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Homélie du 30ème Dimanche du temps ordinaire


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30ème Dimanche du temps ordinaire


« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »



Frères et sœurs,


On interroge Jésus sur la Loi et Il répond sur l’Amour. Tout est dit. La Loi consiste à aimer, elle doit conduire à aimer, aimer Dieu, aimer son prochain, s’aimer soi-même. Jésus place ou plutôt remet l’Amour au-dessus de la Loi. Pensez-vous, à l’origine, l’homme est fait pour aimer. L’homme est créé à l’image de Dieu, nous dit la Bible. Il est fait pour aimer et pour être aimer. Mais, par le péché originel, nous avons perdu l’état de grâce ; nos capacités d’amour ont été abîmées et blessées. Et l’homme s’est mis à aimer mal et à ne plus aimer. Dieu vient au secours de l’homme par le don de la Loi qui enseigne à aimer. Les paroles entendues dans la première lecture nous redonnent à entendre comment la Loi est formulée : elle est formulée de manière négative, plus sous la forme d’interdits que d’exhortations positives. Cela nous redit combien Dieu a eu besoin de remettre l’homme dans le droit chemin. Avant d’arriver à dire qu’il faut aimer, Dieu nous demande de ne pas faire le mal. Et Jésus replace l’Amour au-dessus de la Loi, le remettant comme la clé donnant tout son sens à la Loi et à la Vie : « De ces deux commandements (l’Amour de Dieu et du prochain), dépend toute la Loi et les prophètes. » dira-t-Il. On interroge Jésus sur la Loi ; Il répond par l’Amour, ou par la Loi d’Amour, pourrait-on dire. C’est une des clés du christianisme.


Je reviens sur les deux commandements que Jésus nous donne. Tout d’abord, Il place l’Amour de Dieu en premier. Il nous dit ainsi que c’est Dieu qui est la source de tout amour, conjugal, familial, amical etc…Il nous dit aussi que c’est Dieu qui nous apprend à aimer son prochain, ce qui n’est pas toujours évident, et que c’est Dieu qui nous apprend à nous aimer nous-mêmes, de manière juste. Les paroles de Jésus nous redisent aussi que l’Amour n’a pas qu’une dimension affective, dimension à laquelle on le réduit trop souvent. Aimer fait appel à la totalité des facultés de l’homme : cœur, âme, esprit. St Luc ajoutera les « forces ». L’amour a une dimension affective, spirituelle, psychique et corporelle. St Thomas d’Aquin a réfléchi à la question de l’amour des ennemis auquel Jésus nous invite. Il nous donne la clé lorsqu’Il nous enseigne qu’aimer c’est d’abord vouloir le bien de l’autre, et non éprouver des sentiments pour l’autre. Je ne m’étends pas davantage sur ces deux commandements parce que j’ai déjà eu l’occasion de les commenter récemment.

Je voudrais davantage m’arrêter sur la maturation de l’Amour, tant les exemples nombreux et actuels nous montrent non seulement que l’Amour est dénaturé, mais aussi qu’il ne grandit pas toujours bien, et ce, même au sein de foyers et de familles catholiques. Notre société, il est vrai, n’aide pas à grandir dans un Amour vrai, tel que Jésus l’a révélé à l’Église ; mais c’est une raison de plus pour mieux préparer et former les chrétiens à l’Amour vrai et authentique auquel nous sommes appelés et pour lequel nous sommes faits. Le fait que l’amour soit dénaturé aujourd’hui, abîmé et maltraité, est une conséquence logique du fait que l’on n’aime pas Dieu. Regardez la manière dont Dieu est considéré ou traité. Il est tenu à l’écart de nos modes de vies, de nos législations. Dieu est toléré dans l’espace privé, mais sa place publique est contestée. En fait, malgré les apparences d’ouverture que nous renvoie notre société, Dieu est vu comme une menace pour la liberté de l’homme, comme si le fait de fonder sa vie sur Lui ou de vivre avec Lui nous rendrait moins libre ou moins heureux. Notre société n’aime plus Dieu. La conséquence est logique : notre société perd le sens de l’amour.

Dans l’Amour, il y a deux réalités profondément unies bien que totalement distinctes : il y a à la fois le plaisir, la satisfaction que reçoit la personne aimée, et il y a le souci du bien, de la satisfaction que j’apporte à l’autre. On peut même ajouter une troisième réalité qui est la fécondité qui découle de l’amour. Sans ces trois réalités, l’amour n’est pas mature, solide. Or, nous assistons depuis plusieurs décennies à un déséquilibre dans la constitution de l’amour, où la réalité du bien que m’apporte l’autre prend le dessus sur le bien que j’apporte à l’autre. Nous entrons alors dans une sorte d’immaturité qui fait que je ne vais rechercher dans l’amour que ce qui me comble, sans me préoccuper de ce que je peux apporter à l’autre. Combien de relations conjugales, amicales, fonctionnent ainsi ! Nous restons ensemble tant que cela m’apporte quelque chose, mais le jour où il faut que je prenne sur moi pour aimer l’autre, alors là je n’y trouve plus mon compte et je me retire de la relation. Or voyez-vous, ce que le christianisme apportait à cette conception de l’amour, c’était la dimension d’offrande personnelle de celui qui aime, qui, à la suite de Jésus, était appelé à se donner lui-même. Un amour vrai, conjugal, amical, se reconnait dans l’épreuve, qui en vérifie la solidité. Deux réalités me semblent importantes dans la maturation de l’amour : la réalité sacrificielle et le pardon. Or, la réalité sacrificielle manque beaucoup aujourd’hui. C’est le fait de prendre sur soi pour aimer l’autre quand l’autre nous énerve. C’est le fait d’aimer l’autre quand l’autre n’est pas aimable. Jésus nous montre l’exemple de manière ultime. Il prend sur Lui au point qu’Il se donne totalement, ne gardant rien pour Lui. Il va jusqu’à donner sa vie. Frères et sœurs, sans aller jusqu’à cet aspect ultime, on grandit dans la dimension sacrificielle de l’amour en étant capable de prendre sur soi et d’offrir intérieurement et spirituellement toutes les petites contrariétés rencontrées. L’autre réalité qui permet la maturation de l’amour est le pardon. Le pardon est une preuve d’amour. Encore une fois, Jésus nous le montre lorsque, au moment de son sacrifice, Il implore le pardon de Dieu sur le monde et sur les hommes qui le mettent à mort. Un Amour qui ne passe pas par le pardon demandé ou reçu ne peut pas être un amour solide et mature. Mais, voyez-vous, tous ces aspects-là nous sont enseignés par Jésus. La déchristianisation de notre société a un lien direct avec l’immaturité de l’amour.


Maintenant, Frères et sœurs, pour nous chrétiens, qui vivons dans le monde tel qu’il est, comment pouvons-nous grandir dans l’Amour ? Comment faire grandir les enfants dans l’amour de Dieu et du prochain ? L’enseignement moral ne suffit pas. Mais nous avons plus, nous avons les sacrements et notamment, l’Eucharistie, sacrement de l’Amour. Tout l’Amour de Jésus qui se donne jusqu’au bout, de manière ultime, est contenu pourrait-on dire dans l’Eucharistie et dans le rite sacramentel de la Messe. Le culte eucharistique, la dévotion eucharistique, nous pousse à nous donner totalement, par Amour, et elle nous fait grandir dans le don que nous faisons. Dans la Communion, nous nous nourrissons de Jésus, qui aime parfaitement Dieu et son prochain. Soyons conscients et ouverts à ce que nous vivons au travers de la Communion. La Communion eucharistique nous transforme parce que c’est Dieu qui agit dans tout notre être ; mais encore faut-il être disponible à son action. L’Adoration eucharistique que nous avons la chance d’avoir sur la Paroisse nous permet aussi de grandir dans le commandement de l’Amour et de nous laisser transformer. La dévotion eucharistique, qu’elle consiste dans la Communion ou dans l’Adoration, transforme nos capacités d’aimer. Que tous ceux qui veulent aimer plus ou mieux viennent s’abreuver à la dévotion eucharistique ; que tous ceux qui veulent aimer ceux qu’ils ne parviennent pas à aimer viennent se nourrir de l’Eucharistie. Frères et sœurs, rien n’est parfait, mais nous avons la chance d’avoir cette dévotion sur la Paroisse. Mais elle n’est pas suffisamment fréquentée. Si tous les paroissiens s’y mettaient, alors nous pourrions sans problème couvrir la totalité de la semaine en terme d’Adoration. Et s’il ne vous était pas possible de prendre un créneau fixe, vous pouvez vous proposer comme remplaçants pour dépanner. Adorer le Saint Sacrement, communier de manière féconde et en état de grâce, transformera vos vies, renouvellera votre amour conjugal, vos relations amicales, nos relations paroissiales, nos relations en général et nous permettra de porter les fruits que Dieu veut. Amen !



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