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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 3ème Dimanche après l’Epiphanie


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3ème Dimanche après l’Épiphanie

« Domine, non sum dignus ut intres subtectum meum ; sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea »


Frères et sœurs,

Ce troisième dimanche après l’Épiphanie nous lie encore au temps de Noël au sens où les textes de la liturgie de ce jour manifestent l’universalité du Salut offert en Jésus. L’Évangile nous présente deux guérisons : celle d’un lépreux, fils d’Israël, qui doit se soumettre à la Loi de Moïse comme Jésus l’y invite et celle d’un serviteur d’un centurion, donc certainement un païen. Jésus guérit les deux. Le Juif et le païen sont exaucés et sauvés. Cette double guérison nous montre aussi que Jésus accueille toute demande sans faire acception des personnes. Le lépreux est considéré comme impur et par conséquent il est exclu ; le centurion est un homme établi, reconnu qui a un statut, un pouvoir et une notabilité. Qu’il est bon de nous redire que Jésus accueille favorablement tous ceux qui se confient à Lui avec un cœur droit, sincère, quels que soit son histoire, son péché, son statut.

Regardons maintenant de plus près les deux demandes de guérison. Le lépreux n’a certainement plus beaucoup d’espoir de guérison. Il est à toute extrémité et sa demande le fait ressortir : « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me guérir. » « Seigneur », « Domine », il reconnaît et confesse la divinité de Jésus. Sa prière est épurée : il accepte de dépendre en tout de la volonté de Jésus. « Si vous le voulez… » Quel abandon ! Combien de fois nous avons des attitudes de marchands avec Dieu. Nous avons du mal à nous dessaissir de nous-mêmes, de nos demandes…du mal à avoir une prière simple et chaste : « Si vous le voulez. » Et puis, derrière cet abandon, il y a un acte de foi : « Vous pouvez me guérir ». Le lépreux peut s’abandonner complètement à la volonté divine parce qu’il a foi en la puissance divine de Jésus et en sa bonté. Ce matin, demandons-nous avec quelle foi nous présentons nos prières au Seigneur. Quelle foi, quelles forces sommes-nous prêts à engager dans notre prière ?

Le centurion, lui, confesse aussi la divinité de Jésus. Par son attitude : « Un centurion vint à Lui, le suppliant ». supplex, en latin : le genou. L’attitude qui consiste à se mettre à genoux est une attitude d’Adoration qui implique la conscience de la divinité. On se met à genoux en présence de Dieu. Puis, il confesse la divinité de Jésus par l’emploi du même terme : « Seigneur », « Domine ». D’autre part, la requête du centurion laisse entrevoir sa grande charité. Il ne demande rien pour lui-même, ni pour un des siens, mais pour un de ses serviteurs. Il est humble, a une attitude de charité et pose un acte de foi en la divinité de Jésus, alors qu’il n’est pas Juif. Nous avons ici les principaux ingrédients qui font la force et la beauté d’une prière : humilité, amour, foi.

Ce matin, demandons-nous encore avec quel amour nous offrons nos prières ? Plus la charité habite nos prières, plus nos prières vont tout droit dans le cœur de Dieu.

Lorsque nos prières sont justes, portées par la foi, l’espérance et la charité, le Seigneur répond. Dans les deux cas, Jésus intercède et exauce les prières. Le lépreux est guéri selon la demande qu’il avait lui-même formulée : « Je le veux, sois purifié. » Vous remarquerez que Jésus étend la main, le touche et lui dit cette parole. Nous avons ici tous les éléments du sacrement : un geste qui touche le corps, une imposition des mains, une parole divine. Cette guérison a lieu par une grâce de contact direct : jésus touche le lépreux.

Dans l’autre cas, il n’y a pas de toucher direct. Jésus agit à distance.

Nous pouvons donc distinguer 3 modes d’action de Jésus : un mode d’action direct. Jésus touche le lépreux et le guérit. Un mode d’action sacramentel confié à l’Eglise par lequel Jésus continue à guérir ; et un mode d’action à distance dans lequel la puissance divine agit au-delà de l’espace et du temps. Si le mode d’action de contact direct de Jésus a disparu, puisque Jésus n’est plus présent de manière humaine parmi nous, le mode d’action sacramentel et le mode d’action à distance continuent à exister aujourd’hui. Mais les deux présupposent un acte de foi de notre part.

Je vous invite à réfléchir à notre manière de communier, puisque la liturgie de l’Église a choisi de reprendre cette belle parole du centurion : « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea. » La Sainte Communion n’est jamais un droit à revendiquer ou à exiger : elle est un don à accueillir, avec humilité, respect, amour, foi. Et s’il nous arrivait d’être dans un état de vie qui nous empêche de recevoir le Corps du Seigneur, vivons la Communion de manière spirituelle, comme le centurion qui reconnaît sa propre indignité. Son acte de vérité, d’humilité, n’empêche pas le Seigneur d’exaucer sa prière. Au contraire !

Portons en ce dimanche tous ceux qui se préparent à ce grand sacrement, confions tous ceux qui ont la mission de préparer les enfants, les catéchumènes à recevoir le Corps de Jésus et demandons au Seigneur la grâce de grandir dans notre vie de prière, dans notre vie humaine, dans la foi et dans l’Amour. Amen !

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