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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 3ème Dimanche du Temps ordinaire


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3ème Dimanche du Temps ordinaire


« Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheur d’hommes. »

Frères et sœurs,

Le début du ministère public de Jésus nous montre Jésus qui évangélise. « Évangéliser » : voici un mot qui revient souvent dans nos discours, projets pastoraux. Ce week-end même, nous vivons sur la paroisse un week-end d’évangélisation. Quel contenu précis met-on derrière ce terme ? Pour s’en faire une idée précise, il faut revenir à l’Évangile du jour qui, chez St Marc, nous donne une version simple, brute, une version dégagée de tous détails. En relisant avec attention l’Évangile du jour, nous remarquons que Jésus fait deux choses : il annonce l’Évangile : « Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu » nous dit St Marc. « Proclamer l’Évangile de Dieu » c’est annoncer le règne de Dieu et appeler à la conversion. Reprenons les paroles de Jésus : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » La deuxième chose que fait Jésus, c’est qu’Il appelle à sa suite des disciples. Nous avons ici un premier élément important qui concerne l’évangélisation : l’évangélisation repose sur l’annonce explicite de la Bonne Nouvelle (et la conversion qui va avec) ainsi que sur l’appel à devenir disciple. Une annonce de la foi sans appel à devenir disciple et à s’engager est incomplète.

Je voudrais regarder avec vous quelques éléments propres à l’appel des disciples. Tout d’abord, c’est Jésus qui va les chercher. Il se rend présent sur leurs lieux de travail, dans leurs activités. Il entre dans leur vie et n’attend pas que les gens viennent à Lui, mais Il va sur leur terrain. Trop souvent dans l’Église, dans la mission, nous attendons que les gens viennent à nous. Si l’on veut être missionnaire, c’est à nous d’aller là où les gens sont, dans leur quotidien. Si l’on veut renouveler les personnes engagées dans la mission de l’Église, dans la paroisse, il faut perdre le réflexe d’aller solliciter pour des besoins paroissiaux les personnes qui sont déjà engagés dans des activités paroissiales et prendre le réflexe d’aller solliciter des personnes nouvelles, non encore engagées. C’est ainsi que l’on peut gagner en croissance missionnaire et pastorale.

L’autre aspect qui saute aux yeux, c’est que pour pouvoir répondre à l’appel de Jésus, nous devons vivre des ruptures. Les filets évoqués dans l’Évangile sont aussi bien l’outil de travail que ce qui peut retenir et entraver la liberté. Simon et André laissent leurs filets, c’est-à-dire leurs activités, leur quotidien. Jacques et Jean laissent leur père, c’est-à-dire leur relation. Il ne faut pas entendre cet appel à la liberté, aux ruptures, seulement qu’au moment où nous devenons chrétiens, où nous répondons « oui » à l’appel de Dieu ; mais c’est un appel à entendre toujours et auquel on n’a jamais fini de répondre, même pour des chrétiens de longue date. Dans notre vie de tous les jours, des activités, des relations, même amicales, peuvent nous empêcher d’être libres pour suivre Jésus. Il n’est pas rare que des personnes manquent de liberté pour vivre leur chemin de foi personnel, parce que d’autres chrétiens les bloquent par leur regard, leur manière de penser ou encore par leurs filets personnels dans lesquels ils prennent les autres. Nos « oui » à Dieu, qui sont à redire tous les jours, impliquent également des ruptures à vivre tous les jours. Sans ces ruptures, nous n’aurons pas de liberté suffisante pour suivre Jésus.

Venons-en maintenant à la réponse des disciples. À nouveau, l’Évangile nous interroge : « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » On pourrait être tenté de se dire : c’est une manière d’écrire, de condenser le temps…mais cela ne s’est pas forcément passé aussi vite que cela…Peut-être. Mais il est un fait à ne pas oublier, c’est que la Parole de Dieu est efficace, qu’elle produit immédiatement ce qu’elle dit. Il y a une puissance intrinsèque à la Parole de Dieu, une force qui fait qu’elle tend à réaliser ce qu’elle dit, même si dans le cas de l’Évangile, elle rencontre la liberté de l’homme. L’Évangile nous apprend en outre à ne pas remettre à demain ce qui peut être fait le jour même. Dans la rencontre avec Dieu, il y a une force qui nous dépasse, qui est celle de Dieu dans son éternité. Et cette éternité se donne à nous dans des instants, des moments où nous sommes en communion avec Dieu. Le moment où nous touchons Dieu, où nous Le rencontrons, où nous commuions à Lui deviennent alors des moments très denses et profonds, un peu comme lors de l’Annonciation. Cette puissance peut expliquer la promptitude de la réponse : « Aussitôt. » L’aujourd’hui de Dieu, qui par nature est éternel, se traduit dans notre temporalité par un « immédiatement », « tout de suite ». Il y a encore une autre manière de comprendre la rapidité de cette réponse : c’est que le temps de la grâce et du salut ne sont pas le temps chronologique. Dans l’appel des disciples et leurs réponses à Jésus, il n’y a pas qu’une dimension chronologique ; il y a aussi une dimension de grâce : il s’agit aussi d’un appel au salut qui est accueilli.

Cette réflexion sur la réponse des disciples à Jésus nous amène à réfléchir aux réponses que nous faisons aux appels de Dieu. Ne laissons-nous pas parfois trop trainer nos réponses ? Quels que soient les besoins qui sous-tendent tel ou tel appel de Dieu, ne perdons pas de vue qu’il y a toujours une dimension de grâce, et donc de salut, à travers les appels que Dieu nous faits. Nos « oui » à Dieu nous ouvrent au Salut.

Je voudrais terminer cette médiation sur l’évangélisation par deux faits qui concernent notre vie paroissiale. Lors de notre journée de rentrée paroissiale, nous avons proposé l’après-midi une très belle présentation des différents groupes, mouvements de la paroisse ou liés à la paroisse. Chacun avait très bien préparé ces stands et parmi les paroissiens qui sont venus, beaucoup ont pu découvrir la richesse des propositions paroissiales, souvent méconnues. Les gens qui étaient là, étaient des paroissiens réguliers ou occasionnels. Mais quid du tout venant ? Si cette présentation a permis à des paroissiens de s’inscrire dans tel ou tel groupe, il faut reconnaître que nous touchons la limite de l’ouverture au tout venant, puisque, hormis quelques exceptions que nous pouvons tous connaître, l’Église n’est plus aujourd’hui un pôle attractif par elle-même. Ce constat général nous amène à inverser la logique du rapport au monde et pousse l’Église, si elle veut continuer à être vivante et dynamique, à aller à la rencontre des gens en les rejoignant sur leurs terrains. C’est ce que nous avons voulu mettre en œuvre à travers ce week-end missionnaire où nos jeunes amis sont partis rendre visite au nom de la paroisse les habitants de deux quartiers de Vernon. Dans ces visites, nos jeunes missionnaires n’ont pas seulement été des donneurs (informations, tracts), ils se sont aussi fait demandeurs, relayant à leur manière l’appel de Jésus à Le suivre. Annonce explicite de la foi et appel marchent ensemble. Merci aux personnes qui sont venues adorer le St Sacrement dans les locaux de l’Annonciation pour confier ces rencontres au Seigneur ; merci aux paroissiens qui de chez eux ont prié pour ces visites. Merci à ces jeunes disciples qui ont donné de leur temps pour faire entendre l’appel à suivre Jésus et à Le rejoindre dans son Église.

Que le Seigneur ravive en chacun de nous l’ardeur missionnaire et le zèle pour l’évangélisation. Amen !

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