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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 5ème Dimanche de Carême


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5ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

« Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur, / Seigneur écoute mon appel !/ Que ton oreille se fasse attentive/ au cri de ma prière. » Nous pourrions reprendre mot pour mot les paroles du psalmiste, tant nos interrogations sont nombreuses sur le sens de ce que nous vivons et tant notre prière s’approfondit de manière grave…

« J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère et j’attends sa parole. » continue le psalmiste. Alors, en ce dimanche, mettons-nous à l’écoute de ce que le Seigneur nous dit dans sa Parole.

L’Évangile de la Résurrection de Lazare, qui nous prépare à la Résurrection de Jésus, nous invite à vivre dans la foi. Vivre notre propre vie dans la foi, vivre cette épreuve de l’épidémie dans la foi, vivre la mort dans la foi. C’est ce qui frappe à première vue dans l’attitude et les paroles de Jésus. Alors qu’Il apprend la maladie de son ami Lazare, Jésus choisit délibérément de rester deux jours avant de rejoindre Marthe et Marie à Béthanie. Il ne veut pas empêcher la mort de Lazare ; d’ailleurs Il le dit à ses disciples : « Lazare est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » Puis lorsque Marthe affirme sa foi en la Résurrection, Jésus la pousse à aller plus loin : « Moi, je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Réponse : « Oui, Seigneur, je le crois. » Jésus pousse ses proches à s’enraciner davantage dans la foi pour vivre le mystère de la mort.

Demandons-nous ce matin comment nous vivons notre propre vie, comment nous vivons ce fléau du Coronovirus, comment nous appréhendons notre propre mort. Vivre dans la foi implique deux attitudes essentielles : premièrement, consentir à la réalité telle qu’elle est, même si celle-ci ne me plaît pas ou me fait peur ; et deuxièmement, avoir la certitude que Dieu va intervenir. Jésus déclare à ses disciples : « Lazare notre ami s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Autrement dit, vivre dans la foi, implique la certitude que Dieu ne nous abandonne pas, qu’Il va se rendre présent et qu’Il va agir.

Vivre dans la foi nous permet aussi de nous ouvrir à la puissance de Vie du Ressuscité. Jésus déclare à ses disciples au sujet de la maladie de Lazare : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu. » Nous pouvons nous aussi appliquer cette parole du Christ à l’épreuve que nous vivons : « Cette épreuve ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu. » Voilà qui nous amène à réfléchir…parce que des morts il y en a ! Ce que Jésus nous indique, c’est que cette épreuve aura une fécondité. J’ai déjà eu l’occasion de parler des remises en cause brutales que cette épidémie nous impose : notre manière de vivre, de respecter la Création, les hommes, la Vie, les plus fragiles. Encore une fois, il ne s’agit pas d’ajouter de l’angoisse, de jouer les Cassandre…mais il faut entendre ces appels de détresse : il y a un an, l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, maintenant cette épidémie épouvantable avec ses milliers de morts, innocents, qui meurent seuls, pas forcément préparés, qui meurent abandonnés…puissions-nous comme Jésus nous y invite dans l’Evangile, lire ces signes des temps !

Mais il y aura aussi une fécondité qui en sortira. Cette épreuve est l’occasion de magnifiques actes de charité, d’abnégation, de soucis des autres avant soi. Des gens se révèlent ; des relations se transforment ! Si le confinement nous prive de liberté de bouger, il nous permet de goûter la vraie liberté, celle qui vient de Dieu, un peu comme les moines qui sont « confinés » dans leur monastère, mais qui vivent dans la liberté totale que Dieu leur donne. St Paul écrit, de manière toujours un peu clivante : « ceux qui vivent sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. » je pense en souriant à tous les sportifs qui sont contraints de courir pas plus loin qu’1 km de leur habitation. Que ce confinement soit l’occasion de vivre sous la conduite de l’Esprit. Prions ! méditons ! La vraie liberté vient de Dieu ; elle n’est pas soumise à la capacité de bouger.

Notre manière de vivre la Communion, le rapport aux sacrements, à l’Église aussi va bouger. Nous sommes entrés dans le régime de la Communion spirituelle. La Communion eucharistique n’est pas un dû ! C’est un don qui nous est fait, que nous sommes invités à recevoir en nous y préparant convenablement. Nous n’avons pas un droit à communier. C’est l’occasion aussi de redécouvrir que les sacrements nous sont une aide pour marcher ; c’est une grâce. Heureux sommes-nous de ressentir le manque des sacrements ! Creusons et purifions le désir de les recevoir et d’en vivre ! Notre rapport à l’Eglise aussi va changer. Trop souvent, des questions secondaires opposent ou divisent les paroissiens. L’essentiel n’est pas là ! Cette crise est l’occasion de purifier et d’approfondir notre Communion avec le Christ et en nous.

Frères et sœurs, en ce temps de presque fin de Carême, je vous invite à noter pour vous personnellement tous les manques qui se font jour dans votre vie, quotidienne, religieuse, ecclésiale, relationnelle. Notez aussi tous les désirs que vous voyez naître en vous ; notez les aspirations que vous voyez arriver. Cette épreuve sera l’occasion d’un profond renouveau pour nous-mêmes, notre paroisse, notre Église et prions aussi pour qu’elle le soit pour notre pays et notre monde. C’est cela aussi vivre cette épreuve dans la foi. La croix est source de vie. Demandons cette grâce pour chacun de nous. Amen !

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