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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 3ème Dimanche de Pâques


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3ème Dimanche de Pâques

« Touchez-moi : regardez ! un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai ! »


Frères et sœurs,

L’Évangile que nous venons d’entendre met l’accent sur le corps du Ressuscité. Jésus insiste pour que ces Apôtres le touchent, pour qu’ils le voient manger : « Un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai » leur dit-Il. La Résurrection n’est pas seulement le fait que la Vie continue après la mort ; elle n’est pas seulement le fait que l’âme est immortelle. La Résurrection du Christ c’est une création nouvelle dans une unité recréée après la division introduite par la mort. La mort a en effet introduit une division entre l’âme et le corps ; la Résurrection manifeste une unité nouvelle retrouvée, recréée entre l’âme et le corps, mais un corps qui, cette fois-ci, n’est plus corruptible, ni soumis à l’espace et au temps.

Voyez-vous, il faut nous arrêter sur cet aspect de la Résurrection, parce que trop souvent, nous réduisons la Résurrection à une simple vie après la mort, à une sorte d’éternité, mettant au second plan la question du corps. Si, dans le condensé de la foi donné par l’Église, nous affirmons tous les dimanches : « Je crois en la résurrection de la chair », c’est bien parce que Jésus est ressuscité avec son corps, annonçant ainsi que nous-même nous ressusciterons avec notre corps.

La période des 40 jours séparant la Résurrection de Jésus de l’Ascension est très importante pour les disciples, car Jésus affermit leur foi en la Résurrection. Il les force à vivre de la foi et dans la foi, Il leur apprend à lire et à comprendre les Écritures, Il les pousse à affronter leur doute et à les dépasser. Les Apôtres ne pourraient jamais être envoyés en mission si leur foi en la Résurrection n’était pas solidifiée et affermie par Jésus.

Mais il y a plus. En faisant que ses disciples touchent les marques de sa Passion, touchent son Corps Ressuscité, Jésus fait de ses disciples, déjà passés par la Passion, son corps ressuscité. Autrement dit, la communauté des croyants disciples de Jésus, déjà formée par Jésus pendant les trois années de son ministère public, est en train de devenir le Corps du Christ ressuscité. L’Église, instituée et formée par Jésus, passée par les affres de la Passion, en touchant le corps du Ressuscité est en train devenir le Corps du Christ Ressuscité, qui sera prochainement envoyée en mission et dans laquelle Jésus se donnera de manière totale et définitive. Jésus faisait des miracles ? Les Apôtres également. La première lecture que nous avons entendue fait suite à une guérison opérée par Pierre. Jésus guérissait ? L’Église également par ses sacrements. Jésus enseignait ? L’Église aussi : nous le voyons à travers le discours de Pierre dans la première lecture. L’Église, Épouse du Christ, devient le Corps du Christ Ressuscité. Tous, nous faisons partie en Église du Corps du Christ Ressuscité : nous y sommes entrés par le sacrement du baptême.

En tant que membres du Corps du Christ Ressuscité, nous sommes appelés non seulement à annoncer la Résurrection de Jésus, mais aussi à témoigner dans notre vie de la Vie du Ressuscité. Je vous propose donc que nous nous interrogions sur notre manière de vivre de la Résurrection dans notre vie de tous les jours. Pour cela, je relève trois points d’attention :

  • Croire en la Résurrection implique immédiatement d’annoncer la Résurrection. L’annonce découle de l’acte de foi. Un chrétien qui dit croire en la Résurrection mais qui ne l’annonce pas est un chrétien qui ou bien n’y croit pas vraiment ou bien n’en vit pas vraiment. Marie-Madeleine croit en la Résurrection. Elle devient immédiatement première annonciatrice. Pierre croit désormais en la Résurrection de Jésus, on le retrouve dans la première lecture en train d’haranguer les foules et d’évangéliser. Dans l’Évangile, Jésus dit bien à ses Apôtres : « À vous d’en être les témoins. » Donc, demandons-nous : est-ce que nous annonçons la Résurrection de Jésus autour de nous ? est-ce que nous témoignons de notre foi ? de ce que Dieu fait dans nos vies ? Est-ce que nous ouvrons ceux avec qui nous vivons à l’Amour tout-puissant de Dieu ?

  • Dans la deuxième lecture, St Jean attire notre attention sur notre manière de vivre : « Voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements. » et encore : « Je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. » En tant que chrétien, notre manière de vivre est regardée. Comme au temps de Jésus, nous oscillons entre le respect des commandements, avec son excès du Pharisianisme, et une attitude de liberté, avec son excès qui consiste à donner l’impression de se moquer de tout. St Jean nous rappelle que si nous péchons, le pardon nous est offert en Jésus. Se posent alors à nous deux questions : comment vivons-nous en cherchant et en faisant le Bien ? et comment vivons-nous du sacrement du pardon qui nous régénère ?

  • La Résurrection est le triomphe de l’Amour tout-puissant de Dieu sur le mal et sur la mort. Comment vivons-nous de cette puissance d’amour dans nos vies ? Comment aimons-nous les gens qui nous sont chers ? ceux que nous avons du mal à aimer ? Là aussi, nous pouvons et devons aller plus loin. Nous remarquons que dans l’état de la Résurrection, Jésus est là au milieu de ses disciples, puis Il disparaît. Nous remarquons qu’Il transmet la paix. Seul l’Amour, manifesté au plus haut point dans la Résurrection de Jésus, nous permet d’abolir les distances physiques, géographiques et même quelque part l’altérité. Lorsque nous aimons quelqu’un, celui qui est aimé vient habiter en nous. Seul l’Amour dépasse les limites de l’altérité et parvient à faire exister celui qui aime dans la vie de l’autre et celui qui est aimé dans sa propre vie. C’est déjà une manière de vivre le mystère de la Résurrection, bien que de manière encore imparfaite. Mais, à travers ce que nous pouvons déjà nous-mêmes expérimenter, nous pouvons comprendre quelque chose du nouveau mode de présence de Jésus qui se joue des limites de l’espace et du temps.

Frères et sœurs, profitons de ce temps pascal pour fortifier notre foi en la Résurrection, en méditant les textes choisis par la liturgie au cours des messes de ce temps de Pâques. Profitons du temps pascal pour approfondir nos modes de vie de membres du Corps du Christ Ressuscité et pour pouvoir être missionnaires et évangélisateurs autour de nous. Amen !

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