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Homélie du 4ème Dimanche de Carême (Messe tridentine)


 

4ème Dimanche de Carême

 « Est puer unus hic, qui habet quinque panes hordeaceos et duos pisces. »

 

Frères et Sœurs,

 

            L’épisode de la multiplication des pains et des poissons dans l’Évangile de St Jean se déroule quelques jours avant la fête de la Pâque. L’Évangéliste St Jean ne rapporte pas l’Institution de l’Eucharistie – vous savez qu’à la place il rapporte l’épisode du lavement des pieds-;  par conséquent le récit de ce miracle qui se prolonge par le discours sur le Pain de Vie se trouve lié à la fête de Pâque. Nous-aussi, nous entendons ce récit quelques jours maintenant avant la fête de Pâque. Quels enseignements pouvons-nous tirer de ce récit ?

            En premier lieu, il confirme la divinité de Jésus. La foule suit Jésus parce qu’elle a vu les nombreux miracles que Jésus a accomplis sur les malades ; elle va ici assister à un autre miracle : la multiplication des pains et des poissons. Jésus manifeste ici sa divinité avant la fête de Pâque. Nous pouvons faire un parallèle avec le récit de la Transfiguration qui lui aussi a lieu avant la fête de Pâques où Pierre, Jacques et Jean vont être témoins de la divinité de Jésus avant la Passion. Si la Passion va ébranler la foi des disciples en la divinité de Jésus, Jésus la leur confirme avant afin de les fortifier et de leur permettre de vivre dans la foi et l’espérance la Passion qui va arriver.

            La multiplication des pains et des poissons nous montre également que Dieu féconde nos pauvretés. Car, qu’est-ce que 5 pains et 2 poissons pour des milliers de personnes ? Rien ! Et pourtant, Jésus part de ce rien pour le transformer en surabondance. En lisant de la sorte le passage d’Évangile, nous sommes invités à approcher de Pâques en prenant conscience que Dieu transforme nos manques, nos pauvretés pour en faire des occasions de surabondance : c’est déjà une anticipation de la puissance de la croix et du sacrifice de Jésus qui, de la mort, va faire jaillir la vie. Pour nous qui avançons sur le chemin du Carême, il ne s’agit pas seulement de multiplier nos efforts, nos privations pour renouveler notre relation à Dieu, mais il s’agit aussi d’offrir nos manques, nos pauvretés, nos lieux de mort, de péchés, pour que Dieu les touche et les ouvre à la fécondité et à la Vie.

            Voici quelques éléments qui pourront nous aider, à partir de cet Évangile, à nous préparer à la fête de Pâque. Je vous propose une autre lecture de cet Évangile, une lecture sacramentelle, peut-être plus évidente.

 

            Cette lecture repose sur le fait que les pains et les poissons sont le signe des sacrements de l’Eucharistie et du Baptême qui, tous deux, donnent la vie divine, la vie du Ressuscité. Le lien des pains à l’Eucharistie est évident, parce que Jésus choisira du pain pour donner son Corps. Le lien entre la multiplication des pains et l’Institution de l’Eucharistie est évident : il n’y a qu’à regarder les verbes utilisés par St Jean dans le récit ; Jésus prend les pains, Il les bénit et les distribue. Peut-être y a-t-il un peu plus à préciser le lien entre les poissons et le baptême. Tout d’abord, le poisson vit dans l’eau, nous renvoyant ainsi à l’eau, source de vie. Puis, le poisson est un symbole de Jésus par son nom en grec Ictus  dont les initiales I K T U S signifient Jésus Christ Fils du Dieu Sauveur. Les poissons vivent dans l’eau, de même que les chrétiens sont régénérés dans l’eau baptismale par Jésus lui-même. Cette allusion aux sacrements avant Pâque, où Jésus va s’offrir Lui-même, nous montre les sacrements comme le lieu où Jésus va se donner pour nous apporter la vie divine. Ce que St Jean nous dit ici, c’est que les sacrements du baptême et de l’Eucharistie nous donnent le fruit de ce qui sera vécu et fêté à Pâques. Autrement dit, la victoire de Jésus sur la mort que nous allons bientôt fêter à Pâques, nous est donnée d’une autre manière à travers les sacrements. Et là réside la cause de la joie de ce dimanche : nous avons accès à ce que Jésus nous a acquis et nous offre à travers les sacrements. Les sacrements, et en particulier le baptême et l’Eucharistie, s’ils tirent leur force et leur efficacité du mystère pascal, actualisent la fête de Pâques, en nous en donnant les fruits.

 

            Pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur une autre réalité qui peut être cause de joie pour nous aussi. C’est que Jésus nous invite à participer à notre salut en nous offrant la possibilité de collaborer à l’œuvre qu’Il accomplit. Cette collaboration est esquissée à travers l’offrande de ce petit garçon qui présente à Jésus les 5 pains et les 2 poissons. Jésus part du peu que nous lui apportons pour le transformer par sa divinité. Il aurait pu faire différemment ; Il choisit de nous faire participer. Cette volonté de Jésus de nous rendre participants de son oeuvre de salut est source de joie pour nous. Nous ne sommes pas que des assistés, mais des personnes qui avons la dignité de participer à l’œuvre de Dieu. Se pose alors à nous la question : est-ce que je participe réellement à l’œuvre de salut de Dieu en moi, pour les autres ? Est-ce que je suis un collaborateur de son action et pas seulement un consommateur ? Participer à l’œuvre de Dieu, que cela soit en moi, à travers un engagement en paroisse, en Église, même si cela est parfois, fatigant, lourd, c’est d’abord une grâce que Dieu nous offre. Profitons de ce temps de Carême pour faire la lumière sur nos coopérations avec Dieu, sur nos engagements. La pauvreté de nos ressources humaines, ressources de temps, de moyens, parfois de temps, ne doit pas être une excuse. Qu’est-ce que 5 pains et 2 poissons pour des milliers de personnes ? Mais c’est Jésus qui agit. Amen !

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