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Homélie du 6ème Dimanche de Pâques


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6ème Dimanche de Pâques

 « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. »

 


Frères et sœurs,

 

            Ce n’est pas un hasard si l’Église nous donne à méditer le commandement nouveau que Jésus nous a laissé, celui de l’amour, pendant ce temps pascal : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé. Demeurez dans mon amour. » Pourquoi ce commandement de l’Amour nous est-il donné comme un approfondissement du temps pascal où nous nous approprions le mystère de la Résurrection de Jésus ? C’est qu’il y a un lien profond entre l’Amour et la Résurrection de Jésus. Il s’agit même d’un lien réciproque : la Résurrection est une manifestation de l’Amour de Dieu ; on pourrait même dire que la Résurrection de Jésus est la plus haute manifestation de l’Amour de Dieu. Et d’un autre côté, l’Amour permet au Ressuscité de se manifester, d’être présent. Les récits des apparitions du Ressuscité nous montrent cette particularité qui est que Jésus est tout d’un coup au milieu des siens, alors que personne ne L’a vu arriver. Comment peut-Il être présent parmi nous ? parmi deux ou trois réunis en son Nom ? dans l’Écriture ? Par l’amour. Une très ancienne hymne chantée lors du lavement des pieds le Jeudi Saint dit : « Ubi caritas et amor, Deus ibi est. » Benoît XVI avait repris cette parole de St Jean pour le titre d’une encyclique : « Deus caritas est ». Lorsque nous choisissons d’aimer, nous faisons advenir Jésus ressuscité. Pas seulement lorsque nous aimons et que l’amour est réciproque, mais lorsque nous choisissons d’aimer l’autre qui n’est pas forcément aimable, alors nous faisons advenir le Ressuscité. La charité consiste aussi à supporter les défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses, à se laisser édifier des plus petits actes qu’on les voit pratiquer. De la qualité de l’Amour que nous mettons en œuvre dans notre vie, dépend la manifestation de Jésus Ressuscité. Ceci est valable pour tous : aussi bien dans le mariage, que dans l’amitié, que dans les relations de la vie de tous les jours, le voisinage, le travail etc…

 

            Pour manifester cet Amour, Jésus nous donne deux conditions : demeurer dans son Amour et nous donner : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » nous dit Jésus et : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Ces deux caractéristiques, demeurer dans l’Amour de Dieu et se donner, sont possibles par l’Eucharistie, par la Communion et par l’Adoration du Saint Sacrement. La Communion au Corps du Christ fait entrer Jésus dans tout notre être, dans toute notre vie, et en même temps elle nous agrège à Jésus, au Corps du Christ. On peut reprendre l’image de la Vigne qui précède le passage d’Évangile que nous méditons ; dans la vigne, nous comprenons que c’est la même sève qui coule du cep jusqu’aux sarments. Il en est de même entre nous et Jésus par l’Eucharistie ; grâce à cette dernière, c’est la même sève divine qui coule en nous et qui réalise et nous agrège au Corps du Christ qui fait de nous, pourrait-on dire, le Corps du Christ. L’unité construite et réalisée par l’Eucharistie est bien plus profonde qu’une simple convergence d’opinions ou de mêmes goûts partagés. Elle est à ce point solide qu’elle permet l’existence des différences et de la diversité.

Le deuxième effet de l’Eucharistie, en plus de faire demeurer Dieu en nous et nous en Dieu, est de nous pousser à nous donner comme l’a fait Jésus. Jésus s’est donné totalement humainement dans son sacrifice pascal, dans sa mort sur la croix, et Il s’est donné une deuxième fois, par anticipation, sous la forme du Pain consacré lors de la Sainte Cène. Lorsque nous communions au Corps du Christ, nous recevons le même principe et la même force de don. Nous sommes appelés à devenir des êtres eucharistiques, qui vivent de l’Eucharistie et qui sont transformés par l’Eucharistie.

La conséquence de cette transformation eucharistique est que notre relation à Dieu est entièrement transformée parce que nous partageons la même intimité avec Dieu. De la sorte, Jésus peut dire qu’Il nous appelle « amis » parce qu’Il ne garde rien pour Lui, mais nous donne tout, tout ce qu’Il a, tout ce qu’Il est. Frères et sœurs, en transformant notre relation à Dieu, l’Eucharistie transforme également nos relations les uns envers les autres ; elle parfait notre amour, dans le mariage, dans l’amitié, dans nos relations en général ; elle restaure et répare les relations abîmées. Ce n’est pas un hasard si Jésus parle Lui-même d’amitié ; c’est qu’Il est la véritable clé de l’amitié, mettant en quelque sorte sur un pied d’égalité, grâce à sa personne, Dieu avec l’homme. Jésus transforme les relations en abolissant les différences de statut ; il donne la possibilité aux amitiés naturelles de devenir surnaturelles, aux amitiés humaines de devenir divines ; Il sublime l’amour humain en amour divin. 

 

L’autre conséquence que je tire du don de l’Eucharistie, c’est qu’elle permet la fécondité divine selon les paroles de Jésus : « Alors, tout ce que vous demanderez au Père en Mon nom, Il vous le donnera. » Nous comprenons en effet que si c’est Jésus, par l’Amour, qui habite nos relations, c’est alors Lui qui agit, avec sa force, avec sa fécondité en nous. Frères et sœurs, cela nous amène à réfléchir à notre manière de prier et de prier à plusieurs. Tout d’abord, cela nous redit le prix et la beauté de la prière à plusieurs. Une prière portée à plusieurs est bien plus forte qu’une prière faite toute seule. Une prière portée par des personnes qui s’estiment et qui s’aiment est encore plus forte et plus puissante. Quel amour avons-nous les uns envers les autres dans nos différents groupes de prière (lectio divina, chapelet, groupe de louange) ? et quel amour avons-nous les uns envers les autres lorsque nous sommes à la messe ? Les blessures, mais aussi les rancoeurs, les jalousies, les défiances, les critiques abîment la charité et la communion des fidèles réunis à la messe. C’est un fléau ! Au contraire, soignons notre estime les uns des autres, soignons l’appréciation des dons des uns et des autres, notre prière n’en sera que plus belle, plus pure, plus forte et plus féconde. C’est cette qualité-là, surnaturelle, qui touchera les cœurs et fera grandir le Corps du Christ qu’est l’Église. Alors, « Tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, Il vous le donnera » selon la parole de Jésus. Amen !

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