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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 29ème Dimanche du temps ordinaire


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29ème Dimanche du temps ordinaire


Frères et sœurs,

La question que nous pose l’Évangile du jour est une question à laquelle nous nous confrontons souvent. Dieu exauce-t-il nos prières ? Comment y répond-il ? Cette question est importante car il arrive que des enfants au catéchisme ou même que des adultes nous disent ne plus croire en Dieu parce qu’ils n’ont pas été exaucés dans leur prière. En fait, la réponse de Dieu à nos prières est bien mystérieuse ; dans le fond, la réponse ne nous appartient pas ; et c’est cela qu’il faut accepter. C’est précisément là que souvent, il y a un malentendu. Nous avons l’impression que, si nos demandes nous paraissent légitimes, nous avons le droit à avoir une réponse de Dieu…et subrepticement, nous nous mettons à la place de Dieu !

Un passage de l’Évangile éclaire de manière précise ce que j’évoque-là. Jésus donnera un enseignement sur la prière en disant à ses disciples : « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira ! » Ces quelques paroles sont très éclairantes. Ce qui nous revient à nous, c’est de demander, de chercher et de frapper. Ce qui revient à Dieu, c’est de nous donner, de faire que l’on trouve et de faire que l’on nous ouvre. Chacun à sa place. Nous, nous demandons et nous laissons Dieu répondre sans nous mettre à sa place. C’est là qu’est souvent le piège. Avec les meilleures intentions, nous nous mettons souvent à la place de Dieu ; mais dès lors la relation est faussée…et si Dieu ne nous répond pas comme nous l’entendons ou comme nous le voulons, alors nous ne le rejetterons. La prière doit être chaste : on reçoit de Dieu, on n’exige pas de Lui.

Ce que l’Évangile nous apprend, ce que L’Église nous enseigne, c’est que Dieu répond toujours. Et quand bien même, Il répondrait par le silence, ce silence aura un sens et sera une réponse. L’Évangile nous rapporte cette scène quelque peu drôle : la pauvre veuve sera exaucée, non pas parce que le juge est juste, mais parce qu’elle l’irrite. Nous pouvons ici admirer la toute-puissance de Dieu qui ne nous répond pas de manière directe et immédiate, mais qui nous répond en passant par d’autres, par nos limites, nos pauvretés, en passant malgré notre péché. La toute-puissance de Dieu se donne à voir par les médiations qu’Il utilise pour répondre à nos prières. Et ceci est la règle générale par laquelle Dieu nous répond. Dieu passe par les autres, Dieu passe partout, Dieu passe par le péché des autres pour nous répondre. L’exception, c’est lorsque Dieu nous répond de manière immédiate, sans médiation. Cela peut arriver, mais ce n’est pas la manière ordinaire. C’est ainsi que Dieu passe pour nous donner le Salut : Il choisit de passer par la Vierge Marie. C’est ainsi que Jésus procède pour nous donner le Salut : Il passe par l’Église qu’Il a instituée.

Mais quel message encourageant et plein d’espérance de nous rendre compte que Dieu passe par nous, par les autres, malgré notre péché. Nos limites, nos pauvretés, notre péché n’entravent pas son œuvre de salut ! Du reste, nous le voyons bien à travers l’histoire de l’Église qui n’a pas toujours été sainte. Cette Église pécheresse, parfois infidèle, n’a jamais empêché l’œuvre de Dieu !

Néanmoins, Jésus nous indique quelques pistes pour perfectionner notre prière. J’en vois 2 à travers les lectures du jour.

Tout d’abord, la communion. Une prière portée par plusieurs personnes est toujours plus puissante qu’une prière portée par une personne seule. La première lecture nous rapporte cette vérité à travers l’intercession de Moïse. Lorsqu’Aaron et Hour soutiennent les mains de Moïse, Moïse peut intercéder. Nous avons besoin des autres pour prier. Et plus nous serons en communion les uns avec les autres, plus notre prière sera forte. Derrière toute vie de prière se trouve la question de notre ecclésialité. Comment vivons-nous en Église ? Comment sommes-nous unis les uns aux autres ? Et même si je prie tout seul, ai-je conscience que je suis en communion avec toute l’Église, à travers les religieux, les religieuses qui prient ? Il est toujours bon et juste de terminer un temps de prière personnelle par la prière du Notre-Père, non seulement parce que c’est la prière que Jésus nous a enseignée, mais aussi parce que cette prière nous met en communion avec tous les chrétiens. Rien que par cette prière, je suis en communion avec l’Église tout entière. Derrière la question de notre ecclésialité se trouve aussi la question de l’amour que nous avons les uns les autres. Plus l’amour habite le cœur de ceux qui prient, plus nos prières seront puissantes sur le cœur de Dieu. Avec la communion entre les personnes qui prient, l’amour qui unit ces mêmes personnes, vous voyez la puissance de la prière en famille…

Le deuxième élément qui me paraît important pour perfectionner notre prière est la foi. Une prière portée par la foi est une prière qui traverse tous les obstacles et arrive directement dans le cœur de Dieu. Souvenez-vous de ce paralysé qui cherchait à atteindre Jésus et qui n’y arrive pas, et qui va être porté par 4 hommes dont Jésus dira, en voyant leur foi : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ! » Le paralysé sera guéri grâce à la foi des 4 porteurs qui l’ont conduit à Jésus.

Si la toute-puissance de Dieu se donne à voir dans le fait qu’Il passe par tout et par tous pour répondre à nos prières, la prière en Église, avec d’autres, la prière portée par la foi et par l’amour, se fraye un chemin jusqu’à Dieu. Vivons dans la foi notre vie de prière avec Dieu ; restons bien à notre place et laissons à Dieu le soin de nous répondre. Nous nous ouvrirons ainsi à ce que Dieu veut nous donner et c’est comme cela que nous approfondirons notre vie avec Dieu. Amen !

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