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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 31 mars (2)




(Messe sous la forme extraordinaire du rite romain)


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4ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,



Le nom de ce 4ème dimanche de Carême, le dimanche de Laetare, qui vient du premier mot de l’Introït de la messe, nous invite à la joie ; pas seulement parce que Pâques approche et avec cette approche, les privations et pénitences du Carême annoncent leur fin, mais aussi et surtout parce que la joie à laquelle nous invite l’Église est la joie de la conversion, de la réconciliation. La joie colore tous les textes entendus ce soir : c’est la joie du Peuple d’Israël qui a traversé le désert pendant 40 ans et qui arrive, enfin !, en Terre Promise ; c’est la joie du Fils cadet dans l’Evangile qui a découvert l’amour inconditionnel de son Père qui lui pardonne son « meurtre » symbolique ; c’est la joie du Père qui voit son fils revenir à la vie ; c’est la joie à laquelle nous invite St Paul, nous qui pouvons devenir des êtres réconciliés et par là, rénovés.

Entrons dans cette joie du salut en partant de l’Évangile. Je voudrais vous proposer de regarder d’une manière peut-être « autre » l’Évangile par rapport à la manière dont nous le regardons habituellement. En fait, il n’y a aucune bonne attitude chez les deux fils. Les deux attitudes sont marquées par le péché. Tout d’abord, le fils cadet. Il tue symboliquement son Père en réclamant son héritage. Il refuse sa condition filiale ; il refuse de se recevoir d’un autre et, en utilisant sa liberté contre son père, il l’utilise symboliquement contre Dieu. C’est la définition la plus classique du péché, celle à laquelle nous sommes habitués : nous utilisons notre liberté, don de Dieu, contre Dieu pour le refuser et nous détourner de Lui.

Le fils aîné est aussi marqué par une attitude pécheresse : lui non plus n’est pas dans une attitude filiale. Voici comment il parle de son père : « je suis à ton service », « transgressé tes ordres », « ton fils » en parlant de son frère. Il s’exclut d’une relation filiale. Son père pointe l’origine de son malheur, mal-être : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à toi est à moi. » Il n’y a jamais eu de défusion entre les deux. Autrement dit, le fils aîné n’a jamais pu devenir lui-même. Son attitude nous révèle un autre aspect du péché : le péché consiste aussi à ne pas utiliser notre liberté pour le bien. Dans les deux cas, le péché consiste à refuser ou à ne pas vivre sa relation avec Dieu comme une relation filiale. Ce soir, demandons-nous si nous vivons notre relation avec Dieu comme une relation filiale. A quels moments, la refusons-nous ? la fuyons-nous ? à quels moments, ne la mettons-nous pas en œuvre ?

Face à ces deux attitudes, regardons maintenant celle du père, image de celle de Dieu. Je retiens deux caractéristiques de l’attitude du père. La première, c’est qu’il accepte de laisser partir son fils, de lui remettre son héritage. En somme, il accepte d’être rejeté. Cette attitude est celle de Dieu qui, dès le début de la création, accepte que sa créature le rejette. Dans cette attitude du père, on voit l’Amour infini de Dieu qui assume et respecte la liberté qu’Il a mise en l’homme. Être père, devenir père plus exactement, c’est accepter que le fils parte. Aimer comme Dieu, c’est accepter que l’autre parte.

La deuxième attitude chez le Père, image de celle de Dieu, consiste à attendre ardemment le retour du fils tout en lui laissant l’initiative de sa conversion : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. » Si le fils a fait un mauvais usage de sa liberté, le père attend, espère et croit qu’il en fera un bon usage. Dieu nous laisse toujours la possibilité de nous retourner. Frères et sœurs, demandons-nous quel usage nous faisons de notre liberté. Est-ce que, à l’image du fils cadet, nous la mettons en œuvre pour nous convertir et pour nous réconcilier ?

Le développement de Saint Paul sur la réconciliation et l’être nouveau dans la deuxième lecture est intéressant. Plusieurs pistes peuvent être dégagées.

Tout d’abord, même si nous recevons la « parole de réconciliation » comme dit St Paul, c’est le Christ qui a l’initiative de la réconciliation en nous, parce que c’est Lui, le Réconciliateur par excellence : « Dieu nous a réconciliés avec Lui par le Christ. » C’est Lui qui réconcilie Dieu et l’humanité. Par le baptême qui nous agrège au Christ, nous sommes agrégés au Réconciliateur qui agit en nous en vue de nous réconcilier et avec Dieu et avec nos frères et sœurs.

Par ailleurs, St Paul souligne que notre adhésion au Christ fait de nous des êtres nouveaux. C’est-à-dire que la réconciliation fait de nous des êtres nouveaux, renouvelés. Voici une autre manière de regarder la conversion à laquelle nous sommes appelés : nous devenons des créatures nouvelles grâce à la réconciliation que le Christ accomplit en nous.

Profitons de ce temps de Carême pour nous laisser réconcilier avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Soyons ouverts aux motions du Christ en nous qui nous pousse à la réconciliation et à la vie nouvelle. Préparons notre confession avant la fête de Pâques. Réconcilions-nous les uns avec les autres pour que le Corps du Christ que nous représentons manifeste toujours davantage le visage du Christ ressuscité. Amen !

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