Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 4ème Dimanche de l’Avent (#1)


+

4ème Dimanche de l’Avent


« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers. »

Frères et sœurs,


La prédication de Jean-Baptiste reprend celle du prophète Isaïe, huit siècles auparavant. Isaïe intervenait dans un contexte de détresse du peuple d’Israël. Ce dernier en effet avait été déporté à Babylone suite à ses nombreux péchés et surtout suite au fait de n’avoir pas écouté Dieu. Le Peuple hébreu avait vécu n’importe comment, dénaturé le culte qu’il rendait à Dieu, adoré des idoles : en somme ils avaient rejeté Dieu et vécu sans Lui. Le Seigneur les avait prévenus et alors, ils ont été déportés en exil. Là, ils prennent conscience de leur péché et le désir de revenir à Dieu renait en eux. Le prophète Isaïe se fait le porte-parole de cette bonne nouvelle : Dieu vient consoler son peuple et l’appelle à la conversion et à un profond renouveau.

Nous pouvons faire un parallèle intéressant avec nos modes de vie actuels, avec nos législations qui mettent Dieu de côté, qui ne visent plus le Bien commun et qui s’opposent à la Loi naturelle. Les deux confinements, avec toutes les modifications qu’ils ont induit dans nos vies familiales, personnelles, relationnelles, sociales, religieuses, nous ont conduit nous aussi à une sorte d’exil intérieur. En avons-nous profité pour nous remettre en cause ? pour revenir à Dieu ?

Ainsi le prophète proclame : « Voix de celui qui crie dans le désert : préparez les chemins du Seigneur. Rendez droits ses sentiers. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! » Comment revenir à Dieu ? Ou plutôt, comment permettre à Dieu de nous rejoindre ?


« Voix de celui qui crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ». Au-delà du fait que le désert, lieu d’épreuve, de pauvreté, de l’expérience de ses limites, est le lieu du retour à Dieu, le désert est aussi le lieu de la Parole. Le mot hébreu dabar signifie à la fois le désert et la Parole. Le désert est le lieu de la parole parce que la Parole de Dieu naît du silence et dans le silence. En ce temps où nous nous préparons à la Venue du Seigneur, demandons-nous comment nous préparons la Venue du Seigneur dans notre prière et plus particulièrement lorsque nous lisons l’Écriture. Est-ce qu’à chaque fois que nous lisons l’Évangile du jour, les lectures, ou bien un texte biblique, nous sommes attentifs à préparer le chemin du Seigneur à travers ce que nous lisons ? Car Dieu nous parle et vient à nous à travers l’Écriture Sainte. Dieu a toujours quelque chose à nous dire à travers un texte biblique. Est-ce que nous cherchons à accueillir ce que Dieu nous dit ?


« Rendez droits ses sentiers ». ‘Les sentiers ’ peuvent désigner les chemins de notre cœur. Il peut s’agir de purifier nos intentions. Trop souvent, nous agissons en prenant d’abord en compte notre propre intérêt, ou bien encore nous agissons en fonction du regard des autres, de ce que l’on va penser de moi si… Isaïe, et à sa suite Jésus, nous appellent à faire passer en premier l’intention de plaire à Dieu. Regardons quelle place nous laissons à Dieu dans nos intentions, dans nos décisions, dans nos actions.

« Que tout ravin soit comblé. » Il peut s’agir de nos peurs, de nos craintes qui empêchent l’œuvre de Dieu de s’accomplir ; ou alors encore de nos péchés qui, eux aussi, bloquent et abiment l’œuvre de Dieu. Je vais revenir sur cet aspect-là plus loin.

« Que toute montagne, que toute colline soit abaissées » : il s’agit ici de nos montagnes d’orgueil, de suffisance, de présomption, d’amour propre, qui, eux aussi, empêchent et abiment l’œuvre de Dieu. Lorsqu’un cœur est trop rempli d’amour de soi, de suffisance, il n’y a plus de place pour l’amour de Dieu et des autres. Dans l’Église, les divisions ne naissent pas des différences, de la diversité comme on aime à le dire, mais de l’orgueil. Le véritable travail d’unité passe par la remise en cause personnelle, la confession de son orgueil et la pratique de l’humilité.


Voici de manière assez rapide le travail de conversion, de retour à Dieu, suggéré par le prophète Isaïe. Alors, nous qui sommes chrétiens, nous avons une chance supplémentaire par rapport aux Hébreux de l’époque : nous avons les sacrements et notamment un sacrement pour nous aider dans la conversion, qui est le sacrement de la confession. Pour nous la conversion s’accomplit et se parfait dans le sacrement de la confession. Il n’y a pas de conversion complète sans le sacrement de la confession et de la réconciliation. Le sacrement de la confession est un sacrement de consolation où résonnent ces paroles de Dieu au prophète Isaïe : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. (…) Proclamez que son crime est expié. » Non seulement le sacrement de la confession libère le cœur, mais encore il donne la grâce de Dieu pour aider à lutter contre le péché, pour guérir du péché et pour renaître en homme nouveau. C’est tout l’effet de la grâce sacramentelle de la confession. La conversion ne peut pas reposer que sur nos efforts, mais sur la coopération à l’œuvre de Dieu en nous. Profitons de ce temps de l’Avent pour remettre nos vies sous le regard de la miséricorde de Dieu en allant nous confesser. La régularité de la confession rend notre cœur souple et sensible à la venue du Seigneur ; elle transforme notre cœur de pierre en cœur de chair.

En soignant notre propre vie, en travaillant à notre conversion, nous pourrons alors témoigner de la venue du Seigneur en nous et nous pourrons, comme Jean-Baptiste, aider les autres à accueillir dans leur vie le Sauveur en proclamant : « Préparez le chemin du Seigneur. » Amen !

10 vues

Posts récents

Voir tout

Carême : Lettre de notre Evêque

Aux prêtres, diacres, communautés religieuses, Services et mouvements …. Chers Frères et Sœurs dans le Christ, Nous entrons prochainement dans le temps du carême. Un temps de conversion et de purifi

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com