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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 4ème Dimanche du Temps ordinaire


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4ème Dimanche du Temps ordinaire

« Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

Frères et sœurs,

L’enseignement de Jésus frappe ses contemporains, car c’est un enseignement qui édifie, qui est puissant et efficace. Cet enseignement repose sur la puissance de la Parole de Dieu qui est performatrice au sens où elle a la puissance de réaliser ce qu’elle dit. La conséquence directe de cet enseignement est la suivante : il provoque, débusque et exorcise le mal. C’est sur cet aspect que je voudrais m’arrêter ce dimanche et méditer avec vous.

La première chose qui nous frappe dans le récit que nous venons d’entendre est que l’esprit impur sait qui est Jésus. Il le confesse : « Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu.» Il ne se trompe pas ; ce qu’il confesse est vrai. Nous touchons ici une des premières difficultés lorsque nous abordons la question des esprits mauvais : c’est qu’ils peuvent dire et dévoiler des choses vraies. Et à partir de là, ils nous trompent dès l’instant que notre seul critère de discernement est : ce qui nous est dit, est-il vrai ou faux ? Il est important de redire des choses fondamentales par rapport aux esprits mauvais. Qui sont-ils ? et comment agissent-ils ?

Les esprits mauvais sont ou bien des anges déchus qui ont refusé Dieu, ou bien des âmes humaines qui, elles-aussi, ont refusé Dieu ou n’arrivent pas à aller vers Dieu et restent bloquées. Lorsque l’on parle d’occultisme, de forces spirituelles ou d’entités, on parle de ces esprits-là, de ces puissances-là. Comme ce sont des entités spirituelles, elles ne sont pas alourdies par la nature corporelle : elles sont plus souples que nous, plus agiles, plus rapides, et tout en n’étant pas forcément dans l’éternité, elles sont moins soumises au temps que nous. Elles connaissent des réalités que nous ne connaissons pas et peuvent même percevoir et dire des vérités, comme dans l’Évangile. Nous savons que le démon est un illusionniste ; il simule et trompe. Il dit des vérités pour égarer de La Vérité.

Beaucoup aujourd’hui, même chez les chrétiens, se laissent égarer par la voyance, les horoscopes, la pratique du pendule. Toutes ces pratiques font appel à des puissances spirituelles, qui peuvent peut-être dire des choses justes au sens où elles se réaliseront, mais qui ne sont pas forcément bonnes par nature. Et beaucoup diront : « Ah oui, mais ce qu’il m’a dit s’est réalisé ; c’est donc vrai. » Certes…mais les esprits mauvais disent des choses vraies…regardez l’Évangile.

Parmi ces pratiques, un mot du magnétisme. On met beaucoup de choses et de réalités différentes derrière le mot « magnétisme ». Il n’y a pas forcément de réalité maléfique à avoir un don, une perception plus développée ou plus aigüe que d’autres et à percevoir ou à sentir des ondes telluriques, qui sont des forces naturelles, ou à sentir des énergies qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Par contre, c’est une autre réalité que de se mettre à manipuler ou à déplacer des énergies ou des forces.

Un chrétien est donc naturellement confronté aux esprits mauvais : cela fait partie de l’ordinaire de la vie chrétienne. On appelle cela le combat spirituel. Parfois cette confrontation passe au-delà du domaine ordinaire pour entrer dans le domaine extraordinaire. Le domaine ordinaire du combat contre les esprits mauvais, c’est par exemple : les multiples distractions qui, comme par hasard, se mettent à surgir au moment où vous priez ; c’est encore tous les imprévus qui peuvent surgir et détourner d’un temps à offrir à Dieu ; ce sont les résistances qui surgissent lorsque nous voulons commencer une activité religieuse, un échange. Tous ces combats sont normaux : il serait anormal de ne pas les vivre.

Le domaine extraordinaire, c’est lorsque nous dépassons ces exemples. On distingue 3 degrés différents : le premier est celui des obsessions. Des images, des idées, des sensations ou sentiments s’imposent à notre esprit avec insistance. Le deuxième est celui de l’infestation. Le démon ou les esprits mauvais viennent nous empoisonner de l’intérieur, provoquent des réactions en nous sans pour autant entraver notre liberté. Il n’est pas rare à ce moment-là de croire ou d’avoir peur d’être possédé. Le démon, prince de l’illusion et du mensonge, fait croire que, qu’il nous possède. En fait, il n’en est rien. Mais il nous trompe. Le troisième degré qui est celui de la possession est très rare. Dans ce cas, le démon manipule notre liberté. Pour le combat spirituel ou les deux degrés du domaine extraordinaire (obsession et infestation), nous sommes tout à fait capables de lutter contre. Une vie chrétienne correctement nourrie par la prière, les sacrements, notamment la confession et l’Eucharistie, suffisent. Pour les obsessions et infestation, au besoin, des prières de délivrances ou de libérations dites par un prêtre peuvent aider. Pour le dernier degré qui est celui de la possession, il est nécessaire de faire appel à un exorciste. Ce dernier dans sa prière s’adressera au démon en personne (puisque la liberté de la personne est annihilée), alors que dans les autres cas (prière de délivrance ou de libération), on fait appel à l’Esprit de Dieu pour libérer la personne.

Dernière chose importante à ce sujet : lorsque le démon se met à embêter quelqu’un, cela peut être pour deux raisons. Ou bien parce que la personne a ouvert des portes intérieures à travers des pratiques ésotériques ou occultes (voyance, spiritisme, nécromancie, chiropraxie), ou bien parce que la personne se rapproche de Dieu auquel cas le démon se met à réagir. Dans ce dernier cas, qui est celui des saints, il n’est nul besoin de prière de délivrance ou d’exorcisme car les saints ont en eux-mêmes les arguments pour se défendre et répondre.


Pardon pour cette digression ; mais c’est un sujet que nous abordons peu pastoralement et sur lequel beaucoup vont chercher eux-mêmes des réponses dans des endroits pas toujours catholiques. Je n’ai pas été bien loin, mais j’ai essayé de vous donner les grandes lignes directrices pour que vous puissiez vous repérer vous-mêmes. Je voudrais terminer en revenant à l’Évangile et à la Parole de Dieu. La Bonne Nouvelle de l’Évangile du jour est que la Parole de Dieu a le pouvoir d’exorciser le mal, de libérer et d’édifier. Cela se produit dans la prière, lorsque nous lisons l’Écriture ; cela se produit dans les sacrements dont l’efficacité repose sur la puissance de la Parole divine ; cela se produit encore dans l’enseignement de Jésus, puisque cet enseignement repose sur la Parole de Dieu. L’Église, fidèle à son époux, continue d’enseigner au Nom du Christ. C’est sur aspect-là que je souhaiterais insister pour terminer. Nous ne voyons pas forcément l’enseignement de l’Église comme le lieu d’un combat contre le mal, et pourtant, c’est le cas. L’enseignement de l’Église édifie, construit, fortifie. Ce faisant, il permet de protéger des déviances ou déviations et fait reculer l’emprise du mal. Lorsque la doctrine n’est pas claire, pas comprise ou mal comprise, notre vie de foi est vulnérable parce qu’ouverte à toutes les corruptions ou erreurs. Une foi bien structurée, bien ordonnée nous protège contre les attaques du démon ou des esprits mauvais. Par ailleurs, approfondir l’enseignement de l’Église nous aidera à objectiver notre foi, à nous rapprocher de Jésus lui-même et permettra une unité plus solide entre nous, à l’heure où l’unité est souvent réduite à des questions de subjectivités. Voici, à quelques jours du Carême, une piste intéressante pour fortifier notre foi lutter contre l’esprit du mal. Amen !

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