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Homélie du 5ème Dimanche de Pâques


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5ème Dimanche de Pâques

« Si vous demandez quelque chose à mon père en mon nom, il vous le donnera. »


Frères et sœurs,

La parole de Jésus « Si vous demandez quelque chose à mon père en mon nom, il vous le donnera » pose la question du mystère de l’‘exaucemernt’ de nos prières. Nous faisons tous l’expérience de choses que nous demandons dans notre prière que nous ne recevons pas. Et nous faisons tous l’ expérience de choses que nous ne demandons pas, ou que nous n’osons pas demander, et que nous recevons. La question de la réponse de Dieu à notre prière est un véritable mystère, qui nous dit que Dieu est le seul maître de ce qu’il donne ou de ce qu’il ne donne pas. Ceci dit, dans ce mystère, nous pouvons distinguer quelques lignes directrices.


La première est évoquée dans la collecte de la messe de ce jour : « Inspirez nos pensées pour nous porter vers ce qui est juste et bien ». Dieu veut nous donner les biens les meilleurs pour nous et pour les autres. Si des biens, demandés dans notre prière, ne sont pas réellement des biens, ou causent du tort à nous-mêmes ou à d’autres personnes, le Seigneur ne nous les donnera pas. La parole de Jésus entendue dans l’Évangile précise le fait de demander ; il s’agit de demander quelque chose « au nom de Jésus ». Nous touchons ici le véritable point fondamental de la relation à Dieu : c’est la question de notre union à lui. Plus une prière est remplie d’amour, plus elle est motivée par l’amour, plus elle sera remplie de Dieu et tout de suite dans le cœur même de Dieu. Par conséquent notre prière ainsi configurée sera puissante sur le cœur de Dieu. Et que dire d’une prière portée par plusieurs personnes unes entre elles par l’amour ? Imaginez sa force ! Je pense particulièrement à la prière en famille, à la prière dans des communautés religieuses dans lesquelles l’amour existe authentiquement et chrétiennement ; je pense aussi à la prière de l’Église. L’Église, pas seulement terrestre, pérégrinante, mais je pense aussi à l’Église unie à l’Église du ciel, avec l’intercession de tous les saints et de la Sainte Vierge. Une prière est toujours plus forte et plus puissante lorsqu’elle est portée à plusieurs, et lorsqu’elle est habitée par l’amour.

Le secret de la beauté de la force de cette prière c’est la communion que nous avons avec Jésus. Plus nous serons unis à Lui, plus nous Le laisserons vivre en nous pour être nous-mêmes davantage en Lui. Nous sommes en effet appelés à mourir à nous-mêmes pour vivre en Dieu. Cette communion que nous sommes appelés à vivre, nous la vivons de manière imparfaite ici-bas sur terre, mais nous la vivrons de manière parfaite au ciel.


C’est une des grâces du temps pascal que de nous permettre de parfaire notre communion avec Jésus. Précisément, le temps qui s’écoule entre la résurrection de Jésus et son ascension, est le temps où les disciples, l’église, sont appelés à passer d’une relation avec Jésus humain (relation qui repose sur le contact direct et immédiat) à une relation qui passe désormais par la communion et par l’amour. L’exemple du disciple bien-aimé de Jésus, Saint-Jean, est à ce titre éloquent. Saint-Jean est le disciple de l’amour ; celui qui a le cœur pur. Et il est effectivement celui qui accède le plus rapidement est le plus naturellement à la Résurrection. Parce que la Résurrection est fondamentalement un événement d’amour, elle est la manifestation et la victoire de l’amour tout-puissant de Dieu. L’amour mis en œuvre dans notre vie a un lien intime, essentiel et direct avec la Résurrection. C’est la raison pour laquelle Saint-Jean croit tout de suite que Jésus est ressuscité. Avec l’Ascension, s’achève le mode de présence de Jésus dans son humanité ressuscitée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle traditionnellement l’Église mettait les premières communions lors de la fête de l’Ascension. Au moment où nous fêtons le retour de Jésus vers son Père au ciel, l’Église réaffirme que Jésus est toujours présent dans le Saint-Sacrement. Ce temps pascal est pour nous l’occasion d’approfondir et de travailler notre communion avec Jésus, imparfaite ici-bas, parfaite au ciel.


La communion avec Jésus aura pour conséquence qu’elle nous donnera la force de mettre en acte notre foi comme nous y invite l’Apôtre Saint-Jacques dans l’épître. Si nous regardons Jésus dans l’Évangile, Jésus a parlé et agi. Et à la fin de sa vie, Il ne parle quasiment plus, mais Il agit de manière suprême en se donnant totalement. Notre propre foi repose sur l’équilibre et la cohérence entre ce que nous disons est ce que nous faisons. Les deux sont évidemment importants, mais les choses sont ainsi faites, que ce que nous faisons vérifiera et authentifieras ce que nous disons. Nous trouvons de grands exemples de ce principe dans la vie des saints. Aujourd’hui, j’évoque volontiers la figure de Sainte Jeanne d’Arc que nous commémorons dans ces jours-ci. Sainte Jeanne d’Arc a peu dit, mais elle a beaucoup fait. Ses actes ont eu plus de valeur et de poids que ses paroles.

Plus nous serons en communion avec Jésus, plus notre témoignage de vie sera fécond et puissant, et plus nous serons les disciples, les missionnaires dont notre Église a besoin. C’est cette grâce que nous demandons pour nous-mêmes au Seigneur au cours de cette messe. Amen !

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