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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du Baptême du Seigneur


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Baptême du Seigneur


Frères et sœurs,

La fête de ce jour clôt notre temps de Noël. Les textes que nous avons entendus aujourd’hui nous montrent le lien qui existe entre la fête du Baptême de Jésus et le temps de Noël : « Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les Cieux s’ouvrirent ». Effectivement le baptême ouvre le Ciel, c’est-à-dire qu’il donne accès à Dieu. Le lien avec Noël est ici : Jésus, de nature divine en prenant la nature humaine, réconcilie en quelque sorte la nature humaine, que le péché avait éloigné, avec la nature divine. Cette réconciliation devient effective par le baptême.

Il y a un deuxième lien que l’on peut faire avec la solennité de l’Épiphanie en ce sens que les textes de ce jour mettent en avant l’ouverture universelle du salut. Je cite St Luc dans les Actes des Apôtres : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. » Cet accueil a lieu précisément par le sacrement du baptême. Et ce sera mon premier élément de réflexion : le baptême que Jésus inaugure nous fait entrer dans la Nouvelle Alliance que Jésus réalise en sa personne entre Dieu et les hommes.

Alors que le rite d’entrée dans l’Alliance divine dans l’Ancien Testament résidait dans la circoncision (rite qui ne concernait que les hommes), celui de la Nouvelle Alliance est offert à tous à travers le sacrement du baptême. Les baptisés que nous sommes, ou que nous allons devenir, sont entrés dans une histoire d’alliance qui nous précède, et qui nous donne un contact, une proximité privilégiée avec Dieu. Cela ne veut pas dire que Dieu n’agit pas en dehors de son Alliance (Heureusement qu’Il le fait !) ; cela ne veut pas dire qu’Il n’entre pas en contact avec des personnes en dehors de son alliance, mais cela veut dire que le lieu naturel de la relation avec Dieu, que Dieu nous a donné, est le baptême. Notre vie baptismale n’est qu’une histoire d’alliance, parmi d’autres, avec Dieu.

Quels sont les dons qui nous sont donnés par le sacrement du baptême ? Ils sont au nombre de 4. Le baptême nous donne la vie divine en faisant habiter en nous la Sainte Trinité, présente lors du baptême de Jésus, notamment à travers le don de l’Esprit-Saint sous la forme d’une colombe et de la voix du Père. Le baptême nous lave du péché originel, c’est-à-dire qu’il vient guérir, restaurer, notre liberté retournée par le démon contre Dieu. Il nous fait devenir fils ou fille de Dieu : c’est la conséquence de notre entrée dans l’Alliance dont Dieu est Père ; et il nous fait entrer dans l’Eglise, cette grande famille, peuple de Dieu, peuple de son Alliance.

Je voudrais m’arrêter sur un des rites du baptême, un des rites les plus anciens que l’on connaisse, qui servira d’ailleurs à confirmer le baptême par la suite, qui est le rite de l’onction. Ce rite remonte au moins vers 1000 avant Jésus-Christ lorsque le prophète Samuel va oindre le petit David pour qu’il devienne le Roi d’Israël. L’onction signifie l’infusion de l’Esprit du Seigneur. La forme ordinaire d’administration du baptême a développé cet aspect en soulignant l’union à Jésus, notamment à travers ses différentes missions de prêtre, de prophète et de roi. Tout baptisé a une mission de prêtre, de prophète et de roi en vertu de son union avec Jésus prêtre, prophète et Roi. Par sa mission de prêtre, le baptisé est appelé à faire de sa vie une offrande agréable à Dieu ; par celle de prophète, il est appelé à annoncer l’Évangile ; par celle de Roi, à participer à la construction de la royauté du Christ.

C’est notamment en vertu de leur mission royale que les baptisés sont appelés à s’engager dans le monde pour promouvoir les valeurs de l’Évangile et participer à la construction de la royauté du Christ, dont nous savons qu’elle ne sera jamais accomplie ici-bas.

De nombreux débats de société animent depuis quelques décennies nos sociétés post-chrétiennes. Il est du devoir des baptisés de prendre une part active à la vie du monde en s’engageant en politique, dans la société pour défendre et promouvoir les valeurs de l’Évangile, sans attaquer les personnes, car Jésus, l’Évangile et à leur suite l’Église, ont toujours distingué les actes des personnes. Mais il faut prendre garde à bien se situer, car aujourd’hui, presque systématiquement, nous serons placés en opposition aux gens. Ainsi, ceux qui défendent la vie de la conception jusqu’à la mort naturelle sont des rétros, opposés aux progressistes qui eux, veulent le bien et l’avancée de la société. Ceux qui défendent la vie in utero sont des ultras ou des extrémistes. Ceux qui défendent le droit pour les enfants d’avoir un papa ou une maman sont opposés à toute évolution qui, elle, est inéluctable…

Notre seul terrain est et doit être celui de l’Évangile : « Ce que vous avez fait à l’un de ses petits qui sont mes frères, c’est à moi que l’avez fait. » Mt 25, 40

L’Évangile a TOUJOURS pris le point de vue, la défense du plus petit, du plus fragile, du plus dépendant. Quand l’Église émet des réserves et des critiques sur les lois bioéthiques en gestation, ce n’est pas par goût ou culture d’opposition : c’est parce que, fidèle à l’enseignement de Jésus, elle défend le point de vue, les droits des plus petits, des plus fragiles. Quand l’Église défend la valeur de toute vie, même de celle in utero qui n’est pas désirée, l’Église défend le droit de vivre de celui qui ne l’a pas choisi, qui ne peut pas encore parler et encore moins se défendre.

Que les chrétiens arrêtent de s’opposer sur les questions de manière, de forme, mais qu’ils se retrouvent sur le fond, sur l’Évangile, dont ils n’ont pas à rougir. L’Évangile est aussi une force distincte du monde ; s’il ne se distingue pas du monde, il ne peut plus être force de conversion et d’évangélisation. La royauté du Christ, comme Jésus le dira lui-même à Pilate, n’est pas de ce monde. Mettons toute notre foi, nos énergies, nos forces, à participer à la construction de la royauté du Christ, qui est une royauté d’amour. Si notre monde a des choses à convertir, il est aussi à aimer, car seul l’amour produit la conversion. Amen !

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