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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 4ème Dimanche de Pâques


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4ème Dimanche de Pâques



Frères et sœurs,

Au cours du Temps Pascal, la liturgie de ce 4ème Dimanche de Pâques nous rappelle que c’est le Seigneur Ressuscité qui guide son Eglise, c’est Lui qui en est le « Bon Pasteur », le « Vrai Berger ».

Je voudrais partir de cette parole de Jésus qui ouvre le chapitre 10 de l’Evangile selon St Jean : « Je suis le Bon Pasteur » pour resituer les différents pasteurs de l’Eglise par rapport à l’Unique Pasteur qu’est Jésus Ressuscité ; et puis regarder avec vous deux caractéristiques importantes du Pasteur, deux caractéristiques qui font que Jésus est le « Vrai » Berger.

Lorsque Jésus dit : « Je suis le Bon Pasteur, le Vrai berger », Il dit tout d’abord qu’Il est Le Pasteur. Par conséquent tous les autres pasteurs, ses Apôtres, mais pour nous aujourd’hui, le Pape, les évêques, les prêtres ne sont pasteurs que de manière participée à l’Unique Pasteur qu’est Jésus. Cela veut dire qu’aucun pasteur quel qu’il soit (Pape, évêque, prêtre) ne peut prétendre être à lui tout seul pasteur. Il ne l’est qu’en dépendance de l’Unique Pasteur qui est le Christ. Ceci est important à comprendre pour avoir une ecclésiologie juste, une juste vision de l’Eglise.

Regardez par exemple les prêtres qui sont vos pasteurs. Les prêtres qui reçoivent la charge pastorale en vertu de leur ordination sont différents, avec des qualités, des dons différents, des défauts, des limites. Mais aucun d’eux ne représente à lui tout seul le Bon Pasteur. Si je me base sur l’Eglise en général ou sur une paroissde, c’est le Christ, Unique Pasteur, qui conduit son peuple à travers la diversité de ses pasteurs. Il y a ici une intelligence de l’Eglise à avoir. Trop souvent le risque existe d’une confusion entre le Bon Pasteur (Jésus) et vos pasteurs (les prêtres). Cette confusion marche dans les deux sens : de temps en temps, on réduit la réalité du Bon Pasteur qu’est Jésus aux prêtres ; alors ou les prêtres sont vus comme des surhommes, ils sont sur-considérés ou alors on attend trop d’eux (ce qui est pour une part une attente légitime). Dans un autre sens, on peut aussi se braquer contre tel ou tel prêtre pour telle ou telle raison, et de ce fait, on se coupe aussi du Vrai Pasteur, Jésus, qui, Lui, agit au travers de ses pasteurs. Ces deux dérives révèlent un manque de regard de foi sur l’Eglise et sur le Christ. Elles reposent sur une vision fausse de l’Eglise, sur une ecclésiologie pervertie et, fondamentalement, sur une attitude d’orgueil qui conduit à réduire l’Eglise dans son ensemble à une vision essentiellement personnelle; on retrouve en quelque sorte l’origine du péché de l’idolâtrie qui consiste à se constituer un Dieu à son image, selon sa convenance avec une Eglise selon ses convenances, ses désirs. Cette fermeture aux pasteurs que Dieu envoie à son Eglise est en fait de l’ordre du péché. Cette attitude est plus répandue qu’on ne le pense. Déjà la première lecture l’évoquait. Paul et Barnabé reprochait aux Juifs de ne pas avoir accueilli le Messie, alors que les Juifs attendaient le Messie. Cette attitude est pernicieuse, car on peut l’adopter avec les meilleures intentions. Les Juifs ayant refusé de croire en Jésus l’ont refusé avec les meilleures intentions, persuadés d’être dans le vrai et la vérité.

C’est là que j’en viens à la première caractéristique du « Bon » Pasteur, qui n’est pas directement évoquée dans les quelques versets d’Evangile entendus aujourd’hui, mais qui est sous-jacente : c’est que le « Bon Pasteur » veut le Bien de son troupeau et qu’en conséquence, il protège son troupeau des attaques du loup. Or, on pense souvent que le loup est extérieur au troupeau. Mais bien souvent, le loup est à l’intérieur du troupeau. Et bien souvent il est une brebis blessée, qui, habitée par une attitude d’orgueil, va se transformer en loup et chercher à entrainer à sa suite dans une attitude de défiance, dans une attitude critique, des brebis du troupeau. Les pires attaques de l’Eglise viennent du dedans de l’Eglise et non du dehors. Le « Bon Pasteur » est donc celui qui veille à ce que le loup ne s’introduise pas au sein du troupeau pour le dévorer…et on peut très rapidement passer de brebis à loup avec les meilleures intentions, persuadés d’être dans le vrai et la vérité. A nouveau, la première lecture évoque cette réalité chez les premiers croyants : « Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la ville. »

La deuxième caractéristique du « Bon Pasteur, Vrai Berger » réside dans le lien qui unit le pasteur à ses brebis. Jésus dit : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. » Pour comprendre ce que Jésus dit du lien qui unit le pasteur à ses brebis, il faut se souvenir que dans le vocabulaire biblique « connaître » veut dire « aimer ». En Dieu, connaissance et amour sont la même réalité. Ce que je dis du lien entre le pasteur et ses brebis, je pourrais le dire du lien qui unit les époux dans le sacrement du mariage : c’est la même réalité. Normalement, à travers les aléas de la vie, les époux grandissent et dans la connaissance de l’autre et dans l’amour de l’autre. Mais, là, nous pouvons percevoir la perfection de l’Amour de Dieu. Car en nous, connaitre et aimer ne sont pas forcément une même réalité, à la différence de Dieu. Or en Dieu, tout est tellement parfait, que la connaissance implique nécessairement l’Amour. Et les pasteurs que nous sommes participent, en vertu de leur ordination sacerdotale, à cette perfection de la connaissance et de l’Amour qui est en Dieu. C’est d’ailleurs ce lien qui unit le pasteur à ses brebis qui explique et donne tout son sens et toute sa fécondité au célibat sacerdotal. Si vous enlevez le lien au troupeau, le célibat sacerdotal n’a aucun sens. Il donne toute sa fécondité grâce au lien sacramentel qui unit le prêtre au « Bon Pasteur » à son troupeau : lien de connaissance, d’amour et don.

Pour terminer cette médiation sur le « Bon Pasteur », je vous invite frères et sœurs, à estimer et à défendre le célibat sacerdotal dont j’ai déjà eu l’occasion de parler Jeudi Saint dernier. Là où le célibat sacerdotal est estimé, les vocations sacerdotales fleurissent. Je vous invite à faire attention à la manière dont on parle des prêtres. Portons dans notre prière les séminaristes en formation. Prions pour que d’autres jeunes hommes répondent à l’appel du Seigneur qui n’abandonne pas son troupeau mais lui envoie les pasteurs qu’Il veut pour son Eglise. Des enfants, des jeunes accepteront de répondre « oui » au Seigneur à tout quitter pour Le suivre dans une vocation particulière, s’ils sont soutenus dans leur réponse : soutenus par leurs familles, mais aussi soutenus et encouragés par leur paroisse, par leurs catéchistes, par leurs encadrants, par leurs prêtres. Les vocations naissent dans un contexte d’amour : amour de l’Eglise, amour de leur paroisse, estime des prêtres. Tournons nos cœurs vers Notre-Dame, Mère de l’Eglise et Mère des prêtres, afin qu’Elle veille sur ses enfants et qu’Elle soutienne ceux que Dieu appelle à Le servir dans son Église. Amen !

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