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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 7ème Dimanche de Pâques


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7ème Dimanche de Pâques

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père

Frères et sœurs,

Il est assez rare d’entrer dans le cœur de la prière de Jésus. Dans l’Evangile, nous voyons Jésus s’éloigner pour prier ; parfois nous l’entendons prier son Père à voix haute ; parfois encore, nous le voyons enseigner la prière, notamment lorsqu’Il donnera à ses disciples la Prière du Notre-Père. Une autre fois encore, Pierre, Jacques et Jean entreront dans la prière de Jésus lors de l’épisode de la Transfiguration. Mais, jamais il ne nous est donné d’entrer dans la prière de Jésus comme nous le faisons ces jours-ci. Cette belle prière de Jésus, que l’on appelle la Prière Sacerdotale, trouve sa place juste avant que Jésus ne vive la Passion et la Résurrection. En fait, Jésus prépare ses disciples à son départ et Il remet entre les mains du Père sa mission humaine qu’Il achève.

Je voudrais relire avec vous cette prière, non pas dans la perspective du don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte qui approche, mais dans la perspective de la rencontre que nous vivrons tous au terme de notre vie humaine avec Dieu. En fait, à travers cette prière, Jésus nous enseigne comment mourir, comment préparer cette ultime rencontre avec Dieu. Cela peut paraître bizarre à dire, mais nous avons à préparer cette rencontre avec Dieu au cours de notre vie terrestre. Bien souvent, on a peur de la mort, on esquive la question, la perspective de la mort. D’ailleurs, vous aurez remarqué combien la situation que nous vivons est paradoxale du point de vue de la mort : nous vivons dans une société qui esquive la question de la mort…et tous les soirs pendant la période de confinement stricte, les médias, derrière le Grand Professeur Salomon, égrenait leur décompte morbide… curieux paradoxe ! Jésus aussi a eu peur de mourir et a demandé à son Père que « cette coupe passe loin de Lui. » Tout cela est normal et très humain. Mais il n’empêche qu’il nous faut préparer cette rencontre, parce que pour nous la mort ne se limite pas qu’à la fin de la vie humaine, mais elle est une rencontre avec Dieu et l’entrée dans la vie éternelle, la vie divine. Et cette rencontre est tout d’abord cause de joie. Bien sûr, cela n’enlève pas l’angoisse de la mort. Mais, dit autrement, au-delà de la mort, la rencontre avec Dieu devrait nous réjouir. C’est ce que Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, parce que je vais vers le Père et que le Père est plus grand que moi. » Pensons à cela : est-ce que nous nous réjouissons de la rencontre avec Dieu ou pas tellement ?

Dans la prière de Jésus, il y a deux mouvements. Jésus remet sa mission entre les mains de son Père : « Moi, je t’ai glorifié sur la Terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. (…) J’ai fait connaître ton nom aux hommes. » Demandons nous nous aussi ce que nous allons apporter à Dieu. Soyons heureux de lui apporter les talents qu’Il nous a donnés et que nous aurons multipliés. Soyons heureux de lui apporter l’Amour que nous aurons donné tout au long de notre vie. Et puis, pour ce qui aura été raté, pas complètement accompli, eh bien, confions-nous à sa miséricorde. St Jean dit : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et Il connaît toutes choses. »

« J’ai fait connaître ton Nom aux hommes »…Comment faisons-nous connaître son Nom autour de nous ? Quels baptisés avons-nous été ? quelle ardeur missionnaire nous a habités ? Profitons d’être sur terre pour préparer cette rencontre dans la sérénité, pas dans la peur.

Et puis, dans la prière de Jésus, il y a un deuxième mouvement : Jésus prie pour ses disciples, pour chacun de nous. « Je prie pour eux. Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés. » Bien sûr, il est bon de penser que chacun de nous a sa place dans la prière de Jésus. Nous pensons bien plus souvent au fait que nous, nous prions Jésus ; mais, pensons aussi que Jésus a prié pour nous, personnellement, pour que nous soyons préservés du monde qui nous assimile à lui. Notre rapport au monde est particulier : nous sommes dans le monde sans être du monde. L’Ascension de Jésus nous tire, nous attire vers le Ciel, où, par son humanité ressuscitée, et maintenant glorifiée, nous entrons déjà avec Lui et par Lui. Le monde ne doit pas être vu comme un ennemi, comme une menace, mais comme un lieu à évangéliser, un lieu qui nous attend. Mais si nous oublions que nous ne sommes pas du monde, si nous perdons cette juste distance avec lui, si nous nous laissons assimiler par le monde, par ses manières de penser, de vivre, alors nous serons absorbés et soumis à lui. L’Eglise ne sera qu’une caisse de résonance des idéologies qui se répandent dans le monde. C’est ce que parfois elle est devenue. Profitons de la fête de la Pentecôte et d’un don renouvelé de l’Esprit-Saint à l’Eglise, pour implorer et accueillir la liberté, don de Dieu, par rapport au monde. Une juste distance avec ce dernier nous permettra d’évangéliser et d’apporter le Christ au monde ainsi que la lumière de la foi. Si notre dynamisme missionnaire patine, si nos communautés ne sont plus forcément croissantes, c’est en partie parce que nous sommes trop souvent dépendants du monde et de ses manières de penser et qu’en fait, nous ne lui apportons plus rien !

Frères et Sœurs, la préparation de la rencontre avec Dieu doit être une belle chose. Reconnaissons que nous avons besoin de l’Esprit de Dieu pour vivre correctement ici-bas, pour nous aider dans nos devoirs d’état : d’époux, d’épouse, de père, de mère. Reconnaissons que nous avons besoin de cet Esprit de Vie, d’Amour, de liberté pour transformer notre vie. Prions aussi pour tous ceux qui ont perdu le goût de vivre, qui sont déçus ou qui vivent cette vie comme des morts-vivants. Préparons-nous, à l’école de Marie, à accueillir l’Esprit de Vie, l’Esprit du Ressuscité. Amen !

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