©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com

 
Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 5 mai


+

3ème Dimanche de Pâques



Frères et sœurs,


En ce troisième dimanche de Pâques, notre méditation de la Parole de Dieu nous emmène à regarder la Résurrection et le Ressuscité à la lumière de l’Amour. Jusqu’ici la liturgie de l’Eglise nous a amenés à reconnaître la présence du Ressuscité lorsque deux ou trois sont réunis en son Nom, dans les Ecritures, dans la fraction du Pain. Aujourd’hui l’Evangile nous apprend autre chose : Jésus Ressuscité se rend présent dans les évènements de notre vie. Quel événement est plus ordinaire pour des pécheurs que d’aller pêcher ? C’est ce qui fait leur quotidien ! Jésus les aborde en leur demandant quelque chose : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Lorsque Dieu se rend présent dans nos vies, c’est toujours en nous demandant quelque chose. Dieu n’impose pas ; Il demande. Lorsqu’Il entre en dialogue avec nous, c’est en se faisant demandeur. Pensons à la Samaritaine : « Peux-tu me donner de l’eau ? » Les disciples confessent la pauvreté de leur pêche. Et alors se reproduit un geste que les disciples ici présents connaissent bien, puisque c’est à travers ce premier miracle que Jésus appelait à sa suite ses premiers disciples. Une deuxième pêche miraculeuse !

Ce qui est intéressant, c’est que Jean, le disciple que Jésus aimait, reconnaît immédiatement Jésus. Tout comme le matin de la Résurrection, Jean était le premier à croire en la Résurrection alors que Pierre restait dubitatif. L’Amour que Jean avait pour Jésus le conduit à reconnaître immédiatement Jésus Ressuscité. J’ai déjà eu l’occasion de dire que la Résurrection, qui est un acte d’amour, le plus grand acte d’amour de Dieu, manifestait la victoire définitive et totale de l’Amour. A nouveau aujourd’hui, nous voyons que l’amour que nous avons permet de conduire à Jésus et de le reconnaitre. Ceci nous interroge, surtout si nous avons des difficultés à reconnaître Jésus dans nos vies : est-ce que nous l’aimons ? est-ce que nous aimons Dieu ? est-ce que nous travaillons à aimer Dieu ? depuis sa Résurrection, Jésus se rend présent dans nos vies en sollicitant notre réponse, en nous appelant à engager notre foi, en nous invitant à l’aimer.

Ceci-dit, cette troisième manifestation du Ressuscité, nous interroge sur la corporéité même du Ressuscité. Jésus a un corps et Il le fait remarquer : Thomas a pu mettre ses doigts dans les trous des clous ; là, Jésus va manger devant eux du pain et du poisson. Il n’est donc pas un fantôme. Son corps est vrai et réel. Mais, toute la difficulté est là : on ne le reconnaît pas. St Jean nous le fait remarquer par deux fois. Une première fois, il nous dit que les disciples ne savaient pas que c’était Jésus ; une deuxième fois : « Ils n’osaient lui demander : ‘Qui es-tu ?’ Ils savaient que c’était le Seigneur. » Là réside toute la complexité de notre foi en la Résurrection. Jésus a un corps qui n’est plus reconnaissable par la vue, par l’odeur, par des critères humains en somme, mais seulement par la foi et par l’Amour. Je vous ferais remarquer que c’est à partir de textes comme ceux-là que l’Eglise fonde l’affirmation de notre foi en la résurrection de la Chair. C’est parce que Jésus est ressuscité avec un corps que nous croyons que nous ressusciterons avec un corps. Comment sera ce corps ? Nous ne savons pas. Serait-ce le corps que nous aurons au moment de notre mort ? un corps de 20 ans ? de 60 ans ? Ce n’est pas comme cela qu’il faut prendre la question parce que nous réfléchissons à partir de critères humains qui ne fonctionneront plus. Notre corps sera un corps « glorieux » dira St Paul, c’est-à-dire, un corps transformé par l’Amour de Dieu, par la puissance de la Résurrection, plus soumis au temps, aux nécessités humaines.

L’Amour qui triomphe dans l’Evénement de la Résurrection, qui nous permet de reconnaître le Ressuscité dans nos vies, est aussi la force qui donne vie et anime la mission de l’Eglise. C’est un des sens que nous pouvons tirer de la triple invitation que Jésus fait à Pierre à enraciner sa mission dans l’Amour de Jésus. A chaque question posée par Jésus, Pierre répond qu’il L’aime. La triple interrogation permet à Pierre de racheter son triple reniement ; mais elle est aussi une invitation à aller toujours plus loin dans l’amour. Cet échange entre Jésus et Pierre nous révèle aussi que la mission de gouvernement dans l’Eglise découle de l’Amour de Dieu pour son peuple. C’est parce que Dieu aime son peuple qu’Il lui donne des bergers pour le conduire. Le gouvernement n’est pas un exercice autoritaire, mais un exercice d’Amour, qui fait grandir les brebis, qui les oriente vers le Bien. Il s’agit d’aimer pour un bien. Les deux verbes grecs illustrent bien cette réalité. St Jean emploie le verbe (aimer d’amitié) et le verbe (aimer à partir de la foi, à partir de Dieu). La mission de l’Eglise recouvre ces deux dimensions de l’amour : l’amour humain et l’amour divin.

Je retiens une dernière remarque de cet échange : c’est que l’amour permet de racheter nos trahisons, notre péché, nos échecs. Il y a ici une invitation à ne pas compter sur nous-mêmes, nos forces, mais sur l’Amour inconditionnel de Dieu qui guérit et relève. La question que Jésus nous pose aujourd’hui est celle-ci : « M’aimes-tu ? » Si nous l’aimons, nous pourrons croire en Lui, Le reconnaître dans notre vie et trouver en Lui notre guérison et notre salut. Amen !

11 vues