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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 6ème Dimanche de Pâques


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6ème Dimanche de Pâques

« Moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. »

Frères et sœurs,

Nous entrons maintenant liturgiquement dans le temps de préparation à l’accueil de l’Esprit-Saint. L’Evangile nous rapporte la promesse que Jésus fait à ses Apôtres, à savoir qu’ils recevront l’Esprit-Saint. La première lecture nous rapporte la première administration du sacrement de la confirmation par l’Eglise. Je voudrais méditer avec vous sur cette préparation à l’accueil du don de Dieu, l’Esprit-Saint, à travers la figure de la Sainte Vierge, puisque nous sommes dans le mois de Marie, et puisque nous préparons la consécration de notre paroisse à la Sainte Vierge, consécration qui aura lieu le jour de la Pentecôte.

L’Ecriture Sainte nous rapporte deux effusions de l’Esprit-Saint dans l’histoire de la Révélation. Une au début du Nouveau Testament avec l’épisode de l’Annonciation ; une autre au début de l’histoire de l’Eglise avec l’épisode de la Pentecôte. Ces deux effusions de l’Esprit-Saint ont eu un rôle particulier et déterminant. A l’Annonciation, l’Esprit-Saint prend possession de Marie et féconde en elle le Fils de Dieu, notre Sauveur. Marie accueille l’Esprit de Dieu, non pour elle, mais pour le monde. Jésus se chargera tout au long de sa vie de faire passer sa Mère d’une maternité personnelle, privée, à une maternité ecclésiale. A la Pentecôte, l’Esprit-Saint descend sur l’Eglise et lui donne le dynamisme nécessaire pour évangéliser le monde, en ouvrant largement les frontières du Peuple élu à tous les peuples de la terre.

Ces deux effusions de l’Esprit-Saint mettent en parallèle Marie d’un côté et l’Eglise de l’autre. Marie apparaît ainsi comme la toute première Eglise, qui accueille l’Esprit-Saint et qui apprend à l’Eglise, à le Pentecôte, à accueillir l’Esprit-Saint. Qui d’autre, mieux que Marie, qui l’a accueilli en son sein, peut apprendre à l’Eglise à accueillir l’Esprit-Saint ?

Ce parallèle entre Marie et l’Eglise nous révèle aussi que l’Eglise a une nature profondément féminine, car elle apparait comme Epouse et comme Mère. L’Eglise a par conséquent, par sa nature même, une nature profondément mariale. La dévotion à la Sainte Vierge n’est pas un aspect secondaire qui caractérise la vie en Eglise, elle est encore moins un aspect subjectif qui dépendrait de la sensibilité de chacun, mais elle est l’expression de la nature même de l’Eglise. Pour nous préparer à accueillir l’Esprit-Saint à la Pentecôte, préparons-nous avec Marie. C’est un des objectifs que nous avons voulu honorer dans la Consécration mariale de notre paroisse. Nous souhaitons une Eglise et une paroisse, dynamique, féconde, qui vit dans la mouvance de l’Esprit-Saint ; il n’y a pas mieux que Marie pour nous y aider et pour nous protéger…car qui souhaite accomplir l’œuvre de Dieu, sera nécessairement attaquer par celui qui combat l’œuvre de Dieu. Mais c’est Marie qui écrase la tête du serpent.

Marie nous apprendra à mettre notre vie sous le signe de l’Esprit-Saint. Je voudrais revenir ici sur l’épisode rapporté en première lecture, celui de l’imposition des mains par Pierre et Jean sur les nouveaux baptisés de la Samarie. Il s’agit en fait de la confirmation du baptême, de notre sacrement de la confirmation. L’Ecriture, et à sa suite l’Eglise, nous enseignent que le baptême a besoin d’être confirmé ; sinon il manque aux baptisés la force et le dynamisme de l’Esprit-Saint. Comment s’étonner que nous ayons chez nous, dans notre pays, une Eglise vieillissante, qui ne parvient pas à se rajeunir, à se renouveler, quand on regarde le faible nombre de confirmés. Chez combien de chrétiens, le baptême n’est pas confirmé ? Nécessairement il manque l’Esprit de force, l’Esprit de vérité, qui permettrait aux chrétiens d’être solides dans un monde de plus en plus compliqué, où le bien et le mal s’entrelacent sans arrêt jusque dans notre cœur ! Et l’on s’étonne de voir le nombre de baptêmes chuter d’année en année, le nombre d’enfants catéchisés suivre la même voie, le nombre de pratiquants pareil…jusqu’au point où l’Eglise perd sa liberté de penser dès l’instant qu’elle ne pense pas comme le monde ! Eh oui, les chrétiens ne sont plus solides, parce qu’il leur manque pour beaucoup l’Esprit-Saint ! Mais depuis des années, on ne cesse de faire de la confirmation le sacrement de l’élite, de ceux qui auront eu la chance de continuer à pratiquer ou d’être soutenus par leur famille. M ais combien passent à côté ?

Vivre dans la mouvance de l’Esprit passera nécessairement par la revalorisation du sacrement de la confirmation, comme le sacrement qui confirme le baptême chez tous nos enfants catéchisés, tous, pas une élite de privilégiés, comme le sacrement qui permettra de solidifier le sacrement de mariage, comme le sacrement qui donnera toute sa plénitude aux missions de parrain et de marraine, trop souvent acceptés de manière superficielle.

Vivre dans la mouvance de l’Esprit, c’est aussi accepter de se mettre à l’écoute de l’Esprit-Saint qui, Lui, sait les chemins à ouvrir pour évangéliser notre monde. Là aussi, combien d’initiatives, d’intuitions, de projets sont étouffés par des structures bureaucratiques, au sein même de l’Eglise, trop lourdes. Bien souvent, l’Eglise fonctionne comme une entreprise. Espérons que le confinement, qui aura arrêté nos fonctionnements paroissiaux ordinaires et nous aura appelés à aller à l’essentiel, nous aide à faire du tri et nous permette de nous assouplir et de nous rendre plus dociles aux impulsions de l’Esprit-Saint. Ce ne sont pas de nouvelles structures qui se superposeront aux autres qui nous aideront à mieux évangéliser. Du reste, nous voyons que les projets missionnaires qui portent du fruit ne sont pas issus de commissions de réflexion d’Eglise mais qu’ils jaillissent en dehors de ces structures.

Vivre dans la mouvance de l’Esprit nous aidera aussi à renouveler notre manière de vivre en Eglise. Le déconfinement qui se profile va être l’occasion d’un renouveau de notre vie ecclésiale. Il serait dommage de voir la reprise du culte public et des activités paroissiales comme un retour à avant. On se serait trompé et on sera passé à côté de ce que Dieu nous a donné. Cette épreuve, malheureuse mais permise par Dieu, est source de nouveauté pour nous tous. J’entends beaucoup de personnes manifester une véritable attente de cette nouveauté : dans nos manières de vivre entre nous, en Eglise, en société. Ne perdons pas de vue que le premier lieu de renouveau est en nous. S’il n’est pas d’abord en nous, il devient compliqué, et pas très juste, de l’attendre chez les autres. Tournons-nous vers la Sainte Vierge, afin qu’elle nous aide à accueillir la nouveauté de Dieu dans nos vies. Qu’elle nous aide à accueillir de manière féconde l’Esprit-Saint en nous offrant totalement à Lui. Qu’elle nous aide à vivre la Pentecôte comme un véritable déconfinement de l’Eglise, qui n’aura plus peur de se démarquer du monde lorsqu’elle ne pense pas comme lui. Que Marie nous apprenne à accueillir le renouveau de Dieu en nous. Amen !

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