Jacques et de Jean. Jésus a l’initiative de l’appel et de la rencontre. C’est Lui qui vient les rejoindre : « Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; (…) Jésus monta dans une des barques. » Trop souvent dans la vie chrétienne, dans la vie paroissiale, nous pensons faire des choses pour Dieu, rendre un service à l’Eglise, à la paroisse, au Seigneur. Or, dans ce schéma, nous sommes le point de départ de nos actions. L’appel de ces 4 premiers disciples nous redit que le point de départ, c’est Jésus. Nos actions, nos engagements, ne doivent pas résulter de notre initiative, mais elles doivent être une réponse à l’initiative de Dieu. Dans l’Eglise, il arrive souvent que des personnes s’accrochent à un poste, à une mission, voire se l’accaparent, sans la recevoir d’un autre qui la leur confie.

La deuxième chose que je voudrais vous faire remarquer, c’est que Jésus va appeler ses premiers disciples en leur demandant un service, à savoir mettre à disposition une barque pour qu’Il puisse parler à la foule. Est-ce que nous aussi dans l’Eglise, dans la paroisse, nous savons demander de petits services à des personnes qui ne font pas encore partie de la communauté pour leur permettre de faire une expérience de Dieu ? Il y a une manière d’être missionnaire dans le fait d’appeler telle ou telle personne à un service pour lui permettre de rencontrer Jésus. Je crois que c’est pour nous tous l’enjeu d’une conversion. Car lorsque nous cherchons quelqu’un, nous avons toujours tendance à regarder autour des gens que nous connaissons, mais nous ne nous risquons pas assez à regarder au-delà. Le renouvellement et la croissance dans l’Eglise passent par là.

Le récit de l’appel des quatre premiers disciples nous pose aussi la question : quels disciples sommes-nous ? A partir du récit que nous venons d’entendre, on pourrait dire que pour devenir disciple, il faut faire l’expérience de ses limites, de sa pauvreté, il faut même pouvoir aller jusqu’à faire l’expérience de l’échec : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. » Il faut se rendre compte que de nous-mêmes, nous ne pouvons rien. Celui qui est plein de lui, de ses certitudes, de ses convictions, ne peut ni être ouvert à Dieu ni disponible à Dieu. Se pose alors à nous cette question : est-ce que nous acceptons nos limites ? nos pauvretés ? sans chercher à les masquer, à les compenser. C’est le sens de l’invitation que Jésus fait à ses disciples lorsqu’Il leur demande de « s’écarter un peu du rivage. » S’écarter du rivage, c’est accepter de quitter ses repères, ses points de vue, ses propres opinions, pour aller au-delà, pour passer d’un « Moi je » à « Sur ta Parole. » Ce récit nous redit que pour obéir à Dieu, pour Lui répondre, il faut accepter de quitter son « Moi je ». « Sur ta parole », ce n’est pas sur « ce que je pense » ! Ce déplacement va alors permettre de faire l’expérience de la grandeur de Dieu : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » s’écriera Pierre.

La première lecture évoque une situation similaire dans l’appel du prophète Isaïe. Au cours d’une vision reçue dans le Temple de Jérusalem, le prophète Isaïe va être confronté à la grandeur, à la majesté de Dieu. Cette grandeur le saisit et lui fait voir sa petitesse. Frères et sœurs, voilà ce que doit donner à voir la liturgie : la grandeur et la majesté de Dieu ! Trop souvent on n’a eu de cesse de rabaisser la liturgie, surtout depuis 50 ans, pour que tout le monde puisse la comprendre, oubliant que la liturgie fait entrer dans le mystère de Dieu et non dans une compréhension intellectuelle de Dieu. En réduisant la liturgie à son expression la plus simple, on a fini pour la vider de sa substance divine. Dieu étant par nature invisible, il faut redire qu’on ne va pas seulement à Dieu par ce que l’on lit ou comprend, mais aussi par ce que l’on voit, ce que l’on entend ou ce que l’on sent ! Si la liturgie redonne à goûter la grandeur et la majesté divine, alors elle redeviendra une nourriture, un lieu d’appel et une source de fécondité !

Pour être disciple, il faut accepter de ne pas partir de soi, mais de se laisser rejoindre par Dieu. Il faut accepter ses limites et ses pauvretés. Il faut accepter de quitter l’univers de son Moi, pour entrer dans l’univers de « Sur ta Parole ». La clé de la fécondité missionnaire de notre Eglise occidentale, essoufflée, est ici. Ne partons pas de nous, mais repartons de Dieu dans le catéchisme, dans la liturgie, dans les sacrements, dans la prière, dans l’évangélisation et nous ferons l’expérience de la fécondité divine dans nos vies et dans l’Eglise. Amen !

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