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Homélie du 3ème Dimanche du Temps Ordinaire


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3ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,


La prière d’ouverture de la messe, la collecte, nous dit ceci : « Dieu éternel et tout-puissant, dirige notre vie selon ton amour, afin qu’au nom de ton Fils bien-aimé, nous portions des fruits en abondance. » C’est dans cette optique que je vous propose de lire les textes de la liturgie de ce jour : porter des fruits en abondance. La question posée est celle de notre fécondité.

Et pour réfléchir à notre fécondité, regardons Jésus. L’Évangile selon St Marc nous place au début du ministère de Jésus. Jésus inaugure son activité apostolique en partant dans un territoire cosmopolite, ouvert aux échanges, commerces, avec des populations païennes. Il apporte lui-même la lumière de l’Évangile à ces terres plus éloignées du cœur du Judaïsme. Cet acte est prophétique. Il signifie que le monde est appelé à l’Évangile et à la foi. Jésus aurait certainement pu aller en priorité dans les lieux très religieux, comme à Jérusalem, au Temple, se révéler comme le Messie. Mais Il ne procède pas comme cela. Il va d’abord là où le caractère religieux est le moins marqué. Demandons-nous quels sont les lieux où l’Evangile est aujourd’hui absent, où Dieu n’est pas présent. Quels sont les lieux qui nous appellent ? L’histoire de l’Évangélisation nous montre que souvent, les milieux les mieux préparés à accueillir la foi sont ceux qui l’accueilleront le plus difficilement, et que les lieux, les personnes les moins préparés, auront un accueil plus généreux. Ainsi en a –t-il été entre le Judaïsme et les Païens quant à l’accueil de la foi chrétienne.

« Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm ». Jésus vient habiter. Celui qui est l’Emmanuel, Dieu avec nous, habite notre humanité, notre monde. En habitant, il permet qu’on puisse venir à Lui et qu’on puisse le trouver. Dans une perspective d’évangélisation, de mission, cela nous interroge. Avons-nous le souci de fonder des lieux où l’on saura pouvoir trouver Jésus. Dans les premiers temps d’évangélisation de notre pays, ces lieux de présence de Jésus étaient les communautés religieuses, les monastères. Aujourd’hui, à l’heure où nous souhaitons que l’Église soit ouverte et accessible à tous, il me semble important que l’on puisse accéder tant à Jésus, présent sous les saintes espèces eucharistiques, qu’à Jésus présent dans les membres de sa communauté. Ce souci de permettre à Jésus d’habiter un lieu ne peut reposer que sur des clercs, des religieux ou des religieuses, mais il doit reposer sur tout baptisé. De nos jours, on voit des couples, des familles, parfois des communautés, s’installer dans des endroits où l’Église, les chrétiens ne sont plus présents. Ces initiatives sont courageuses et profondément missionnaires. Portons ce souci : comment pouvons-nous davantage faire habiter Jésus dans des lieux où Il n’est pas présent ? Notre prochain conseil paroissial abordera cette question.

« Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’homme. » Jésus appelle. Il n’appelle pas à sa suite des gens qui sont déjà derrière Lui, mais Il appelle des personnes nouvelles en allant les chercher sur leurs lieux de vie, d’activité, de relation. Jésus est libre d’appeler qui Il veut. Trop souvent dans l’Église, lorsque nous cherchons des personnes pour un service, pour un projet nous avons le réflexe mortifère de chercher parmi les gens que nous connaissons qui nous pouvons appeler, solliciter. Bien souvent ce sont des gens qui donnent déjà beaucoup ! En fait, c’est l’inverse qu’il faut faire. Il faut appeler des personnes complètement nouvelles, extérieures à nos réseaux, non seulement pour leur permettre de vivre une expérience du Christ, mais aussi pour permettre à l’Église de s’enrichir, de se développer et de grandir. L’Église grandit en élargissant son rapport au monde. N’ayons pas peur de demander un service, si petit soit-il, à une personne pas encore dans l’Église, proche de l’Église ou qui a des activités complètement différentes. Ce sont des gens comme cela que Jésus a choisis et appelés pour porter l’Évangile au monde.

« Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues ». Enfin, Jésus enseigne et forme ses disciples. Il ne peut y avoir de mission sans formation. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, la Pentecôte qui signifie l’envoi de l’Eglise en mission, n’a lieu qu’après Pâques. Les disciples envoyés en mission doivent être passés par le mystère pascal de Jésus, par le mystère de sa mort et de la Résurrection. Ce n’est qu’une fois qu’ils seront passés par le cœur de la foi chrétienne qu’ils pourront en vivre, en témoigner et l’annoncer. Une Eglise, une paroisse qui évangélise se doit d’être correctement formée et se doit de pouvoir former correctement. Formation et évangélisation ne sont pas à opposer, mais s’appellent l’une et l’autre.

Enfin, pour porter du « fruit en abondance » comme le disait la Collecte de la messe, il nous faut être crédible et uni. Une famille qui n’est pas unie ne peut pas donner envie d’être rejointe. Saint Paul le rappelle dans la deuxième lecture : « Qu’il n’y ait pas de division entre vous. » L’unité est fondamentalement un don de Dieu que l’homme, par son péché, son orgueil, a abîmé. Aujourd’hui, œuvrer pour l’unité de l’Église, des chrétiens, appelle nécessairement une attitude et un travail de conversion toujours d’abord personnelle avant d’être une revendication que l’on brandit comme un slogan. Une fausse conception de l’unité s’est répandue, parfois même au sein de l’Église, conception qui consiste à ne penser l’unité que selon des principes et des critères humains, ce qui constitue une impasse. L’unité ne peut se réduire qu’au seul dénominateur commun de ce que nous partageons. Certes, ce qui nous rassemble, ce que nous partageons en commun est premier, mais pas suffisant. L’unité se construit aussi sur l’acceptation des différences des autres. C’est dans le refus de cette acceptation que se trouve la source du véritable intégrisme. Le véritable intégrisme réside dans l’absolutisation de points de vus personnels que l’on impose aux autres, contestant et niant de ce fait la différence qu’apporte l’autre. Un couple qui ne construirait son unité que sur ce qu’il partage en commun sera un couple en danger et fragile. L’unité de l’Église ou d’une paroisse est fragile lorsqu’elle ne repose que ce sur quoi tout le monde est d’accord en ne parvenant pas à assumer ce qui est différent et peut ne pas plaire à tel ou tel. L’unité vient de Dieu ; elle a un prix : elle appelle une véritable attitude de conversion, d’ajustement et de sacrifices. Il n’y a pas d’amour vrai dans un couple sans sacrifice. Les couples ici-présents le savent bien. Il n’y a pas d’unité vraie sans sacrifice.

Puissions-nous mettre nos pas dans ceux de Jésus, en allant habiter les lieux où Il n’est pas présent, en appelant des personnes nouvelles, en ayant le souci de nourrir notre foi et de nous former. Soignons notre unité en apprenant aussi à estimer l’autre, et alors nous pourrons porter des fruits en abondance. Amen !

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