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Homélie du 3ème Dimanche de l’Avent

Voici l'homélie de ce dimanche mais elle n'a pas été prononcée car , écrit le Père Julien " nous avons eu la surprise d'avoir l'évêque ce matin."


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3ème Dimanche de l’Avent

« L’esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. »


Frères et sœurs,


La couleur particulière de la liturgie de ce jour attire notre attention sur l’approche de la fête de la Nativité. La naissance de Jésus n’évoque pas seulement la joie du souvenir des fêtes de Noël, mais elle nous invite à la joie parce que c’est pour chacun de nous, personnellement, que Jésus vient. Le prophète Isaïe nous redit pour qui et pour quoi le Messie vient : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. » Le Messie vient pour guérir, apporter la Bonne Nouvelle, rendre heureux, libérer du péché, de la tristesse, de l’oppression.

La grande particularité de sa venue est qu’Il viendra, tout en étant extérieur à nous, de manière intérieure à nous-mêmes. L’être humain n’a pas par lui-même la capacité de guérir sa nature. Cette guérison ne peut venir que d’un principe extérieur à la nature humaine, mais qui entre au plus profond de la nature humaine pour agir de l’intérieur. Je reviendrai sur cet aspect-là pour la fête de Noël : Dieu nous guérit, nous sauve et nous aime en se faisant l’un de nous. Il agit de l’intérieur, même s’il passe par des intermédiaires extérieurs. Jean-Baptiste le dit dans l’Évangile : « Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »

Frères et sœurs, là est la joie profonde de l’Évangile de ce jour : Dieu agit de l’intérieur en nous alors que la plupart du temps, nous n’en avons aucune idée et que c’est bien plus tard que nous le découvrons. Il fait en chacun de nous ce qu’Il a fait pendant des siècles non seulement chez les Hébreux, mais aussi chez les Peuples païens pour préparer sa venue.


La venue de Dieu en nous, son action au plus profond de notre être doit nous amener à prêter attention et à soigner notre vie intérieure : « N’éteignez pas l’Esprit » nous dit St Paul dans la deuxième lecture. Le premier moyen de guérison en nous ou de construction réside dans la prière. Lorsque nous prions, nous nous ouvrons à Dieu et nous Le laissons agir dans nos réalités intérieures, ce qui ensuite rejaillit extérieurement. Ainsi St Paul exhorte-t-il les Thessaloniciens à « prier sans relâche », à « ne pas mépriser les prophéties ». Se laisser façonner par l’Esprit-Saint doit nous amener sans arrêt à bien faire des choix, dit autrement, à faire de bons choix, à les faire en choisissant le bien. C’est notamment ici que nous passons de la transformation intérieure à la transformation extérieure : « Discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. » Nos choix, nos décisions ne doivent jamais être faits en fonction de nos goûts personnels, même s’ils ont leur place dans le discernement, mais en fonction du bien. Si je fais telle chose, accepte tel engagement, est-ce en faveur du bien du plus grand nombre ? est-ce en faveur de mon bien ? est-ce que cela sert l’amour de l’autre ? C’est par ce travail intérieur que Dieu se révèlera dans nos vies et touchera le cœur de ceux qui nous voient vivre. Ce travail intérieur où l’Esprit-Saint est maître d’œuvre se vérifiera également dans la pureté, la pureté du cœur, de l’âme et de l’esprit. Frères et sœurs en ces temps om nous préparons nos cœurs à la confession avant Noël, ne limitons pas notre confession à une série d’accusation d’actes. Les actes sont ce qu’ils sont, bons ou mauvais, c’est tout. Là où nous pouvons progresser et agir, c’est sur le discernement des intentions qui nous conduisent aux actes. Les actes sont toujours la conséquence d’un processus qui nous a conduit à.


Et c’est forts de ce travail intérieur-là que nous pouvons participer à l’édification de nos frères et sœurs en assumant, comme Isaïe, notre mission de prophète en témoignant de la présence et de la proximité de Dieu qui nous rejoint. Isaïe dit en effet : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » La consécration dont il est question est autant celle du prophète Isaïe, qui en vertu de cette onction reçoit une mission, que celle du Messie qui se trouve déjà annoncé. L’onction est ce qui donne la grâce de Dieu pour assurer, assumer une mission, en l’occurrence, ici, celle de prophète. Comme le révèle l’étymologie du mot prophète, le prophète est celui qui parle devant ou qui parle en avance. Le préfixe grec pro peut avoir un sens géographique ou temporel. Quel que soit le sens retenu, le prophète est celui qui annonce, qui va parler à la place de. Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, le dit lui-même dans l’Évangile : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ». La voix est le support de la Parole. On pourrait dire de manière plus moderne que Jean-Baptiste est porte-parole.

Mais, Frères et sœurs, je reviens à la question de l’onction. Nous-aussi, par notre baptême, nous avons reçu l’onction avec le Saint-Chrême qui reprend à elle-seule 3 onctions : celle de prêtre, de prophète et de roi. J’en ai parlé lors de la fête du Christ-Roi. Ce qui m’intéresse en ce dimanche, c’est l’onction prophétique. Par notre baptême, nous avons aussi reçu une onction qui fait de nous des prophètes, comme Jean-Baptiste, avec la mission d’être des porte-paroles, de parler devant les autres, au Nom de Dieu. Comme Jean-Baptiste, nous recevons la mission de témoigner de la joie de la venue du Seigneur dans notre vie et notre monde et de préparer les cœurs à accueillir le Messie.


Que cette messe renforce en nous notre vocation prophétique et missionnaire ainsi que celle de l’Église, pour préparer nos cœurs et les cœurs de ceux qui nous entourent, à la fête de la Nativité. Amen !




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