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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 7 avril (2)



(Messe sous la forme extraordinaire du rite romain)


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5ème Dimanche de Carême



Frères et sœurs,

Nous entendons en ce 5ème Dimanche de Carême encore une belle page d’Evangile qui nous montre jusqu’où, en Jésus, va la miséricorde de Dieu. Je profite de ce passage pour vous faire remarquer que c’est la seule fois, dans l’Evangile, que nous voyons Jésus écrire. Il n’a jamais rien écrit. Il n’a fait que parler. Et ses seuls écrits, sur du sol, se sont envolés !!!

Alors, une des premières choses que nous pouvons contempler dans cet Evangile, c’est l’intelligence divine aux prises avec les manœuvres humaines. Tout est piégé. Tout d’abord, on veut piéger Jésus : « Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser » écrit St Jean. Et puis, on veut condamner cette femme à la lapidation. On est dans le cadre d’une application stricte de la Loi ; pas une seule fois se pose la question du Salut de cette femme. Si Jésus invite à la lapider, Il ne la sauve pas ! S’il lui pardonne, Il est contre la Loi ! Quelle que soit sa réponse, Jésus est piégé.

Ce qui est admirable, c’est que Jésus ne se laisse pas enfermer dans ce piège. Il déjoue le piège par rapport à Lui-même, parce qu’Il connaît les intentions du cœur de ses contradicteurs. Il les renvoie chacun à leur propre péché, à leur propre conscience et ouvre ainsi un chemin de vie pour chacun : femme adultère, scribes et pharisiens. Par rapport à la femme adultère, Jésus ne la condamne pas, mais Il lui permet de se relever et de reprendre sa vie de manière nouvelle. Par rapport aux scribes et aux pharisiens, Il ouvre un chemin de Salut chez ces personnes. Les contradicteurs sont invités à reconnaître et à assumer leur péché ; la femme adultère à vivre désormais sans pécher. En fait, Jésus transforme un piège destiné à donner la mort en un lieu et une occasion de Salut et d’ouverture à la vie. Voilà l’œuvre de l’intelligence divine !

Dans un deuxième temps, nous voyons une nouvelle fois que Jésus dépasse la Loi, manifestant ainsi l’incapacité de cette dernière à pourvoir sauver et montrant que sa préoccupation première reste le salut des gens. Nous sommes invités à réfléchir sur notre rapport à la Loi et au Salut. La préoccupation du Salut est-elle toujours première chez nous ? Ne nous arrive-t-il pas parfois d’absolutiser la Loi en en faisant par exemple le lieu de l’accomplissement de notre perfection morale ou de notre sainteté ?

St Paul a des paroles très claires dans la deuxième lecture sur cette question, lui qui était un fervent défenseur de la Loi de Moïse, mais qui a fait l’expérience dans sa vie du Salut apporté par Jésus. Il écrit : « Cette justice ne vient pas de moi de moi-même (justice, c’est-à-dire le fait d’être sauvé), c’est-à-dire de mon obéissance à la Loi de Moïse- mais de la foi au Christ. » C’est le Christ qui sauve, pas la Loi.

Vous pouvez très bien respecter la totalité des commandements de Dieu, de l’Eglise ; suivre l’enseignement de l’Eglise. Aurez-vous pour autant rencontré le Sauveur ? Aurez-vous fait l’expérience d’un Salut ? Rien n’est moins sûr ! Même si la Loi contribue au Salut, le Salut dépasse la Loi ; il est le fruit d’une rencontre avec Dieu Sauveur. C’est ainsi que nous pouvons aussi interpréter le fait que Jésus écrit sur la terre. On peut faire le parallèle avec Dieu qui écrit les Tables de la Loi sur la pierre. La pierre qui recevra les commandements de Dieu renvoie à la dureté de cœur du Peuple de Dieu. La terre sur laquelle Jésus écrit invite à recueillir maintenant les fruits de la Loi. Le salut dépasse la Loi.

Le silence de Jésus dans un premier temps, puis sa réponse dans un deuxième temps, nous amènent à réfléchir sur la miséricorde de Dieu qui ne demande pas la perfection mais la conversion. La miséricorde de Dieu dépasse la Loi. Aucun péché n’est trop grave pour ne pouvoir être pardonné. Et personne n’est condamné à être enfermé dans son péché, dans son histoire. C’est plutôt nous-mêmes qui nous nous enfermons dans notre péché ; mais Jésus nous en libère toujours ! La miséricorde est toujours plus grande que le péché et personne ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui se manifeste dans le pardon. Demandons-nous alors comment nous recourons à la miséricorde pour nous-mêmes ou pour les autres. Le temps du Carême et la proximité de la fête de Pâques nous invite à recourir au sacrement de la miséricorde divine. Ne passons pas à côté du sacrement de la confession qui nous est proposé avant Pâques. Et puis, regardons dans notre vie, comment nous pouvons être des artisans de miséricorde auprès de nos frères et sœurs. Nous sommes souvent plus prompts à condamner, à critiquer plutôt qu’à comprendre et à relever. Nos relations personnelles, familiales, de travail, en Eglise, ont souvent besoin d’être purifiées. Regardons comment à la suite de Jésus, nous pouvons ouvrir des chemins de vie qui passeront par le pardon demandé, reçu, donné. La miséricorde n’efface pas la justice ; elle la présuppose, puis l’accomplit par la charité.

Alors frères et sœurs, faisons l’expérience dans notre vie de la miséricorde de Dieu comme la femme adultère que Jésus relève et libère de son péché. Sachons nous aussi faire preuve de miséricorde dans nos relations, dans notre manière de vivre. Les communautés chrétiennes ont certainement un très beau témoignage à apporter à notre monde dans la manière que nous avons de vivre le pardon. Amen !

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