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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 27ème Dimanche Temps ordinaire


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27ème Dimanche Temps ordinaire

« Voici l’héritier : venez, tuons-le, nous aurons son héritage. »

Frères et sœurs,

L’image de la vigne est fréquente dans la Bible, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Elle représente deux réalités : d’une part le peuple d’Israël, puis par extension, le peuple de Dieu ; d’autre part, Jésus lui-même, qui dira dans l’Évangile de St Jean : « Moi, je suis la vigne ; mon Père est le vigneron. » Jn 15, 1. Par suite, Jésus s’identifiera au vin puis au Sang.

Nous pouvons donc lire cette parabole selon au moins deux pistes : en prenant la vigne comme une image du peuple de Dieu puis comme l’image du Fils, de Jésus.

Il y a une première lecture simple que nous pouvons faire de cette parabole : il s’agit d’une allégorie des envoyés de Dieu qui n’ont pas été accueillis par les vignerons. Le fils du propriétaire envoyé par la suite sera tué et pour finir, la vigne sera donnée à d’autres. Nous reconnaissons sans difficultés les différentes personnes envoyés par Dieu à son peuple, notamment à travers les prophètes, qui n’auront pas été accueillis. Le fils envoyé est Jésus, Fils de Dieu, condamné à mort et tué. La vigne confiée à d’autres est l’image de l’ouverture de l’Église aux païens. Il s’agit d’une sorte d’allégorie prophétique par laquelle Jésus annonce sa mort, la fermeture de cœur des Juifs et l’ouverture de la foi et de l’Église aux païens.

Il est intéressant de regarder dans la parabole ce qui conduit les vignerons qui ont reçu la charge d’entretien de la vigne à rejeter et à tuer les envoyés du Maître. En fait, les vignerons se sont appropriés un bien qui n’était pas le leur. L’Évangéliste dit bien : « Il loua cette vigne à des vignerons. » Ils ont oublié qu’on leur a confié cette vigne : ils s’en estiment propriétaires et se sont mis à leur compte. De ce fait, ils n’accueillent pas les envoyés du Maître et même tueront le fils en disant : « Tuons-le, nous aurons l’héritage ! »

Il existe un danger qui guette tous ceux qui travaillent à la vigne : c’est celui qui consiste à se considérer propriétaire de la vigne, du peuple de Dieu. C’est le danger qui consiste à se mettre à son compte. Ce danger guette tout le monde : ministres de l’Église comme fidèles accomplissant une mission ou rendant un service. A nouveau, dans l’Église, personne n’est à son compte, personne n’est propriétaire de sa mission. On accepte de recevoir sa mission et de la remettre. On accepte de passer la main. L’Évangile est clair : dès l’instant que l’on oublie que nous sommes des serviteurs, nous passons à côté des envoyés de Dieu et nous n’accomplissons plus l’oeuvre de Dieu, mais la nôtre.

Notre rapport au peuple de Dieu, à l’Église, doit être chaste. Il y a une véritable liberté et maturité à acquérir dans notre rapport à l’Église, peuple de Dieu. Cette dernière n’a pas à devenir l’objet de prise de possessions personnelles ou de groupes de pression. Bien souvent, lorsque des tensions existent dans le Peuple de Dieu au sujet de la Vigne, l’origine en est dans un manque de liberté et de chasteté par rapport à l’œuvre de Dieu, dans l’appropriation personnelle et exclusive d’un bien qui n’est pas le mien.

Cette dérive existe aussi par rapport à Jésus. La tentation a toujours existé de mettre la main sur Jésus, et derrière sur Dieu, comme s’Il était un Bien que nous possédions. C’est d’ailleurs de ce danger dont se préserve le judaïsme en, appelant Dieu, Yahwé, c’est-à-dire le Nom ineffable, que l’on ne peut ni dire ni prononcer. Ce que nous vocalisons en Yahwé a été traduit en hébreu par Adonaï. Dans le judaïsme, nommer, appeler, c’est dire que l’on connaît, que l’on maîtrise. Or, pour nous garder de la prétention de mettre la main sur Dieu, le Judaïsme emploie un terme que l’on ne peut pas prononcer.

La tentation de mettre la main sur Jésus a existé durant son ministère. Combien de fois vient-on à Jésus en voulant faire de Lui le Roi ? La tentation de mettre la main sur Dieu a aussi toujours existé, en oubliant que participer à l’œuvre de Dieu ne signifie pas agir comme si nous étions maîtres de Dieu !

Ce que nous pouvons dire spirituellement sur notre rapport à Dieu doit aussi s’exprimer dans notre manière de communier. Quelle que soit notre manière de communier, que nous communions à la bouche ou à la main, nous devons communier de manière digne, en recevant Jésus, et non en le prenant, en mettant la main sur Lui. Cette disposition pour recevoir la Sainte Communion est plus simple en communiant à la bouche, mais si nous communions à la main, n’oublions pas de recevoir Jésus avant de communier plutôt que d’attraper la Sainte hostie des mains du prêtre. Notre attitude physique pour communier doit refléter notre attitude et nos dispositions spirituelles.

Demandons la grâce au Seigneur de pouvoir trouver notre place et de pouvoir rester à notre place dans la Vigne de Dieu. Que Saint Jean-Baptiste et Notre-Dame nous aident à devenir et à demeurer des serviteurs, profondément ouverts à Dieu et à ses envoyés. Amen !

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