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Homélie du 33ème Dimanche du Temps ordinaire


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33ème Dimanche du Temps ordinaire

« À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. »


Frères et sœurs,


La parabole des talents demeure un mystère pour celui qui l’entend avec une logique humaine etqui n’entre pas dans une logique divine. Elle aborde, comme la parabole des vierges sages et des vierges folles de dimanche dernier, la question de la rencontre avec Dieu au terme de notre vie, avec cette question centrale : qu’as-tu fait de ta vie ? des talents que je t’avais donnés ?


Avant d’entrer dans une lecture spirituelle de la question des talents, je voudrais regarder avec vous comment cette parabole est une allégorie du salut qui nous offert par Dieu. Une des questions posées par la Parabole des talents réside non pas dans le fait que les serviteurs n’ont pas le même nombre de talents, mais dans le fait que celui qui en a reçu un, ne se l’approprie pas. Il va l’enterrer ; il ne le fait pas sien alors que les deux autres se sont appropriés le don de Dieu. Lorsque Dieu donne quelque chose, il faut tenir deux choses en même temps : tout d’abord que c’est Dieu qui donne et qui est à l’origine du bien ou de la réalité donnée, donc ce qui veut dire que nous n’en sommes pas à l’origine, nous n’en sommes que des récipiendaires ; et il faut tenir une 2ème réalité qui est qu’il nous faut nous approprier le don de Dieu, le faire nôtre ; il nous est donné. Nous voyons dans la parabole que ceux qui entreront dans le Royaume des Cieux sont ceux qui se sont appropriés le don de Dieu, tandis que celui qui ne l’a pas fait sien, n’entrera pas dans le Royaume de Dieu. Dit autrement, c’est un péché contre Dieu que de ne pas accueillir les dons qu’Il nous fait, avant même de voir comment nous les faisons fructifier. Il faut bien réfléchir à cela. Il y a toujours des gens qui boudent et qui vont refuser d’accueillir ou de mettre en œuvre des dons que Dieu leur fait, parce que tel groupe, telle personne, telle paroisse ne leur plaît pas. Ne pas accueillir, ne pas faire fructifier un don de Dieu est un péché contre Dieu.

Mais cette parabole est une allégorie du salut parce qu’elle nous redit également comment fonctionne le salut offert par Dieu. Le salut est un don de Dieu : c’est Dieu qui nous l’offre, c’est Lui qui nous sauve. L’homme reçoit ce don ; il est appelé à l’accueillir et pour cela, doit offrir sa coopération. Pour que le salut offert soit fructueux et efficace, l’homme doit coopérer au don de Dieu. Dieu ne sauve pas l’homme sans lui, mais avec lui. Celui qui n’accueille pas le salut s’autoexclut de fait. St Jean le dit de manière très claire dans son Évangile : « Celui qui croit en Lui n’est pas jugé; celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas voulu croire en le nom de l’unique fils de Dieu. » Jn 3, 18.


Entrons maintenant dans la question des talents. Tout d’abord, il me semble important de remarquer que tous n’ont pas reçu le même nombre de talents : l’un 5, l’autre 2, le troisième 1. Notre salut ne dépend pas du nombre de talents reçus, mais de ce que nous avons fait de ce qui nous a été donné. Nous le voyons bien quand le Maître revient et dit mot pour mot les mêmes paroles au premier serviteur et au deuxième serviteur : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre la joie de ton Seigneur. » La récompense finale est la même quel que soit le nombre de talents. Nous n’avons pas les uns les autres les mêmes capacités. Une première lecture consiste à voir en eux des dons que Dieu nous a faits et qu’Il nous appelle à faire fructifier pour le bien des autres. Se pose alors à nous la question non pas de la recherche de mon bien propre mais du bien des autres. Est-ce que dans ma vie, je me suis soucié du bien de mes frères et sœurs ? du bien commun ?

Mais le fait que le Maître enlève le talent à celui qui n’en a reçu qu’un, qu’il le donne à celui qui en a dix, nous amène à une deuxième lecture de cette parabole. Pourquoi le Maître (Jésus) dit-il : « À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien, se verra enlever même ce qu’il a. » ? Je crois que les talents signifient ici nos capacités d’aimer. Nous n’avons pas tous les mêmes capacités d’amour. Certains en ont reçu plus que d’autres ; d’autres moins. Mais nous savons que l’amour appelle l’amour en réponse. Celui qui aime, qui donne son amour, normalement, reçoit en retour de l’amour. Ainsi peut-on comprendre que celui qui a 5 talents en reçoit 5 en retour ; celui qui en a 2 en reçoit 2 en retour. Mais celui qui ne l’a pas mis en œuvre ne reçoit rien et perd même ce qu’il a. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut avoir aimé et avoir fait le bien. Celui qui aime reçoit l’Amour en retour et se prépare ainsi à vivre de la réalité du Royaume de Dieu.


Alors, concrètement je voudrais réfléchir avec vous à ce que cela signifie. L’amour chrétien que nous sommes appelés à mettre en œuvre dans notre vie s’exprime d’abord dans notre vie de prière. J’en ai parlé dimanche dernier au sujet de la Parabole des Vierges sages et des Vierges folles. Avec la parabole des talents, cet amour est appelé à s’exprimer dans notre manière de vivre, dans les œuvres que nous entreprenons ou que nous accomplissons, dans notre vie terrestre, nos engagements dans le monde avec toujours cette même et unique finalité : ai-je contribué au bien des autres ? au bien du plus grand nombre ? au bien commun ? J’insiste sur le bien commun car c’est une notion qui a complètement disparu de nos perspectives actuelles, tellement nous sommes passés dans un régime de contentement de biens particuliers. C’est une erreur de croire que le bien commun se résume à la totalité des biens particuliers. Le bien commun englobe la recherche du bien de tous et non de tel ou tel groupe ; ainsi l’enfant à naître est protégé, les enfants le sont, les familles, les parents, les personnes âgés, en fin de vie. Or la déchristianisation de notre société fait que le bien visé n’est plus lié ou relié à Dieu, mais il devient indépendant de Dieu, qui en est sa source fondamentale et originelle. Dès lors le bien recherché n’est plus le bien absolu, mais un bien relatif et parfois un bien opposé au vrai Bien. Dans les engagements que nous prenons pour mettre en œuvre nos talents, il est important de nous demander si nous recherchons le bien du plus grand nombre.

La Parabole des talents nous invite en outre à donner plus que nous recevons : au moins le double. Celui qui a reçu 5 talents en redonne 5 ; celui qui en a reçu 2 en redonne 2. Donner à l’image de Dieu, c’est donner plus que ce que l’on ose espérer. C’est ça l’amour chrétien. Merci aux paroissiens qui, en plus de leur vie de famille, de leur profession, donnent du temps et de l’énergie à la paroisse. Vous êtes l’illustration de ceux qui donnent généreusement, comme Dieu le fait. Nul doute que Dieu a des grâces particulières pour vous.


Enfin, je voudrais terminer là-dessus, il est important, Frères et sœurs qui avez reçu des talents, de les mettre en œuvre dans notre monde et pas que dans l’Église. Il est important, pour que notre monde reste orienté vers Dieu, que les chrétiens s’y engagent non seulement pour coopérer au salut offert par Dieu au monde en général, mais aussi pour redire la finalité ultime de l’homme qui est, après cette vie, de vivre de la vie de divine au Ciel. Il faut, au-delà de l’humanisme porté par les engagements politiques, caritatifs, sociétaux, il faut que l’Évangile et la charité irriguent le monde, et quand je dis le monde, je pense en-dehors de l’Église. Que tous les chrétiens, engagés dans des associations, ne taisent pas ou ne cachent pas leur identité catholique, sous couvert d’une conception de la laïcité mal comprise. Jésus, au-delà d’avoir multiplié les pains et les poissons et nourri des milliers d’hommes, de femme et d’enfants, a annoncé l’Évangile et la présence aimante de Dieu invitant les personnes qu’Il rencontrait à Le suivre. Il ne faut pas avoir honte du Nom de Dieu, même par rapport aux personnes accueillies qui ne partagent pas la foi catholique, sinon c’est un engagement lâche.


En ce dimanche où l’Église prie plus particulièrement pour les pauvres, portons dans notre prière et soutenons toutes les associations qui viennent au secours des personnes éprouvées : puissent-elles être des signes concrets, visibles et assumés de la présence aimante de Dieu pour notre monde. Amen !

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