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Homélie du 28 avril


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2ème Dimanche de Pâques



Frères et sœurs,

Le dimanche qui vient après Pâques est appelé le dimanche de la Miséricorde, car nous voyons Jésus Ressuscité exercer la miséricorde envers le pauvre disciple Thomas qui n’était pas présent au soir de la Résurrection. Bien sûr, Thomas est aussi l’image de chacun de nous qui peut avoir des doutes dans sa foi, qui peut avoir du mal à accueillir le témoignage de ceux qui étaient présents.

Je voudrais méditer avec vous, non pas tellement sur la figure de Thomas, parce que je pense que cela est fait chaque année, mais plutôt sur les dons du Ressuscité à ses Apôtres et à son Eglise. Je retiens 3 dons : la paix, les sacrements et les charismes.

Commençons par le don de la paix qui est le don par excellence du Ressuscité. Dans le court extrait d’Evangile que nous méditons ce jour, Jésus donne par trois fois la paix à ses Apôtres : deux fois de suite lors de sa première apparition ; une autre fois lors de sa venue 8 jours après. La paix est le don du Ressuscité. C’est la raison pour laquelle, après réflexion, l’Eglise a maintenu ce geste après la Consécration et avant l’Agnus Dei et ne l’a pas passé avant l’offertoire, comme la Parole de Jésus dans l’Evangile selon St Matthieu pouvait l’y inviter : « Et quand tu vas déposer ton offrande devant l’autel, si là, tu te souviens que tu as quelque chose contre ton frère, dépose ton offrande et va d’abord te réconcilier avec lui. » Pourquoi la paix est-elle le don par excellence du Ressuscité ? Parce que le Ressuscité est passé par la mort, qui est l’angoisse ultime de tout homme et qu’Il en est revenu. Toutes nos peurs, toutes nos angoisses s’enracinent dans la mort. Par sa Résurrection, Jésus est revenu de la mort et, effectivement, sur lui, la mort n’a plus aucun pouvoir. Il faut bien réfléchir au geste de la paix que nous accomplissons lors de chaque messe. En fait, la paix nous est déjà donnée par le prêtre lorsqu’il nous dit : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ! » En répondant : « Et avec votre esprit ! », vous signifiez que vous accueillez cette paix qui vient du Ressuscité, maintenant présent sur l’autel. Le geste de transmission de la paix est facultatif ; mais il revient à transmettre à votre voisin, à votre prochain, cette paix que vous venez d’accueillir. Il ne s’agit pas à ce moment-là de saluer le voisin que vous n’avez pas eu le temps de saluer ou de prendre des nouvelles de tel ou tel.

Ce don du Ressuscité nous appelle aussi à réfléchir sur la paix que nous mettons en œuvre autour de nous. Comment la construisons-nous ? Dit autrement, est-ce que la paix que nous cherchons est toujours vue, implorée et recherchée comme un don de Dieu ? On a souvent l’impression que la paix est plus vue comme un équilibre entre différentes forces, opinions présentes, ou alors comme la recherche d’un consensus, descendant si besoin jusqu’au plus petit dénominateur commun. Si la paix est construite comme cela, c’est dire combien elle est et sera fragile ! La paix sera forte si elle ne repose pas seulement sur notre dénominateur commun, mais si elle intègre nos différences ; ultimement, elle sera forte si elle repose sur Dieu, source de Vérité et d’unité, en un mot, si elle est construite sur Dieu et non à partir des hommes.

L’Evangile présente deux autres dons provenant du Ressuscité : les sacrements de la rémission des péchés et de la confirmation : « Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : ‘Recevez l’Esprit-saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » St Jean ne rapporte pas dans son Evangile l’Evènement de la Pentecôte, 50 jours après Pâques, mais il la mentionne dans ce souffle de Jésus sur ses Apôtres qu’il met le soir même de la Résurrection. Il nous montre ainsi le lien qui existe entre la Pentecôte et la Résurrection de Jésus : l’envoi en mission des Apôtres est intimement lié à la Résurrection du Christ ; la mission de l’Eglise est liée à la Résurrection.

A travers ce souffle de Jésus, nous pouvons voir deux sacrements : la rémission des péchés et la confirmation. La rémission des péchés est explicitée à travers les paroles de Jésus : « A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous les maintiendrez, ils seront maintenus. » La confirmation, nous la déduisons de l’allusion à la Pentecôte à travers le souffle de Jésus et cette parole : « Recevez l’Esprit-Saint. »

Ces deux sacrements évoqués ici sont présentés comme des dons du Ressuscité à son Eglise pour la fortifier et lui permettre d’assumer la mission qui sera la sienne. La confirmation vient affermir la foi des Apôtres et des disciples ; la confession vient permettre la réconciliation avec Dieu et entre les hommes entre eux. Tous deux fortifient et purifient la vie du Ressuscité dans la toute jeune Eglise.

Enfin, je voudrais terminer par évoquer un autre don, issu du Ressuscité, même s’il n’est pas présenté de manière explicite dans l’Evangile. On le trouve en revanche exprimé dans la première lecture: il s’agit de ce que l’on appelle les charismes. Les Actes des Apôtres nous rapportent les nombreuses guérisons accompagnant l’Evangélisation des premiers chrétiens. Les charismes que l’on trouve mentionnés dans les Actes des Apôtres, que l’on trouvera mentionnés dans la bouche de Saint Paul, sont des secours imprévisibles et improvisés librement par l’Esprit-Saint, en plus de ce qui est nécessaire pour notre salut. Ces grâces sont destinées à aider l’Eglise dans sa croissance, dans des phases plus difficiles. On les trouve encore dans des périodes d’expansion missionnaires, comme pour affermir l’Eglise et confirmer sa divinité. On considère que la période des charismes s’étend de l’âge apostolique jusqu’à la fin du IIIème siècle. Ces grâces, données par l’Esprit-Saint, découlent de la puissance de la Résurrection du Christ. Ces dernières décennies, on a beaucoup parlé de ce que l’on appelle le ‘Renouveau Charismatique’. Le Renouveau charismatique est né dans les années 70 en Amérique et est arrivé progressivement en Europe. Il s’agissait de groupes de louanges qui priaient et se confiaient à l’Esprit-Saint pour demander à l’Esprit de Dieu d’agir dans nos vies. Il y a eu un certain nombre de miracles, de guérisons qui ont eu lieu dans ces groupes et qui ont contribué non seulement à renouveler la foi des chrétiens, mais aussi à convertir un grand nombre de personnes, à les réveiller dans leur foi. En matière de liturgie, le Renouveau charismatique a contribué à redonner aux chrétiens et à l’Eglise le sens et le goût de la prière et du sacré. L’Eglise doit beaucoup à ce mouvement qui lui a permis de sortir des affres et des dégâts de la mauvaise application du concile Vatican II. Si aujourd’hui, le Renouveau charismatique continue d’inspirer un certain style de prière, de louange, les nombreux miracles, charismes d’il y a 30 ans s’essoufflent. C’est le signe que le ‘Renouveau charismatique’ a apporté ce qu’il fallait à l’Eglise, au moment où il le fallait, et que maintenant, l’Eglise est appelée à une phase d’évangélisation et d’intériorisation plus profonde de la foi.

Rendons grâce au Christ Ressuscité pour les dons qu’Il donne à son Eglise qui lui assurent sa vitalité, son dynamisme et sa croissance. Puissions-nous accueillir la Paix, don du Christ Ressuscité, vivre des sacrements et être ouverts aux impulsions de l’Esprit-Saint. Amen !

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