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Homélie du 6ème Dimanche du Temps ordinaire


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 6ème Dimanche du Temps ordinaire

« Si tu le veux, tu peux me purifier. »

 


Frères et sœurs,

 

            Nous ne pouvons que nous laisser saisir par la simplicité de cette scène que Jésus a vécu des centaines de fois dans ses 3 années de ministère. La demande du lépreux est simple ; la réponse de Jésus tout autant et le malade est exaucé. Quelle heureuse coïncidence que nous méditions cette scène le jour où un certain nombre de nos frères et sœurs vont recevoir le sacrement que Jésus a le plus célébré tout au long de son ministère public : le sacrement des malades. Mais, au-delà du sacrement des malades, tous, par le péché qui nous marque, nous sommes des lépreux que Jésus vient guérir, si nous le Lui demandons et si nous Le laissons faire.

 

            Je voudrais donc commencer par regarder avec vous la demande du lépreux. Son attitude montre la foi profonde qui l’anime. Il s’approche de Jésus et se met à genoux. La position à genoux n’est pas l’expression d’un simple respect ; elle dit plus. Elle dit la conscience que le lépreux a que Jésus est Dieu. D’ailleurs, St Luc qui rapporte la même scène ajoute l’apostrophe « Seigneur » à la demande du lépreux. Le terme « Seigneur » traduit bien la divinité ; c’est ce mot que nous retrouvons en grec Kyrie ou en latin Dominus. L’attitude du lépreux, la manière de parler, nous dit bien que le lépreux a conscience qu’à travers Jésus, il s’adresse à Dieu. Il a donc la foi.

            Passons maintenant à sa demande, saisissante de simplicité et de profondeur : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Toute sa foi est exprimée dans cette simple demande. Il sait que Jésus peut tout, il le croit et il accepte de s’en remettre totalement à la volonté de Jésus : « Si tu le veux. » Il ne dit pas : « Seigneur, guéris-moi », il ne donne pas d’ordre. Il ne dit pas : « J’aimerais bien que tu me guérisses. » Et dans la même ligne, il ne marchande pas avec Dieu comme nous le faisons trop souvent dans des prières trop calculées et pas suffisamment gratuites. Pour comprendre jusqu’où sa foi pousse sa demande, il faut penser qu’il accepte de dépendre de ce que Jésus décidera. En fait, il s’est dessaisi de sa demande, totalement. Sa foi le pousse à ne pas reprendre ce qu’il a déposé aux pieds de Jésus.

            Sa demande nous édifie au moins sur deux points. Tout d’abord, elle doit nous inviter à simplifier notre prière, à la purifier et surtout à l’habiter de notre foi. La foi porte la relation à Dieu. Plus notre foi est forte, plus notre prière le sera et plus Dieu pourra déjà agir en nous.

Puis, dans le cas où nous ne sommes pas porteurs d’une maladie qui motiverait une telle demande à Jésus, sa prière doit nous inviter à demander simplement et avec foi la guérison du péché. Pas simplement parce que l’on sait que le péché n’est pas bien ou encore parce que nous nous sentirions mal d’avoir péché, mais avant tout parce que le péché nous empêche d’aimer comme il faut et de faire le bien. Le péché doit être combattu non pas d’abord parce qu’il est mal, mais d’abord pour le bien qu’il empêche d’atteindre.

            J’en viens maintenant à la réponse de Jésus, tout aussi simple que la demande du lépreux : « Je le veux, sois purifié. » À cette parole, Jésus ajoute un geste : Il étend la main et Il le touche. Une parole, un geste qui touche, nous avons ici un sacrement. Les sacrements, tous institués par Jésus, sont toujours composés de deux éléments : une parole, d’origine divine, parce que dite par Jésus et que la Parole de Jésus est la Parole de Dieu qui réalise ce qu’elle dit ; et un geste, un toucher, qui vient rejoindre le corps qui souffre. La Parole divine touche notre âme ; le geste notre corps. Le sacrement touche notre être tout entier : l’âme et le corps. Institués par Jésus, les sacrements ont été transmis par Lui à l’Église qui continue, en Son Nom, à les administrer.

            Frères et sœurs, il est important de nous redire que les sacrements ne sont pas seulement des rites, fussent-ils institués par Jésus, mais ils sont des touchers de Dieu sur notre humanité blessée. Ainsi en va-t-il du baptême qui nous fait le don de la vie de Dieu ; ainsi en va-t-il de la Confirmation qui vient affermir la foi reçue au jour de notre baptême, de la Communion qui nous donne Jésus lui-même, de la confession qui nous donne le pardon de Dieu, du sacrement des malades qui nous donne la force de Jésus pour combattre le mal sous toutes ses formes (physique, psychique, spirituel), du sacrement du mariage qui fait de l’union de l’homme et de la femme le signe et l’actualisation de l’Alliance entre Dieu et les hommes, du sacrement de l’ordination qui donne des successeurs aux Apôtres pour servir le Peuple de Dieu dans l’Église. Les sacrements sont vraiment le Trésor que Jésus a confié à son Église pour qu’elle fasse le bien. Ils constituent le moyen ordinaire par lequel Dieu veut nous sauver et nous donner sa grâce.

            Frères et sœurs, il faut faire attention à ceci aujourd’hui. Il existe une tendance actuelle chez les Catholiques qui consiste à relativiser les sacrements en disant que Dieu, tout puissant, peut agir en dehors des sacrements, ce qui est vrai, et que du coup les sacrements ne sont pas nécessaires au salut, ce qui est faux. Le moyen ordinaire du Salut, voulu par Dieu, est les sacrements. Mais le moyen ordinaire n’exclut pas de la Puissance de Dieu des moyens extra-ordinaires. Il faut tenir les deux, mais sans mettre l’un à la place de l’autre. Je vous donne un exemple de cette dérive actuelle. Dans la mouvance protestante d’un homme qui a réfléchi au dynamisme pastoral dans l’Église, le pasteur Rick Warren, s’est élaborée la théorie des 5 essentiels, théorie pas fausse et tirée des Actes des Apôtres. Cette théorie consiste à dire que la vie chrétienne repose sur 5 éléments essentiels que sont la vie fraternelle, l’évangélisation, la formation, la prière et le service des autres. S’il y a des intuitions intéressantes et des pistes de croissance à reprendre, il est dommage de voir un grand nombre de diocèses, et parfois d’évêques en tête, courir derrière cette théorie qui a l’aspect de la nouveauté comme si cette dernière donnait la solution miracle pour l’évangélisation aujourd’hui. Cette théorie, si séduisante soit-elle,  met de côté les sacrements que Jésus nous a donnés. Alors, oui, le fondateur de cette théorie est protestant et cette théorie est cohérente avec sa foi, il n’y a rien à redire ; mais, pour des catholiques, elle fait l’impasse sur un des plus grands dons que Jésus nous a laissé. Prenons garde à la relativisation des sacrements.

 

            Pour terminer, Frères et sœurs, je voudrais attirer votre attention sur la manière de vivre qui caractérise celui qui a rencontré Jésus et qui a été exaucé. Après avoir guéri le lépreux, Jésus l’invite à aller se montrer aux prêtres et à offrir en action de grâce pour sa purification ce que Moïse a prescrit dans la loi. Et Jésus lui dit : « Ta guérison sera pour les gens un témoignage ». Autrement dit, Jésus l’invite à vivre de la manière la plus ordinaire possible en accomplissant ce qui est demandé de manière simple et complète. La guérison opérée par Jésus ne conduit pas à faire des choses extraordinaires, mais à faire de manière plus profonde et parfaite ce que réclame l’ordinaire de nos vies. Même si nous n'avons pas tous été guéris par Jésus comme le lépreux, nous sommes déjà sauvés par le salut que Jésus nous offre. Et ce salut offert gratuitement, donné par le sacrement du baptême, doit nous inviter à vivre de manière encore plus parfaite l’ordinaire de notre vie. Saint-Paul le dit aux Corinthiens dans la deuxième lecture : « Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu. » La vie de celui qui a été touché par Jésus doit être orientée vers la recherche de la gloire de Dieu. Le secret de cette vie transformée, et qui devient appelante, réside dans la communion avec Jésus. À nouveau Saint-Paul le dit aux Corinthiens : « En toute circonstance, je tâche de m’adapter à tout le monde; je ne recherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. »

 

            Frères et sœurs, au cours de cette messe, prions particulièrement pour tous les malades que nous connaissons, pour tous ceux qui reçoivent la visite de Jésus dans le sacrement des malades. Demandons la grâce à Jésus que notre vie soit réellement modelée par une rencontre authentique vécue avec Lui et par une communion féconde avec Lui. Alors notre vie deviendra un témoignage. Amen !

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