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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 7ème Dimanche du Temps ordinaire


7èmeDimanche du Temps ordinaire


« Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? »

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Frères et sœurs,

Dimanche dernier, nous voyions comment Jésus nous invitait à passer de la Loi à l’Amour. Aujourd’hui, nous continuons à avancer dans le cœur de la Nouvelle Alliance en Jésus, dans l’exercice de l’Amour, et plus particulièrement lorsque nous ne sommes pas aimés ou lorsque nous n’aimons pas. C’est finalement la question essentielle qui nous est posée en ce jour : comment aimer lorsque c’est difficile ?

La deuxième et la première lecture nous donnent des éléments, fondamentaux et très importants. Je les reprends. Dans la deuxième lecture, St Paul affirme que tout homme est le sanctuaire de Dieu : « Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu ? (…) si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. » Ce qui fonde le respect et l’amour que nous devons porter à tout homme, c’est le fait que tout homme est le sanctuaire de Dieu. Ne pas aimer une personne revient à ne pas aimer le sanctuaire de Dieu, et donc revient à manquer d’amour à Dieu. Nous ne sommes pas loin de la parole de Jésus : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

La première lecture, tirée du Livre du Lévitique, apporte quant à elle une distinction essentielle entre les actes et la personne : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. » Dieu nous invite à combattre la faute, le péché, à ne pas les aimer, mais Il ne nous invite pas à ne pas aimer la personne. C’est du reste comme cela que Dieu agit envers nous : Il n’aime pas notre péché, nos fautes, mais Il nous aime infiniment, malgré notre péché. Jésus n’a cessé de montrer qu’Il aimait les personnes sans aimer le péché commis. A sa suite, l’Eglise distingue toujours la personne du péché, les actes de la personne. Une personne n’est jamais réductible à son péché. Voici un élément fondamental à garder en tête, surtout avec toutes les questions sociétales que nous rencontrons aujourd’hui, où l’on a tôt fait de caricaturer ce que va dire l’Eglise sur telle ou telle Loi, en disant que l’Eglise rejette les personnes. C’est absolument faux ! Dans l’amour de l’autre, nous avons un premier travail à faire : distinguons, lorsque nous n’aimons pas ou lorsque nous avons du mal à aimer telle ou telle personne, distinguons bien ce que nous avons du mal à aimer en la personne de la personne en elle-même qui est le « sanctuaire » de Dieu.

Maintenant, comment aimer l’autre que nous pouvons avoir du mal à aimer ? Dit autrement, comment aimer de manière évangélique ? St Thomas d’Aquin peut nous aider lorsqu’il reprend la réflexion d’Aristote sur l’amour du prochain. St Thomas nous dira qu’aimer l’autre, c’est vouloir son Bien. Nous sommes près de la parole de Jésus entendue dans l’Evangile : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. » Jésus ne nous invite pas à nous faire gifler bêtement, mais Il nous invite à reproposer d’une autre manière ce qui aura été refusé une première fois, autrement dit, à redonner toujours une autre chance à celui qui aura refusé ce que nous lui demandions ou proposions. Aimer, c’est vouloir le bien de l’autre…nous sommes loin de l’amour vu seulement sous l’angle affectif. Aujourd’hui, nous réduisons l’amour au fait d’avoir des sentiments pour une personne ; nous enfermons l’amour dans une dimension exclusivement affective. Mais l’amour a une dimension spirituelle, physique, intellectuelle et affective. Souvenons-nous de la parole de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur (dimension affective), de toute ton âme (dimension spirituelle), de tout ton esprit (dimension intellectuelle) et de toute ta force (dimension physique) ».

Lorsque nous avons du mal à apprécier une personne, prions pour son bien. Confions-la à Dieu, source de tout bien et demandons à Dieu d’arriver à mieux aimer cette personne. Ce sera déjà un énorme progrès.

Cette manière d’aimer nous aidera à aimer comme Dieu. L’amour de Dieu est un Amour inconditionnel, qui ne se donne pas en fonction de ce que nous-mêmes nous donnons : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever le soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et les injustes. » Pour aimer gratuitement comme Dieu, il faut aimer sans attendre de retour ; en fait il faut aimer Dieu dans la personne. Il faut aimer généreusement, pas de manière comptable, calculée ou par intérêt. Pour aimer comme Dieu, il faut regarder comme Dieu et pour cela il faut regarder Jésus. Le meilleur lieu pour apprendre à aimer comme Dieu est l’Adoration du St Sacrement. Dans l’Adoration, notre regard est absorbé et transformé dans le regard de Dieu ; nos pensées, nos motus, nos mouvements intérieurs, nos pulsions, sont purifiés en ceux de Dieu ; notre cœur devient comme celui de Jésus, et nous finissons par aimer comme Jésus. N’hésitons pas à confier à Jésus dans l’Adoration du St Sacrement toutes les personnes que nous n’arrivons pas à aimer. Je rappelle à cet effet qu’en dehors des différents temps d’Adoration du St Sacrement proposés sur la paroisse, l’Adoration du St Sacrement est proposée de manière permanente du Jeudi 19h30 jusqu’au Vendredi 18h30 à la collégiale. On se laisse transformer par ce que l’on regarde (pour le meilleur comme pour le pire)! En regardant Jésus, nous deviendrons comme Jésus.

Réussir à aimer évangéliquement ceux que nous avons du mal à aimer, ceux qui ne nous aiment pas ou ceux qui nous ont fait du mal sera un témoignage éloquent de notre propre relation à Jésus. Une communauté paroissiale qui parvient, au-delà des différences de points de vue, de sensibilité, d’opinions, à s’aimer évangéliquement devient capable d’être missionnaire et d’attirer du monde. C’est cette grâce que nous pouvons implorer de Jésus lui-même qui, s’Il nous la donne, ne le fera pourtant pas à notre place. La balle est dans le camp de chacun. Amen !

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