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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 3ème Dimanche de l’Avent



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3ème Dimanche de l’Avent

« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »

Frères et sœurs,

La joie qui colore ce troisième dimanche de l’Avent réside dans l’annonce faite par Jean-Baptiste de cette Bonne Nouvelle : « Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas. » La cause de notre joie réside précisément en ceci : nous n’avons pas à appeler Dieu, nous n’avons pas à l’attendre, nous n’avons pas à espérer sa venue : Il est déjà là. Il y a plusieurs manières de comprendre cette parole de Jean-Baptiste : « Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas. »

Il peut tout d’abord s’agir de la révélation de la présence du Messie au milieu de son peuple. Effectivement, au moment où Jean-Baptiste parle, Jésus est déjà présent dans le peuple d’Israël. Le Messie attendu est déjà là.

Mais Jean-Baptiste peut aussi évoquer la divinité de Jésus voilée sous les traits de l’humanité : c’est en ce sens que l’on peut comprendre « Celui que vous ne connaissez pas » : son identité profonde de Fils de Dieu n’est pas encore dévoilée.

Et puis, il y a une autre manière de comprendre cette parole. Jean-Baptiste nous révèle la présence de Dieu au plus profond de nous-même. En ce sens, nous développons la logique de l’Incarnation : Dieu n’est pas à chercher en dehors de nous-même, mais au plus profond de nous-même. Ainsi « Au milieu de vous » s’entend comme : « Au plus profond de vous ». C’est donc en développant notre vie intérieure, notre vie de prière, que nous découvrirons Dieu en nous.

Quelle que soit la manière dont nous comprenons cette parole de Jean-Baptiste, la cause profonde de notre joie, de cette joie qui doit marquer notre vie de tous les jours, est que le Sauveur n’est pas à faire venir dans nos vies, mais qu’Il est déjà présent, agissant, mais de manière voilée.

Arrêtons-nous justement sur cette joie de la proximité, de la présence du Sauveur.

La première lecture développe les raisons de cette joie. Nous sommes sauvés. Quoi que nous vivions, que cela soit des déceptions profondes, des épreuves personnelles, professionnelles, de santé, l’approche de la mort, la perte du sens ou du goût de la vie, nous sommes sauvés par Celui qui vient guérir ceux qui ont le cœur brisé, qui vient délivrer ceux qui sont prisonniers de leurs péchés, de leurs addictions, de leur histoire. Nous sommes dans les mains de Dieu, et cette conscience, cette certitude, cette confiance sont sources de joie pour nous. Il y aura toujours quelque chose de plus grand et de plus beau après. Là réside la joie chrétienne. C’est une joie profonde, solide, durable que nous donne d’ailleurs la liturgie, lorsque nous arrivons à entrer dedans. Parce que la liturgie fondamentalement ne célèbre pas l’homme, mais Dieu. Elle conduit à Dieu et met en présence du Sauveur. La joie chrétienne n’est pas une sorte d’exubérance ou d’excitation survoltée, qui pour un temps pourrait nous faire quitter ou oublier notre quotidien. Non elle est stable, solide, profonde, parce qu’elle a sa source dans la présence de Dieu.

Cette joie, l’Évangile l’évoque à tel ou tel moment : par exemple lorsque Jésus parle de la joie de celui qui a perdu une brebis et qui part à sa recherche. Lorsqu’il l’a retrouvée, il revient tout joyeux, et les autres brebis se réjouissent également du retour de celle qui était perdue. En ce dimanche de joie parce que le Sauveur est proche de nous, notre paroisse se réjouit de l’entrée en Église de Gladisse, d’Alexandre, de Morgane, de Mallory et de Karl. Nos jeunes amis ont découvert dans leur vie la proximité du Sauveur et ils ont commencé leur catéchuménat pour mieux le connaître et Le laisser grandir et s’épanouir dans leur vie. Nous les assurons de notre prière pour ce chemin de Vie qu’ils entreprennent, afin qu’ils trouvent aussi les appuis solides nécessaires pour avancer dans la vie chrétienne et pour trouver leur place dans l’Église. Nous sommes aussi heureux d’accueillir au sein de la Paroisse 4 amis baptisés dans des églises protestantes : Évelyne, Landry et Yann, qui ont été baptisés dans l’Église évangélique du Cameroun et Mélanie, qu’un certain nombre d’entre nous connaissent, qui a été baptisée dans l’Église luthérienne ; tous les 4 choisissent d’intégrer l’Église catholique pour vivre leur foi. Ces différentes entrées dans l’Église de Dieu, dans une société française qui continue à se déchristianiser, sont des signes de vie et de croissance. Il faut nous en réjouir et savoir non seulement les reconnaitre mais aussi les accueillir.

Revenons maintenant à Jean-Baptiste qui nous est montré en exemple ce dimanche. Nous avons tous à modeler notre sur lui. Ce qui frappe dans l’entretien qu’il a avec les prêtres et les lévites envoyés par les Pharisiens, c’est qu’avant de répondre sur sa mission, il commence par dire qui il n’est pas. Ainsi, il n’est ni le Christ, ni le prophète Elie, ni le prophète annoncé. Jean-Baptiste reste à sa place ; il ne se met pas à la place des autres et en l’occurrence du Messie. D’ailleurs, il dira plus tard qu’il faut qu’il s’efface, qu’il diminue pour laisser le Christ grandir. Nous pouvons tous être des Jean-Baptiste pour nos enfants, lorsque nous transmettons la foi et que nous permettons de découvrir le Seigneur, lorsque nous sommes catéchistes ou simplement des amis qui permettons à des connaissances de découvrir Jésus. Mais à un moment donné, il faut savoir s’effacer. Notre but est de conduire à Jésus, de mettre en sa présence, de permettre une rencontre, mais nous ne sommes pas Jésus. Il faut accepter que le chemin de ceux que nous avons accompagnés soit le leur et par conséquent, soit différent du nôtre. Nous n’avons pas à user de notre place particulière à un moment donné pour orienter ou conditionner le positionnement de ceux que nous avons pu aider et notamment dans la Vie en Église. Prenons garde à ce que notre « ascendant » sur des personnes que nous avons pu accompagner ne vienne influencer le chemin de foi de ces dernières. On voit parfois des parents désorientés lorsqu’ils se rendent compte que leurs enfants prennent des chemins de pratiques qui n’ont pas été les leurs, par exemple des chemins plus traditionnels. Mais il faut accepter que l’affirmation de la foi chrétienne aujourd’hui en 2021 pour un jeune ou un jeune adulte se fait dans un contexte différent d’il y a 20 ou 30 ans. Chaque personne aura son chemin propre. À la suite de Jean-Baptiste, il faut savoir s’effacer et laisser chacun avancer dans sa relation à Jésus et à l’Église.

Rendons grâce au Seigneur pour tous les signes de vie qu’Il nous donne, pour le Salut qu’Il vient nous offrir en Jésus et confions à l’intercession et à la protection de la Sainte Vierge tous ceux qui découvrent le chemin de la foi et de Jésus. Amen !

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