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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 6ème Dimanche du Temps ordinaire


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6ème Dimanche du Temps ordinaire « Je le veux, sois purifié. »

Frères et sœurs,

Les prises d’aubes prévues, les étapes de baptême vécues en début de messe m’ont fait préparer une homélie assez courte. Nous entendons ce dimanche un nouveau récit de guérison de Jésus. Jésus guérit un lépreux à travers un geste et une parole. Cela fait déjà deux dimanches que nous méditons sur les guérisons de Jésus, sur l’existence du mal et sur l’action des sacrements.

Je voudrais juste aujourd’hui, de manière très simple, évoquer trois réflexions issues de ce nouveau récit de guérison.


Tout d’abord, nous voyons Jésus « saisi de compassion » comme nous dit l’évangéliste. Jésus prend soin de la vie. Cela doit nous amener à réfléchir à l’heure où des pressions se font de toute part pour permettre, autoriser le choix de la mort. Donner la mort à un être humain, comme à un bébé, ne peut jamais être une solution satisfaisante. À la suite de Jésus, les chrétiens sont appelés à prendre soin de la vie, comme on aime à le dire aujourd’hui. Combien d’œuvres sociales, médicales, hospitalières, caritatives ont vu le jour grâce à l’Église ! La vie est toujours un bien à protéger, à soigner, même quand elle est diminuée, blessée ou non voulue. Alors bien sûr, nous connaissons les techniques employées. On nous sortira des sondages pour montrer que l’opinion a évolué ; que le législateur est en retard sur une réalité qui le précède. On nous sortira quelques exemples malheureux, particuliers, pour instrumentaliser la réflexion. Mettons nos pas dans ceux de Jésus qui se penche sur toutes les vies abîmées, défigurées, blessées. La mort n’a jamais été la solution. Si tout le monde n’est pas médecin, soignant, nous pouvons tous prendre des nouvelles des malades que nous connaissons, leur témoigner notre affection, notre soutien spirituel. Jésus a pris soin des malades ; faisons de même.

La première lecture évoquait la loi relative aux lépreux. On a toujours très vite dit que c’était une loi d’exclusion. Certes…je pense que le contexte épidémique actuel nous révèle un autre aspect de cette Loi qui était d’éviter les contaminations en isolant les malades. Cet isolement nous interroge sur la souffrance que ressentent tous ceux qui se sont atteints par la maladie. Comment pouvons-nous les rejoindre ? Comment les aider à ne pas se sentir seuls ? Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer pas mal de suggestions, notamment à la faveur de l’épidémie. Je pense qu’il y en a une qui est à redire et qui nous fait beaucoup défaut aujourd’hui : c’est le fait de développer et de nourrir notre vie intérieure. Par le baptême, nous recevons en nous l’habitation de la Sainte Trinité. Par le sacrement de la Communion, nous accueillons Jésus en nous. Lorsque nous prions, plus que de faire venir Jésus en nous, nous Le laissons prier en nous à travers nous. Notre vie intérieure est marquée par la vie de Dieu en nous. La vie de prière, la vie sacramentelle ne sont pas seulement des moyens de nous ouvrir à Dieu, mais elles sont surtout des occasions de laisser vivre, grandir et s’épanouir Jésus en nous. L’Écriture nous montre un exemple de vie intérieure vraie, ‘vivante’ pardonnez-moi le pléonasme…il s’agit de la Sainte Vierge. Lors de l’Annonciation, nous voyons que Marie connaît très bien l’Écriture sainte puisque qu’elle va reprendre presque mot pour mot la prière d’action de grâce d’Anne qui remerciait le Seigneur pour la naissance de Samuel. Marie vivait déjà de Dieu, de l’histoire de son peuple avec Dieu. Elle récapitule et actualise en elle en quelque sorte l’histoire de l’Ancien Testament. Nous serons moins seuls dans notre vie, moins isolés, si notre vie intérieure est réellement vivante, ouverte à Dieu et à Jésus. Un peu comme les moines qui, bien qu’en clôture, laissent le Christ vivre en eux, si bien qu’ils sont infiniment proches de notre monde et des hommes. Notre vie intérieure se résume-t-elle à laisser de la place à Dieu dans notre vie de tous les jours ou bien est-elle le lieu où Dieu s’épanouit en nous? Voici une bonne question à se poser avant le Carême.

Enfin, je m’arrête sur un élément que l’on retrouve depuis 3 dimanches après chaque récit de guérison : Jésus ordonne le silence à celui qu’Il a guéri. Aujourd’hui : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. » Dimanche dernier : « Il empêchait les démons de parler parce qu’ils savaient, eux, qui Il était. »

Pourquoi Jésus intime-t-Il le silence ? La première raison qui vient à l’esprit est la question de l’humilité. Jésus n’est pas venu pour qu’on parle de Lui, pour que l’on vante ce qu’Il fait. Si Jésus s’était comporté ainsi, on l’aurait accusé d’être orgueilleux, de se mettre en avant. Or Jésus est venu pour révéler Dieu, annoncer le Royaume de Dieu, libérer les hommes de l’emprise du péché en scellant entre Dieu et les hommes une Alliance parfaite et définitive. Les miracles ne sont présents que pour attester la divinité de Jésus, mais le principal est le salut offert en Jésus, pas ses miracles. La deuxième raison est que ce n’est pas encore le temps de reconnaitre le Messie. Lors des récits que nous entendons en ce moment, nous sommes au début du ministère public de Jésus. Si les miracles révèlent la divinité de Jésus, le plus haut moment de la Révélation sera au moment de la Passion. Les cœurs, les temps, ne sont pas encore prêts pour reconnaître le Messie. À ce moment de l’Évangile, Jésus n’a pas encore fait ce qu’il doit faire pour former ses disciples. Il y a un temps pour tout : le temps de la reconnaissance du Messie n’est pas encore arrivé. Il peut y avoir encore une autre raison au silence demandé par Jésus. C’est que lorsque Dieu nous fait une grâce (comme la guérison), nous avons besoin de temps pour nous l’approprier. L’œuvre de Dieu s’accomplit toujours dans le temps, jamais dans la précipitation ou dans l’immédiateté.

Frères et sœurs, portons dans notre prière tous ceux sont malades, qui demandent une guérison. Prions pour tous nos frères et sœurs qui reçoivent en ce moment le sacrement des malades. Rendons grâce avec eux pour l’œuvre que Dieu accomplit en eux. Amen !

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