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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du +4ème Dimanche de l’Avent (#2)


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4ème Dimanche de l’Avent

« Le Seigneur t’annonce qu’Il te fera lui-même une maison. »

Frères et sœurs,

Le temps de l’Avent qui va s’achever prochainement et qui nous prépare à Noël nous montre de quelle manière dans le temps Dieu s’approche de son peuple au point d’entrer dans notre monde grâce au consentement de Marie. Dieu va se faire Emmanuel, Dieu avec nous, pour habiter notre chair et vivre au milieu des hommes. Ainsi l’Ancien Testament nous montrait Dieu qui habitait son peuple par l’Arche d’Alliance qui suivait tout le périple des Hébreux pendant la traversée du désert et demeurait dans la Tente de la Rencontre. Puis, sous les Rois David et Salomon, Dieu va habiter dans le Temple. Jésus nous révèlera, notamment à travers l’épisode de la Transfiguration, qu’Il est lui-même le vrai Temple de Dieu. Dans l’Évangile du jour, Marie apparait comme la demeure de Dieu, celle qui accueille en son sein le Fils éternel du Père. Elle est comme la porte d’entrée de Dieu dans le monde. Elle nous révèle ainsi en quoi consiste sa grâce maternelle : faire entrer, faire naître et faire habiter Dieu dans notre monde. Chez tous ceux qui prient Marie, qui ont recours à elle, elle n’aura d’autre effet que de faire naître Jésus en nous et de nous apprendre à vivre avec Lui et de Lui.

Nous connaissons bien l’Évangile de l’Annonciation parce que nous le méditons régulièrement dans la liturgie : dernièrement pour l’Immaculée Conception. Regardons de plus près aujourd’hui la coopération de Marie à l’œuvre de Dieu. Comme je l’avais souligné lors de la fête de l’Immaculée Conception, Marie ne cherche pas à accomplir sa volonté, son projet ; elle cherche à accomplir la volonté de Dieu : « Que tout m’advienne selon ta parole » répondra-t-elle à l’Archange Gabriel. Elle coopère donc à l’œuvre de Dieu premièrement en offrant son « Fiat » son « Oui » à Dieu. Elle consent et accepte, non pas en subissant, mais en offrant. C’est là que réside l’autre dimension de sa coopération à l’œuvre de Dieu : elle offre au Fils de Dieu l’humanité que Lui-même vient assumer et sauver, offrande indispensable pour la réalisation de la mission du Rédempteur. Elle nous révèle ainsi que coopérer à l’œuvre de Dieu ne se réduit pas seulement au fait de dire « oui » à Dieu, mais se développe dans le fait qu’on offre quelque chose de nous à Dieu, un peu comme pour la multiplication des pains et des poissons. Jésus accomplit le miracle, à condition que nous Lui apportions le minimum. En ce jour où nous faisons mémoire de l’Annonciation à la Sainte Vierge et de sa réponse, demandons-nous si nous répondons toujours « oui » à Dieu et si nous Lui offrons quelque chose de nous. Nous retrouvons ici de manière « embryonnaire » pourrait-on dire, tout l’équilibre de la coopération entre Dieu et l’homme. L’action de Dieu est toujours première ; mais Dieu ne forcera jamais la liberté de l’homme ; au contraire Il recherche et suscite le consentement de l’être humain. Peut-être parfois, même si nous répondons « oui » à Dieu, peut-être sommes-nous quelques peu radins dans ce que nous Lui offrons, ou bien parce que nous ne nous sentons pas dignes ou encore parce que nous attendons tout de Lui, sans rien mettre de nous.

Ce consentement que nous offrons à Dieu est fondamental car c’est lui qui permet à la fécondité de Dieu de se déployer. L’épisode de l’Annonciation nous révèle que toute fécondité a sa source en Dieu et qu’elle dépend de notre ajustement à la volonté de Dieu et non à la nôtre.

Marie devient donc la demeure de Dieu parmi les hommes. Mais en accueillant Jésus, elle vient habiter en Dieu. Il y a comme un renversement, comme dans la Communion où lorsque nous accueillons Jésus, nous sommes en fait intégrés au Corps du Christ qu’est l’Église. Dans ce phénomène s’accomplit la promesse faite par Dieu au Roi David par l’intermédiaire du prophète Nathan : « Le Seigneur t’annonce qu’Il te fera lui-même une maison. » Celui qui accueille Jésus dans son cœur, dans sa vie, vient en réalité habiter en Lui. Nous entrons dans sa famille qui dépasse les simples liens du sang, comme le disait Jésus, mais qui est constituée de tous ceux qui font la volonté de son Père. Cette famille que Jésus évoque ainsi s’accomplit dans l’Église Corps du Christ. Dit plus simplement : lorsque Jésus vient habiter en nous, nous sommes incorporés à l’Église. Ce retournement dans lequel nous passons de celui qui accueille à celui qui est accueilli nous amène à nous décentrer de nous-mêmes pour nous centrer sur Dieu. Ce décentrement a une incidence spirituelle. Nous passons alors de celui qui veut faire des choses pour Dieu dans l’Église à ce que Dieu fait pour nous dans son Église. L’Église, corps du Christ, devient alors une réalité à accueillir et à recevoir et non à faire ou à construire. À ce titre, l’Adoration perpétuelle en train de se mettre en place sur la paroisse, en est un signe éloquent : en remettant Jésus au centre de la paroisse, de nos vies, de nos projets pastoraux, nous acceptons de Le mettre en premier et de Le laisser agir d’abord; nous Lui laissons en quelque sorte l’initiative. Nous apprenons à recevoir de Lui avant de faire. De beaux fruits murissent déjà par l’Adoration perpétuelle : des fruits personnels, paroissiaux, d’approfondissement de prière, d’unité plus solide, construite autour de Dieu et non autour de gens qui pensent pareil. Prions pour que d’autres aient le désir et la joie de découvrir la profondeur de l’Adoration eucharistique.

L’Évangile de l’Annonciation nous permet de méditer sur le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu, sur le mystère de Dieu qui veut habiter chez nous. Marie nous montre comment accueillir Dieu et coopérer à son œuvre. En l’accueillant, nous approfondissons notre incorporation à l’Église et nous nous ouvrons à sa fécondité. Toutes ces réalités évoquées sont contenues dans une petite prière que nous pouvons dire trois fois par jour, matin, midi et soir. Il s’agit de la prière de l’Angélus. En récitant cette prière, nous faisons non seulement mémoire de cet évènement inouï qu’est l’Incarnation du Fils de Dieu, mais nous nous ouvrons à la venue de Dieu dans nos vies tout en nous ouvrant à sa fécondité. Redécouvrons cette prière si simple, mais qui contient des réalités si profondes et si vivifiantes, qui nous prépare à Noël et qui déploie dans nos vies le mystère de Noël. Amen !

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