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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du +5ème Dimanche du Temps ordinaire


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5ème Dimanche du Temps ordinaire


« Il guérit beaucoup de gens atteints de toute sorte de maladies »

Frères et Sœurs,

Les textes de la liturgie de ce jour abordent un problème auquel nous sommes tous confrontés : c’est celui de l’existence du mal et de la souffrance. La première lecture aborde la question du mal psychique, moral, de la perte du goût de vivre, en somme de la dépression, pourrait-on dire. L’Évangile, lui, aborde la question du mal physique, de la maladie. On ne peut être chrétien sans s’être confrontés à la question du mal, ou plutôt, dit autrement, une foi adulte et mature ne se construit qu’en affrontant la question du mal et en la résolvant. Le mal pose au moins 3 questions : celle de son origine (à cause de quoi), celle du sens (pourquoi), et celle de Dieu.

Du point de vue de l’origine, plusieurs doctrines ont prévalu dans le Judaïsme : la doctrine de la rétribution directe : j’ai péché, donc je souffre en punition. Mais alors se pose la question de l’homme juste, qui n’a pas péché, et qui va souffrir : c’est l’exemple de Job dans l’Ancien Testament. On va alors passer à la doctrine de la rétribution indirecte : j’ai péché, donc ce sont mes descendants qui paieront pour moi et son corollaire : si je souffre, c’est que mes ascendants ont péché et que je paye pour eux. Jésus mettra un terme définitif à ces doctrines, notamment à travers la guérison de l’Aveugle-né en St Jean, lorsqu’il déclarera à ses disciples qui lui demanderont si sa cécité vient de son péché ou de celui de ses parents : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » Ceci-dit, frères et sœurs, qui n’a jamais entendu : « Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » C’est dire combien cette vieille doctrine traine toujours au fond de notre inconscient.

La question de Dieu, quant à elle, est délicate : ou bien nous le rendons responsable du mal que nous subissons, ou bien nous Lui en voulons, Lui qui est tout-puissant, de ne pas intervenir pour nous en protéger, ou bien encore Il devient une aide pour nous aider à porter et à vivre le mal. Si l’Évangile n’explique pas la question du mal, il nous montre en revanche Jésus qui combat le mal et qui nous en délivre. Notre foi commence à devenir mature quand nous voyons en Dieu Celui qui nous rejoint pour porter avec nous le mal.

Reste la question du sens : pourquoi, en vue de quoi ? Cette question est en fait un non-sens. Il n’y aura pas de réponse satisfaisante, mais un chemin s’esquisse dès l’instant que l’on s’ouvre à Dieu. D’une part, seul Dieu a la puissance de faire sortir un bien d’un mal. Il est fréquent qu’après une épreuve on arrive à en voir des fruits sans pour autant aller jusqu’à dire que c’est en vue de ses fruits que nous avons supporté cette épreuve ; d’autre part, parce que Jésus nous apprend que la souffrance peut avoir une fécondité par la Communion que nous vivons avec Lui. C’est tout le mystère de la Croix : à la fois lieu du mal et de la mort et lieu de la Vie et passage pour la Résurrection. La souffrance, le mal supporté, vécus en communion avec Jésus permettent de donner un sens à la souffrance. Je peux choisir de l’offrir pour telle ou telle personne, telle ou telle cause.

La réponse de Dieu à la question du mal est en Jésus. Jésus est à la fois le malade, celui qui va porter notre mal, le médecin et le médicament. S’il n’explique pas la cause du mal, Il le transforme de l’intérieur pour en faire un lieu de fécondité et de vie. Dans l’épisode de l’Aveugle-né, évoqué plus haut, Jésus répond aux disciples : « Ni lui, ni ses parents n’ont pêché. C’est pour que soit manifestée l’œuvre de Dieu. » Par rapport à la question du mal et de Dieu, nous avons tous une conversion à vivre : nous avons à découvrir que Jésus n’empêche pas le mal, mais Il le porte, le supporte pour en triompher. Jésus n’a jamais ni cautionné ni excusé le mal. Il le combat. Ce combat aujourd’hui passe par les sacrements qui continuent d’agir au Nom de Jésus. Le sacrement des malades est celui que Jésus a le plus administré, avec celui de la confession. Nous voyons bien dans l’Évangile combien ces deux sacrements sont liés parce que le mal a son origine première dans le péché. Jésus nous révèle le lien profond qui les lie. Si l’on peut dire que le sacrement de la confession guérit l’âme et celui des malades le corps, le sacrement de la confession a également une incidence sur le corps comme celui des malades sur l’âme, l’âme et le corps étant intimement liés entre eux. Ces deux sacrements de guérison prolongent l’action de Jésus auprès de ceux qui sont malades. Frères et sœurs, si vous vous préparez à recevoir le sacrement des malades, n’oubliez pas de vous confesser auparavant. La grâce du sacrement de la confession vient préparer notre être à la grâce du sacrement des malades et permet ainsi à Jésus d’agir plus efficacement en nous. De même, notre lien à l’Église est important. Dans l’Évangile, Jésus guérit dans la maison de Pierre. Nous pouvons lire ceci de manière symbolique : Jésus guérit toujours dans la maison de Pierre, c’est-à-dire, dans l’Église. Cela ne veut pas dire qu’Il ne peut pas le faire en dehors ; cela veut dire qu’Il guérit principalement à travers les sacrements.

D’une manière plus générale, nous qui, en vertu de notre baptême, participons au combat de Jésus contre le mal et qui pouvons nous révolter contre l’emprise du mal dans nos cœurs, nos vies, notre monde, ne perdons pas de vue que nous pouvons tous lutter contre le mal en luttant d’abord contre le péché.

En ce dimanche, proche de la fête de Notre-Dame de Lourdes où l’Église prie habituellement pour les malades, prions pour tous ceux qui luttent contre la maladie ; prions pour tout le personnel soignant qui se dévoue auprès des malades, sans oublier tous ceux qui soignent : les médecins, les professeurs. Puisse chacun découvrir le Christ dans l’autre : les malades dans le docteur qui les soigne ; les docteurs dans les malades qu’ils soignent. Amen !

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