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Homélie du 32ème Dimanche du temps ordinaire


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32ème Dimanche du temps ordinaire

« Le Royaume des cieux sera comparable à 10 jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. »


Frères et sœurs,


Vous connaissez bien cette parabole des Vierges sages et des Vierges folles, maintenant appelée parabole des jeunes filles insouciantes et prévoyantes dans la nouvelle traduction liturgique. Je revendrai sur ce changement de traduction à la fin pour ceux qui s’intéressent à ces détails et qui comparent les traductions. Cette parabole nous interroge sur la préparation de notre rencontre avec Dieu au terme de notre vie. Comment préparons-nous cette rencontre avec Dieu ? est-ce que d’ailleurs, nous l’attendons ? On peut envisager notre relation à Dieu sous l’angle de la fidélité, sous l’angle du devoir ou encore sous l’angle de la cohérence. Tout cela est bien et n’est pas faux. Mais la parabole met l’accent sur l’amour. Les jeunes filles sont invitées à des Noces ; elles attendent l’arrivée de l’Époux. Notre relation à Dieu est d’abord une question d’amour. La question devient donc pour nous : est-ce que nous désirons cette rencontre? En fait, en tant que chrétiens, nous devrions la désirer, la préparer comme un beau Rendez-Vous qui nous attend. Mais, la plupart du temps, on n’y pense pas trop, ou alors, l’envie naturelle de ne pas mourir prend le dessus. Pour entrer dans le sens profond de cette parabole il nous faut regarder différentes questions : de quel sommeil s’agit-il ? Puis, il y a la question des lampes et de l’huile. Et qui sont ces 10 vierges ? Je vous propose de regarder chacune de ces questions avant de voir comment nous préparer à mieux vivre cette rencontre qui nous attend tous.


L’Évangéliste écrit : « Comme l’Époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. » Il y a deux manières de considérer ce sommeil. Il peut d’abord s’agir d’une sorte de torpeur, de tiédeur, propre à la nature humaine. On se souvient que Jésus demandera à ses disciples, au moment de son agonie, de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation. Et ils s’endormiront. Cet endormissement est d’autant plus compréhensible, que plus nous avançons dans le temps, plus le retour du Christ semble s’éloigner. Ainsi, les premiers chrétiens étaient persuadés que le retour glorieux du Christ était imminent; ce qui faisait écrire à St Paul par exemple, qu’il n’était pas nécessaire de se marier, parce que, pour lui, la fin des temps était proche. Mais, plus le temps s’est écoulé, plus la perspective de l’imminence du retour du Christ a reculé. D’ailleurs, qui parmi nous, se réveille le matin et se dit : « C’est peut-être aujourd’hui que le Christ va revenir ! » ? Même la liturgie qui maintient en nous cette attente ne semble pas nous réveiller plus que cela. Vous savez que lors de chaque messe, à l’anamnèse, nous disons : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus; nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Je ne suis pas sûr que nous pensions tous à ce que nous chantons à ce moment-là. Donc, plus le temps s’étire, plus il est difficile de maintenir son cœur dans cette attente.

Mais le sommeil dont il est question peut également désigner la mort. Ces 10 vierges meurent, ce qui nous arrivera à tous. Si nous faisons cette lecture, je vous ferai remarquer que l’Époux arrive pendant qu’elles dorment, c’est-à-dire que le Seigneur nous rejoint dans la mort, ce qui est conforme à notre foi. St Paul le dit en des termes plus théologiques dans la 2ème lecture : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité; de-même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. » Autrement dit, Dieu nous rejoint dans la mort. Mais la question devient donc : si tous meurent, pourquoi certains vont accéder à Dieu (les Vierges sages) et pas les autres (les Vierges folles) ? Ce qui pose maintenant la question des lampes et de l’huile.


Là-aussi, il y a différentes manières d’envisager les lampes et l’huile. La lampe peut d’abord être le signe de la foi, nécessaire pour aller à la rencontre de Dieu et rencontrer le Seigneur. Mais la lampe peut aussi symboliser les bonnes œuvres que nous aurons accomplies tout au long de notre vie. Quant à l’huile, elle peut signifier l’Amour qui irrigue la pratique de nos bonnes œuvres ; elle est alors le signe de la charité. Ou alors, elle peut aussi signifier la grâce sacramentelle qui nous prépare à la rencontre avec Dieu. Dans l’un et l’autre cas, cela pose la question de ce avec quoi nous nous présenterons devant Dieu quand nous Le rencontrerons. Qu’avons-nous fait de notre vie ? Comment avons-nous aimé ? Ça, c’est la question première qui nous sera posée. Vous savez, on a beaucoup caricaturé la rencontre avec Dieu, le jugement, particulier de notre vie ou le jugement dernier, que Dieu fera. Oui, il y a un jugement ; ce n’est pas moi qui le dis, c’est Jésus dans l’Évangile; c’est l’Église qui le dit dans le Credo : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. » Il y a eu des moments où l’on a accentué la peur de l’enfer pour maintenir les fidèles dans une conduite conforme à l’Évangile ; et puis il y a ces dernières décennies, où l’on n’a fait que répéter que Dieu est Amour et où la réalité du péché a disparu. Le juste équilibre se trouve entre les deux. La chose la plus importante sur laquelle nous serons jugés est l’Amour mis en œuvre dans notre vie ; mais il y aura un jugement, oui, où nous devrons répondre de nos actes.

Sur ce point, encore une remarque : la réponse à donner à Dieu est une réponse personnelle. Nous devrons répondre personnellement à Dieu et ne pas nous cacher derrière les autres. Regardez la parabole : les vierges qui n’ont pas pris d’huile ne pourront plus se fournir chez celles qui en ont. Il y a un moment où il ne sera plus temps de partager, mais ce sera le temps de répondre en personne et d’assumer.


Forts de ces réflexions, comment préparer maintenant cette rencontre avec Dieu au terme de notre vie ? la difficulté étant d’attendre cette rencontre, de la désirer ou encore de tenir dans le temps. Les 3 vertus théologales nous seront nécessaires : la foi pour aller à la rencontre de Dieu et Le reconnaître, l’espérance pour tenir cette attente dans le temps, la charité qui constituera la « matière » de notre vie éternelle. Mais ces 3 vertus théologales ne sont pas suffisantes ; pour préparer cette rencontre avec Dieu, nous avons besoin de la prière. Pas de la prière comme un devoir, pas comme une obligation, mais comme une relation que l’on construit dans le temps, dans la fidélité, parfois dans l’aridité, parfois avec des pannes de notre côté, des chutes, des oublis, mais une prière qui est le lieu d’expression de notre Amour pour Dieu. Bien sûr la prière s’apparente aussi à un combat, mais elle est d’abord un temps que l’on offre à Dieu, où l’on se met à son écoute. Et il est important de prier personnellement, seul, et avec d’autres. La vie éternelle ne consistera pas à faire des choses pour Dieu, mais à prier en continu et en même temps à aimer, à aimer en priant et à prier en aimant. Alors, évidemment, plus nous l’aurons fait ici-bas, plus nous nous serons préparés à ce que nous vivrons dans l’éternité. Vous savez, parce que je vous l’ai déjà dit, qu’un des verbes latins pour dire prier est le verbe Vigilare qui a donné les Vigiles en français, cet office que les religieux disent la nuit justement, pendant que l’on dort, pour faire advenir le jour de Dieu. Il y a une beauté et dignité particulière pour cette prière nocturne à aller retrouver Dieu quand le monde est endormi, quand on entend beaucoup mieux, parce que l’on voit moins bien. Mise à part la question du sommeil, la prière la nuit est beaucoup plus simple parce que beaucoup plus portée. Merci aux Adorateurs de nuit qui viennent adorer Jésus pour nous, pour la paroisse, pour notre monde. L’Adoration est la prière qui nous prépare le plus à la vie éternelle puisqu’on est devant Jésus, face à face avec nos yeux, alors qu’au Ciel ce sera avec notre âme. La liturgie, Frères et sœurs, est aussi le lieu où l’on rencontre Dieu qui, de son éternité, se donne à nous dans notre temporalité. La messe, la prière des offices (du Bréviaire) nous prépare à la rencontre avec Dieu en même temps qu’elles renforcent en nous la capacité de tenir dans le temps. Mais, il faut prier avec le cœur ouvert, et non machinalement, avec un cœur fermé ou un cœur qui pense à autre chose. J’ai évoqué aussi plus haut les sacrements qui nous donnent la grâce, l’huile pour notre lampe.


Frères et sœurs, il reste une question : qui sont ces 10 Vierges ou selon la traduction nouvelle ces 10 jeunes filles ? Elles sont le signe de notre âme, destinée à s’unir à Dieu au terme de notre vie. L’ancienne traduction qui employait le mot Vierge mettait l’accent sur cette union de notre âme à Dieu à la fin des temps, nous redisant que chacune de nos âmes était faite pour s’unir à Dieu. La nouvelle traduction en employant le mot jeune fille veut éviter de classer la parabole que pour des religieuses, rappelant qu’elle concerne toute âme. Mais, il ne faut perdre de vue que l’ancienne traduction valorisait de ce fait la condition de virginité, dit en plus moderne, la condition de la vie religieuse ou consacrée, qui était une composante importante de vie de l’Église. Or la vie religieuse est un don de Dieu à l’Église et pour chacun de nous. Car ces hommes et ces femmes qui se sont donnés totalement et radicalement à Dieu dans la virginité aident l’Église à demeurer tournée vers sa Rencontre avec Dieu, à lui rappeler la nécessité de la prière sans laquelle l’Église faillirait à sa mission, ainsi qu’ils nous aident et soutiennent, nous qui sommes dans le monde, à préparer et à attendre cette rencontre avec Dieu.


Je vous propose au cours de cette messe de prier particulièrement pour les vocations religieuses et de rendre grâce à Dieu pour les religieux, religieuses qui nous ont aidé dans notre vie chrétienne, ainsi que pour les monastères et abbayes que nous connaissons. Il est vrai que l’Église repose sur le ministère ordonné ; mais si la vie religieuse venait à manquer, l’Église serait amputée d’une partie de sa mission. Prions pour les vocations sacerdotales et religieuses. Amen!


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