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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 30ème Dimanche du Temps ordinaire


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30 ème Dimanche du Temps ordinaire


Frères et sœurs,

En ce dimanche, nous continuons à approfondir le thème de la prière, après l’épisode de la la guérison des 10 lépreux qui donnait lieu à une prière d’action de grâce, après l’histoire du juge injuste et de la veuve importune la semaine dernière. Aujourd’hui, Jésus nous présente deux prières : celle d’un pharisien et celle d’un publicain. Regardons un petit peu chacune d’elle.

La prière du pharisien est une prière épouvantable, une prière gonflée d’orgueil, de suffisance, d’arrogance, d’estime de soi. C’est une fausse prière d’action de grâce ; c’est en tout cas, une prière égocentrée. Le pharisien ne pose aucun regard juste sur lui. Sa prière n’est que l’expression de son orgueil : « je fais ceci, je fais cela etc… » Qui est au centre de sa prière ? Moi je ! Je disais que c’est une fausse prière d’action de grâce. Il commence en effet sa prière ainsi : « Mon Dieu, je te rends grâce… » Mais la prière d’action de grâce rend précisément grâce à Dieu pour ce que Dieu fait, pas pour son propre moi. Le meilleur modèle que nous avons est la prière de Marie à travers le Magnificat. Marie rend grâce à Dieu pour l’œuvre de Dieu en elle, non pour tout ce qu’elle est ou ce qu’elle fait…La relation du Pharisien à Dieu est faussée, elle n’est pas vraie. Sa relation par rapport à lui-même est faussée par l’orgueil. Conséquence : sa relation aux autres est faussée. Regardez comment il regarde les autres : « Je ne suis pas comme les autres hommes, voleurs, injustes, adultères etc… » quel portrait ! Nous avons ici l’exemple d’une prière envahie par l’orgueil, qui ne conduit pas à Dieu, mais replie sur soi, sur son « moi-je ». Ce n’est pas une prière vraie.

Le publicain quant à lui est dans d’autres dispositions. Sa prière laisse sous-entendre qu’il pose un regard plus juste sur lui, sur son être. Il a conscience de son péché. Et il implore la pitié de Dieu. Il a une prière humble, vraie et ne pose pas un regard faussé sur les autres parce que sa relation à Dieu est juste.

A partir de ces deux exemples, comment peut-on définir une prière qui soit juste ?

Je dirais en premier lieu qu’une prière vraie nous ajuste à Dieu. En fait, à travers la prière, c’est Dieu qui nous ajuste à Lui. Jésus le dit dans l’Evangile : « Quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste. »

Ce qui fait qu’une prière est vraie, c’est qu’elle naît dans un regard vrai posé sur soi. Elle ne fait pas l’impasse sur nos fragilités, nos limites, nos pauvretés et sur la réalité de notre péché. Une prière qui n’intègre pas la réalité du péché est une prière qui est fausse. Une prière vraie est une prière qui nous ouvre à Dieu et non qui nous replie sur nous-mêmes. La prière nous décentre de nous-même, tout comme la liturgie d’ailleurs, pour nous ouvrir au mystère de Dieu et pour nous ouvrir aux autres.

Demandons-nous comment nous préparons nos temps de prière, comment nous nous disposons à prier. Le Pharisien se tient debout, assez sûr de lui face à Dieu ; le publicain se tient à distance. Il a conscience de la distance qui existe entre Dieu et lui. Comment nous situons-nous par rapport à Dieu ? Prenons garde à ne pas confondre les choses : nous ne sommes pas proches de Dieu; il y a une distance infinie entre Lui et nous ; mais, c’est Lui qui se rend proche de nous. Quand on rencontre une personne haut placée, nous faisons bien attention à la manière dont nous nous adressons à elle ; il doit en être de la même manière avec Dieu, tout proche et tout amour qu’Il soit. Deux dons de l’Esprit-Saint peuvent nous aider à prier de manière plus juste : la crainte de Dieu et l’esprit de piété. La crainte de Dieu ne consiste pas à avoir peur de Dieu, mais implique une conscience aigüe de sa grandeur, de sa sainteté qui fait que nous craignons de Lui manquer de respect, de l’offenser ; l’esprit de piété nous apprend à prier de manière respectueuse, juste et confiante. Bien se disposer à prier est la clé pour avoir une vraie prière, pour vivre une vraie rencontre avec le Seigneur.

Le fruit d’une prière vraie est que la prière nous permettra de nous ouvrir en vérité et en profondeur aux autres plutôt que de rester dans une attitude superficielle, fondée sur des préjugés, comme l’illustre la prière du Pharisien. Quel dommage qu’au sein même des communautés chrétiennes, nous passions à côté des trésors que portent les uns les autres tout simplement parce que nous ne les regardons pas de l’intérieur, comme Dieu fait, mais selon des critères extérieurs comme par exemple le milieu social, la place dans l’Eglise (très instructif !), la manière de prier, de penser, les options liturgiques ou même politiques ! Les préjugés, les certitudes trop rapides, l’orgueil en somme, empêchent de vraies rencontres, profondes. Comment savoir si je ne suis pas trop pris dans ces filets ? C’est simple : une seule question. Quelle conscience ai-je de mon péché, de mes limites ? A partir de là, deux autres questions : est-ce que je me remets facilement en cause ? est-ce que j’accepte de recevoir de la part de ceux qui se situent différemment de moi ? et quelle fréquence ai-je du sacrement de la confession ? C’est le critère qui donne une indication précise sur la justesse de notre relation à Dieu et par conséquent sur le degré de notre ouverture aux autres.

Que le Seigneur nous permette de purifier notre regard sur nous-mêmes pour ajuster notre prière et notre relation aux autres. Amen !

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