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Homélie du 3ème Dimanche de Carême - Messe des scrutins


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3ème Dimanche de Carême

 Messe des scrutins

 

« Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais Celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive.’ »

 




Frères et sœurs,

Chers amis catéchumènes,

 

            Il est édifiant de regarder la manière dont Jésus procède dans l'Évangile. Pour nous ouvrir aux réalités surnaturelles, Jésus part toujours des réalités naturelles. L'Évangile que nous venons d'entendre part de la soif de Jésus qui a chaud, en plein milieu de la journée, pour arriver à Jésus qui est la source d'eau vive, source capable d'étancher toute soif. Jésus agit de la même manière par rapport à la nourriture. Pour préparer ses contemporains à Le recevoir comme nourriture, comme Pain du Ciel, Jésus va à plusieurs reprises multiplier les pains et les poissons pour les habituer à tout recevoir de lui. L’Ancien Testament s’enracine dans la même pédagogie. L’expérience du peuple hébreu au désert, qui va souffrir de la faim et de la soif, conduit ce dernier à se tourner vers Dieu pour obtenir de Lui la nourriture et l’eau. À travers cette éducation et cette obéissance que Dieu façonne, se joue déjà la préparation des cœurs et des âmes à comprendre que Dieu est Celui qui nous nourrit, et qui nous abreuve. À chaque fois, Dieu part des réalités naturelles pour nous conduire aux réalités surnaturelles. En comblant nos appétits humains, Il nous prépare à L’accueillir comme Pain de vie et Source de vie éternelle.

 

            Pour entamer cette conversation à Lui, Source de la Vraie Nourriture et de la Vraie Boisson, Jésus se fait demandeur : « Donne-moi à boire ! » demande-t-Il à la Samaritaine. C’est ainsi qu’Il entre en dialogue avec nous. Il nous demande un service. La parole de Jésus « Donne-moi à boire » anticipe une des dernières paroles de Jésus sur la croix « J’ai soif ». Au-delà du fait que Jésus a soif de l’amour des hommes qu’Il est venu sauver, qu’Il a soif que l’œuvre de son Père soit accomplie, cette parole nous renvoie à l’heure de la croix où son cœur sera transpercé et d’où jailliront de l’eau et du sang. Le moment où le Christ devient source de vie éternelle est donc sur la croix, où son cœur va s’ouvrir et d’où jaillira le salut. La croix est le lieu de transformation des manques de notre humanité, Jésus a soif, en une source de grâce, Jésus va devenir source d’eau vive. La croix est le lieu de transformation du péché en salut, de la mort en vie, de nos manques en source de grâces et de bénédictions. Les Pères de l’Église et l’Église ont interprété l’eau et le sang qui jaillissent du cœur de Jésus comme le signe non seulement de son humanité et de sa divinité, mais aussi comme le signe des sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Cela signifie que les sacrements ne deviennent efficaces qu’au moment de l’offrande suprême de Jésus sur la croix, offrande portée par l’amour.  Jésus transforme donc la mort en vie, donnant ainsi accès à la vie éternelle.

Savez-vous frères et sœurs que ce que nous croyons est intégré dans l’édification de nos églises ? Le christianisme celtique a introduit au moins dans notre Occident cette réalité spirituelle et sacramentelle dans la manière de construire nos églises.  Vous savez que l’Autel représente le Christ. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est à deux reprises encensé au cours de la messe : au début de la messe et à l’offertoire. Du cœur du Christ jaillissent de l’eau et du sang. Du cœur de l’autel vont couler de l’eau et du sang. Le sacrement de l’Eucharistie est célébré sur l’autel et découle ainsi du cœur du Christ lui-même, tandis que l’eau, qui symbolise le sacrement du baptême, coule de l’autel, reprenant également la prophétie d’Ézéchiel qui voyait de l’eau s’écouler du côté droit du Temple. C’est la raison pour laquelle les autels et par suite les chœurs des églises sont toujours construits sur des veines d’eau souterraines, voire sur des croisements de veine d’eau. C’est Saint Colomban, moine irlandais de la fin du VIème siècle, qui a introduit et généralisé cette manière de construire toutes nos églises dans notre Occident. Il en est ainsi en France, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Pologne, dans tous les pays, au moins européens. Ce que je vous rapporte là n’est pas une petite anecdote drôle, mais c’était une réalité spirituelle et théologique incorporée dans nos édifices consacrés, que beaucoup ne savent malheureusement plus lire aujourd’hui.

 

            Cette source d’eau vive qui coule du cœur du Christ transpercé nous est donnée à travers le sacrement du baptême qui jaillit du cœur du Christ. C’est ce sacrement que nous nous préparons à renouveler lors de la fête de la Vigile pascale et que nos amis catéchumènes se préparent à recevoir à travers les scrutins qu’ils vont vivre lors des trois dimanches qui viennent. Les scrutins sont des prières d’exorcisme par lesquelles l’Église appelle l’Esprit-Saint pour qu’Il descende au plus profond du cœur des catéchumènes afin de les purifier et de les libérer des traces du péché originel qui ferment notre nature à la grâce divine. Ainsi libérés et fortifiés contre le malin qui contribue à rendre difficile leur ultime chemin vers Dieu, ces derniers ouvrent de plus en plus profondément leur cœur et leur être à la grâce de Dieu qui leur sera donnée dans le sacrement du baptême.

 

Frères et sœurs, prions pour les catéchumènes que Dieu nous envoie et qu’Il nous confie. Ayons à cœur de faire leur connaissance et de les aider à trouver leur place dans cette nouvelle famille qu’est la paroisse, et plus généralement l’Église. C’est un réel signe prophétique que Dieu nous envoie ces catéchumènes qui frappent à la porte de l’Église. Aujourd’hui notre paroisse en compte 47, mais partout nous constatons une augmentation significative et importante des catéchumènes. Ils sont la réponse de Dieu à la crise que vit l’Église ces dernières décennies ainsi qu’à la purification que vit notre Église. Dans toutes les périodes de trouble et de crise que l’Église a connues, Dieu l’a toujours renouvelée en faisant se lever de nouvelles figures de sainteté, non pas issues de la hiérarchie, mais venant la plupart du temps du peuple de Dieu. C’est certainement ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Accueillons avec gratitude ce don de Dieu et ayons à cœur d’accompagner nos jeunes amis dans leur vie chrétienne. Amen !

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