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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 32ème Dimanche Temps ordinaire


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32ème Dimanche Temps ordinaire

« Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes. »

Frères et sœurs,

Nous entrons ce dimanche dans les Paraboles qui nous parlent du Royaume des Cieux et d’une certaine manière de la vie après la mort. Le cadre général de la parabole des dix vierges est celui d’une invitation à des Noces faite à toutes. Cela nous interroge déjà sur notre manière de penser, d’appréhender notre rencontre avec Dieu au terme de notre vie. Il est bon dans le contexte que nous connaissons, contexte de peur (peur de l’épidémie, peur du terrorisme, peur de la mort dans le fond), il est bon de considérer cette rencontre que nous vivrons comme un évènement que nous attendons, comme une invitation où nous serons aimés et où nous pourrons aimer pleinement. Le cadre de la parabole nous invite déjà à nous remettre en question et à réfléchir sur notre mort et sur la rencontre avec Dieu. Mais la pointe de la parabole n’est pas là : elle se situe dans la préparation, que nous vivons ou pas, à cette rencontre. La moitié des invitées la prépareront ; l’autre moitié, non. Et nous-mêmes, où nous situons-nous ? Quelles sont les difficultés que nous pouvons rencontrer pour nous préparer correctement ? et quels appuis pouvons-nous prendre ?

Une des premières difficultés que nous pouvons rencontrer est exprimée dans le contexte de la parabole. La parabole se passe de nuit. Cela veut dire que ce qui se déroule est pour une part mystérieux, obscur. Nous savons que tous les principaux évènements qui concernent Dieu et l’homme se passent de nuit. Le Fils de Dieu vient au monde dans la nuit ; Il ressuscite dans la nuit. La nuit est donc le moment privilégié où Dieu peut rejoindre l’homme ; dit autrement, la nuit est le moment privilégié où l’homme se laisse plus facilement rejoindre par Dieu. Parce que la nuit, l’homme s’endort, dort ; il ne maitrise plus ; il laisse faire et s’abandonne. La rencontre avec Dieu est donc de l’ordre du mystère, mystère que l’homme ne maitrise pas.

Mais la nuit est aussi le moment où les tentations sont les plus grandes. Souvenons-nous de Jésus et ses Apôtres à Gethsémani : « Priez pour ne pas entrer en tentation » intimera Jésus aux siens. La nuit est le lieu où l’on s’assoupit. Cette donnée est à prendre de manière symbolique. Notre vie de foi peut aussi s’endormir, devenir routinière, machinale, ou bien vide. L’antidote contre cette somnolence est la vigilance, du verbe vigilare, qui en latin signifie à la fois le fait de veiller et de prier. Fondamentalement, la vigilance est une attitude de prière, avant d’être une attitude face à un danger. La parabole nous interroge donc sur notre vie de prière qui doit nous tenir éveillés et attentifs à Dieu. Deux choses me paraissent importantes à vous redire par rapport à la prière : la prière doit être fidèle et régulière. Un chrétien qui ne prie pas est une personne qui ne respire pas. La prière est le lieu de notre relation à Dieu. Un chrétien qui ne prie pas n’a pas de relation vivante avec Dieu. Il peut certes s’engager sur des valeurs, mais la relation intérieure avec Dieu est déficiente. La régularité de la prière est importante parce que c’est justement elle qui entretient et permet cette vigilance. Et même si nous avons l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose dans nos temps de prière, notre régularité est importante pour nous rappeler que nous attendons Dieu.

La deuxième chose est l’importance et la beauté de la prière la nuit. Nous n’avons pas encore pu lancer à cause du confinement l’Adoration perpétuelle dans laquelle 3 nuits sont prévues. Mais la prière la nuit est la prière de vigilance par excellence. C’est notamment au cours de la nuit que les religieux et les religieuses contemplatifs se lèvent pour adorer et prier. La nuit, quand on voit moins bien, on entend mieux ! à commencer par Dieu qui nous parle. J’invite particulièrement tous ceux qui peuvent avoir des soucis de sommeil ou tous ceux qui s’interrogent ou qui hésitent à venir prier la nuit, à découvrir et à goûter la beauté et la fécondité de la prière la nuit. L’union à Dieu est plus facile.

Il y a après dans la parabole la question des lampes et de l’huile. Là, je vous propose deux lectures. La première consiste à voir dans les lampes la lumière de la foi et dans l’huile ce qui nourrit la foi, c’est-à-dire les sacrements. Pour aller à la rencontre de Dieu, nous avons besoin de la foi. C’est d’ailleurs la foi qui nous permet de traverser l’obscurité des mystères, de reconnaître Dieu et d’entrer dans le Royaume ou encore de tenir dans les épreuves et dans le temps. Mais la foi ne fait pas tout ; si elle nous est donnée lors du sacrement du baptême, il nous appartient aussi de la nourrir, de l’entretenir. C’est là qu’intervient la question de l’huile qui renvoie à la grâce sacramentelle et donc aux sacrements. La parabole nous invite à nous interroger sur la manière dont nous nourrissons notre foi. La fortifions-nous par les sacrements, en particulier par les sacrements de la Communion et de la Confession ? À défaut de pouvoir communier facilement, est-ce que nous présentons à Jésus notre foi lors de l’Adoration du St Sacrement ? Une foi nourrie, entretenue et vivante nous permettra d’entrer dans le Royaume de Dieu.

L’autre lecture que je vous propose consiste à voir dans ces lampes ce avec quoi nous nous présenterons devant Dieu au terme de notre vie. Les lampes avec de l’huile représentent nos œuvres intérieures, ce qui nous appartient. Les lampes sans huile représentent nos pauvretés, ce que nous n’aurons pas fait nôtre. Et la tentation sera alors d’aller chercher dehors ce que nous n’avons pas en nous-mêmes, comme les vierges folles qui vont chercher chez les marchands ce qu’elles n’ont pas emporté. Ces mêmes vierges vont demander à leurs consoeurs de leur partager leur huile, ce que les vierges sages ne feront pas. Non par égoïsme ou méchanceté, mais parce que, à un moment donné, notre réponse devant Dieu est et sera personnelle. Ce que nous apporterons à Dieu au terme de notre vie est essentiellement intérieur et non un apport extérieur. Cette lecture que je vous propose présente l’avantage d’associer à la foi, nécessaire pour entrer dans le Royaume et pour nous unir à Dieu, les œuvres sur lesquelles nous serons jugés.

La prière, la foi, les sacrements et nos œuvres sont les moyens d’aller à Dieu. Demandons la grâce au Seigneur de nous préparer avec sérieux à l’invitation qui nous est faite de participer aux Noces auxquelles nous sommes invités. Amen !

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