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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 6ème Dimanche de Pâques


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6ème Dimanche de Pâques


« Demeurez dans mon amour. »

Frères et sœurs,

Il y a plusieurs manières de comprendre la parole de Jésus « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » Nous pouvons comprendre que Jésus nous aime de la même manière que le Père l’a aimé au sens où Il se donne totalement à nous, comme le Père s’est totalement donné à Jésus ; nous pouvons donc entendre cette parole par rapport à la manière d’aimer ; mais nous pouvons aussi comprendre que ce même Amour qui vient du Père et que Jésus a reçu, Il nous le communique ; alors il ne s’agit plus seulement de la manière d’aimer mais de l’amour en lui-même. Ces deux lectures ne s’opposent pas ; elles se complètent. En nous donnant l’Amour de Dieu, l’Amour qui vient du Père, Jésus nous fait entrer dans l’Amour trinitaire. C’est par Jésus, « le Chemin, la Vérité et la Vie » que nous entrons dans le cœur même de Dieu.

En ce sens, Jésus est Celui qui nous apprend aussi à aimer : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Comment Jésus nous a -t-Il aimés ? en se donnant à nous ! en cherchant d’abord et en premier lieu notre bien. Jésus a toujours fait passer le bien des autres avant le sien. Et nous-mêmes…cherchons-nous le bien des autres avant le nôtre ? Nous faisons tous l’expérience que ce qui nous empêche d’aimer en profondeur, c’est l’amour que nous portons à nous-mêmes, que l’on appelle l’amour propre. L’amour propre s’oppose à l’amour des autres, alors que Jésus nous appelle à aimer les autres comme nous-mêmes : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » dira-t-Il à ses disciples. Dans cette parole, Jésus met les deux amours en équivalence, tout en plaçant l’amour du prochain en premier. En effet, Jésus dit bien : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », et non « tu t’aimeras toi-même comme ton prochain. » Aimer les autres comme Jésus nous a aimés, c’est non seulement chercher leur bien, mais c’est aussi chercher à comprendre, c’est patienter, c’est pardonner, c’est aussi souffrir pour l’autre ou à cause de l’autre, c’est l’aider à être libre, c’est lui donner ce qu’il n’a pas et ce dont il a besoin ; c’est en fait accepter de passer après l’autre.

Jésus nous apprend aussi que pour aimer, il faut d’abord accepter d’être aimé ; il faut d’abord recevoir. On ne peut pas donner ce que l’on n’a pas reçu. La preuve en est dans les souffrances, les blessures que vivent ceux qui n’ont pas reçu d’amour ou qui ont mal été aimés. Lorsque tout va bien, nous recevons cet amour de la part de nos parents qui nous ont transmis la vie, mais ultimement, nous recevons cet Amour de Dieu. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la parole de Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis. » Nous sommes tous voulus par Dieu, et chacun de nous est aimé de Dieu. C’est à partir de cette élection que nous pouvons répondre à l’amour de Dieu. Que tous ceux qui se demandent s’ils aiment vraiment Dieu, s’interrogent sur la conscience qu’ils ont d’être aimés de Dieu et voulus par Dieu.

Ce matin, je voudrais concentrer la méditation de cet Évangile sur l’invitation que Jésus nous fait à « demeurer dans son Amour. » Comment concrètement demeurer dans l’amour que Dieu nous porte ? Comment demeurer et grandir dans le temps dans cet Amour ? Je vois deux pistes.

La première est de demeurer dans l’Église. Nous pouvons demeurer dans l’amour de Dieu si nous demeurons dans l’Église, puisque l’Église est à la fois l’Épouse du Christ et le Corps du Christ. Mais là, nous pouvons tous expérimenter des difficultés à demeurer dans l’Église et même parfois à aimer l’Église. L’Église a beau être l’Épouse du Christ, le Corps du Christ, elle a beau être sainte, par nature, par vocation, elle est aussi, par sa nature humaine, pècheresse et parfois elle est décevante. Parfois encore, on n’a pas envie de l’aimer. Bien sûr, nous pouvons penser aux scandales de mœurs qui ont entaché le sacerdoce ces dernières décennies, mais aussi aux multiples histoires, parfois magouilles, règlements de compte dans les paroisses. C’est là que la première lecture entendue tout à l’heure a toute sa place, lorsqu’elle nous redit que Dieu agit pleinement dans son Église. Les croyants qui accompagnent Pierre sont stupéfaits de voir que l’Esprit-Saint agit et descend sur les païens de la même manière que sur les Juifs. Pierre comprend, prend acte et décide d’ouvrir le baptême aux païens. Trop souvent, voyez-vous, un regard trop humain, naturel, nous empêche de voir dans l’Église l’institution voulue par Dieu pour nous conduire au Salut. La lecture des Actes des Apôtres que nous faisons de manière continue en ce temps pascal nous montre combien l’Esprit de Dieu habite, vivifie et conduit l’Église à travers tous les méandres de notre humanité. Et finalement, ceux qui conduisent l’Église obéissent à Dieu et l’œuvre de Dieu s’accomplit. Demeurons dans l’amour de Dieu en demeurant dans l’Église et en cherchant d’abord à voir en elle le Corps du Christ livré aux mains des pécheurs.

Il y a une autre aide que Jésus nous a donnée qui nous permet de demeurer dans son Amour et qui nous permet surtout de grandir dans son Amour dans le temps : c’est l’Eucharistie. À travers l’Eucharistie, c’est Jésus qui se donne à son Église, à nous. Ainsi, nous devenons toujours plus le Corps du Christ. En recevant Jésus dans la Sainte Communion, nous recevons au plus profond de nous-mêmes son Amour, sa Vie, qui se développent et grandissent en nous. En nous donnant Jésus, l’Eucharistie nous fait demeurer et grandir dans l’Amour de Dieu. Alors que nous Le recevons, c’est en fait nous-mêmes qui sommes reçus et accueillis en Dieu. En ce sens, soignons notre Communion, aussi bien dans les attitudes physiques montrant le respect, l’Adoration que nous portons à Jésus, que dans la préparation spirituelle : la confession, l’état de grâce, le jeûne eucharistique, le silence sacré, la prière d’action de grâce après la Communion. Profitons aussi de l’Adoration eucharistique proposée sur la Paroisse. Qu’est-ce qu’une heure à donner gratuitement à Jésus alors qu’Il a tout donné pour nous ? et qu’Il nous donnera l’éternité ? Beaucoup encore peuvent venir rejoindre cette grande chaîne de prière dans l’Adoration eucharistique paroissiale : ou bien en prenant un créneau (nous n’allons pas tarder à reprendre les nuits avec la fin progressive du couvre-feu), ou bien en passant prendre un temps d’Adoration. Notre rapport à l’Eucharistie a une conséquence directe sur notre unité, fondée en Jésus et ne reposant pas sur nos points communs, nos goûts similaires ou opinions communes. Notre fidélité à l’Eucharistie nous fera demeurer et grandir dans l’Amour de Dieu.

Frères et sœurs, nous savons que notre manière de vivre entre chrétiens, en Église, est décisive : ou nous sommes des contre-témoignages ou nous donnons envie de nous rejoindre et de connaître Celui qui nous fait vivre. « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » nous laisse Jésus. Il ne nous sera pas possible de nous aimer les uns les autres en vérité si nous ne demeurons pas dans l’Amour de Dieu. Puisons cette grâce de l’Amour, de l’unité et de la fécondité dans l’Eucharistie et la fidélité à l’Église, Corps du Christ Ressuscité. Amen !

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