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Homélie du 5ème Dimanche de Pâques


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5ème Dimanche de Pâques


« Philippe, celui qui m’a vu, a vu le Père. »


Frères et sœurs,

Les paroles de Jésus entendues dans cet Évangile sont très riches d’enseignements. La parole « Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi » nous confirme non seulement la divinité de Jésus mais aussi sa profonde unité avec le Père. Voyez-vous, c’est ce que nous redisons dans le Credo lorsque nous proclamons : « consubstantiel au Père » ; nous disons que Jésus partage la même substance que le Père, c’est-à-dire, la même divinité. Pour autant la question posée par Philippe dans l’Évangile ne concerne pas d’abord la question de l’identité de Jésus, mais elle concerne en premier lieu la question de l’accès à Dieu : « Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » demande Philippe à Jésus. Et Jésus de répondre : « Moi je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. » Jésus nous conduit à Dieu parce qu’Il est Dieu ; plus exactement parce qu’Il est Dieu fait homme pour conduire l’homme à Dieu. En s’incarnant en Jésus, Dieu devient visible, audible, palpable, touchable, proche. Il se laisse toucher, approcher. Quand Jésus parle, Dieu parle. Quand Jésus guérit, Dieu guérit. Jésus nous révèle le visage de Dieu ; Il nous rend Dieu accessible et nous permet d’aller à Dieu.

Il y a plusieurs manières de comprendre la parole de Jésus : « Je suis le chemin. » Il s’agit en tous les cas d’une invitation à être disciple de Jésus, à mettre nos pas dans les siens, à Le suivre. L’Église nous enseigne que cette adhésion peut être explicite (on connait Jésus et on Le suit) ou bien implicite (on ne Le connait pas personnellement, mais on vit en cherchant à faire le Bien, en cherchant à aimer). L’Évangile nous montre qu’il existe différents degrés d’adhésion à Jésus ; et Jésus lui-même dira bien : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

Nous pouvons encore comprendre cette Parole comme une invitation à vivre avec Jésus ce que lui-même va vivre, c’est-à-dire, le passage par la mort. Il est vrai que ces paroles sont prononcées juste avant sa Passion et sa Résurrection. Et logiquement, nous comprenons que pour aller à Dieu, il faut traverser la mort. Celui qui nous ouvre le Chemin pour passer à travers la mort, c’est Jésus.


Si Jésus nous révèle Dieu et nous donne accès à Dieu, se pose alors à nous aujourd’hui la question : comment accéder à Dieu par Jésus, qui n’est plus présent humainement parmi nous ? Nous pouvons accéder à Jésus aujourd’hui par l’Église qui est le Corps du Christ, plus exactement, le Corps mystique du Christ. Je vais revenir sur l’Église, Corps du Christ, qui nous conduit à Jésus plus loin ; mais je voudrais m’arrêter sur deux moyens que nous donne l’Église pour aller à Dieu. Pour être plus précis, je voudrais m’arrêter sur deux moyens que l’Église nous donne pour nous unir à Jésus qui, Lui, nous conduit au Père. Je voudrais parler de l’Adoration et de la liturgie.

Lors de la prière de l’Adoration du St Sacrement, nous regardons Jésus. Un moine bénédiction me disait : « On devient ce que l’on regarde ». En regardant Jésus, on se laisse transformer par Lui et en quelque sorte, on se laisse diviniser. Pensons à cela lorsque nous adorons le St Sacrement : en regardant Jésus, on voit Dieu ; et en étant disponible à Jésus dans l’Adoration, on entend Dieu.

La liturgie quant à elle est le lieu où l’homme et Dieu se rencontrent et se retrouvent. On va à Dieu par ce que l’on voit, par ce que l’on entend, par ce que l’on sent. Jésus s’est incarné. Nous allons également à Dieu par nos sens, par notre cœur et pas seulement avec notre tête et notre intelligence. Plus la liturgie est soignée, plus elle est tournée vers Dieu, plus elle permet une rencontre avec Dieu. Nous avons toujours à faire attention à ce que la liturgie ne rende pas un culte à l’homme, à ce qu’elle ne soit pas l’auto-célébration d’une communauté ou d’un groupe particulier, mais à ce qu’elle nous fasse sortir de nous. C’est précisément le génie de la langue latine, utilisée dans l’Église romaine, que de permettre cette sortie de nous-même pour entrer dans le mystère de Dieu. La musique sacrée elle-aussi a pour but de nous tourner et de nous conduire à Dieu. Et il y a aussi le silence ; le silence sacré, qui apparaît comme un vide, mais qui en réalité est rempli de Dieu qui l’habite de sa plénitude et qui se donne au-delà des paroles.


Au-delà de ces deux moyens que nous donne l’Église pour aller à Dieu, il y a l’Église elle-même, comme Corps du Christ, qui nous conduit à Dieu. Là aussi, pour être plus précis, il s’agit de laisser l’Esprit-Saint édifier le Corps du Christ. La deuxième lecture est à ce titre instructive. Nous sommes les pierres vivantes qui servons à la construction de la demeure spirituelle. Le principe général de cette image est que pour édifier une construction, nous avons besoin de toutes les pierres, de pierres de taille différentes. Tout le monde a sa place ; tout le monde doit trouver sa place. La première lecture évoque des difficultés à trouver sa place. Il y a toujours eu des querelles internes aux communautés, des rivalités, des jalousies, des considérations de pouvoir, d’amour propre, de susceptibilité. St Luc évoque dans la première lecture des querelles de langue entre le grec et l’hébreu ; voyez-vous, on n’invente rien avec les querelles autour du latin. Le danger n’est pas là. Il n’est pas dans la diversité des membres de l’Église ; le danger est plutôt dans le refus d’entrer dans la construction, dans l’auto-exclusion qui se déguise sous d’apparentes bonnes raisons. Il y a parfois un petit manque de vérité par rapport à ses intentions profondes et une résistance à s’ajuster à une réalité que l’Esprit-Saint construit.

La première lecture donne à ce sujet une aide précieuse. Il faut remettre Dieu en premier. Des personnes issues d’un groupe se sentent délaissées, moins bien considérées ? On revient à la mission première qui est d’être au service de la Parole du Seigneur. Revenir à la mission première a pour conséquence de mettre de l’ordre, des priorités, une hiérarchie en quelque sorte, dans tout ce qu’il y a à faire. Alors, il apparait clairement qu’il faut trouver quelque chose pour le service des tables, et l’Église va instituer le diaconat. En remettant Dieu en premier, les autres besoins apparaissent clairement. En réalité, c’est l’Esprit-Saint qui permet ce travail de discernement. Mais, comment écouter l’Esprit-Saint aujourd’hui quand Dieu n’est pas remis en premier ? Je transpose : dans une situation où l’Église a de plus en plus de difficultés à tout assumer (le fonctionnement, l’évangélisation, le service caritatif), comment repérer les appels, les dynamismes de l’Esprit-Saint si Dieu n’est pas mis en premier ? Eh bien, c’est impossible. Et on se noie ! C’est l’Esprit-Saint qui édifie la construction spirituelle qu’est l’Église qui, elle, conduit à Dieu.


Frères et sœurs, demandons au cours de cette messe la grâce de la docilité à l’Esprit-Saint pour ajuster notre place les uns par rapport aux autres et édifier le mieux possible le Corps du Christ dont la mission première, à la suite de Jésus, est de révéler le visage de Dieu et de conduire à Dieu. Amen !

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