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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 26 mai



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6ème Dimanche de Pâques



Frères et sœurs,


Dans l’Evangile, nous voyons comment Jésus a préparé ses disciples à sa Passion et à sa Résurrection. Il l’a fait à plusieurs reprises. En ces jours qui précèdent l’Ascension, nous voyons comment à nouveau Jésus prépare ses disciples à son départ : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père et que Père est plus grand que moi. » leur dit-il.

Je vous propose de nous arrêter sur cette première parole de Jésus : « Je m’en vais et je reviens vers vous. » Il y a deux manières de la comprendre. Il peut s’agir d’une préparation de Jésus à l’égard de ses disciples avant sa Passion. « Je m’en vais » : annonce de sa Passion et de sa mort ; « Je reviens vers vous » : annonce de sa Résurrection. Nous pouvons aussi comprendre cette parole d’une autre manière. Elle peut préparer les disciples de Jésus à son départ, à l’Ascension. Dans ce sens : « je m’en vais » : allusion à l’Ascension ; « Je reviens vers vous » : allusion au nouveau mode de présence de Jésus après son Ascension. C’est à partir de ce deuxième sens que je souhaiterais ce matin réfléchir avec vous sur la manière dont nous vivons l’absence humaine de Jésus.

Si notre temporalité est marquée par l’absence humaine de Jésus, elle est aussi marquée par d’autres modes de présence du Christ : lorsque deux ou trois sont réunis en son Nom ; dans l’Ecriture ; dans les évènements de notre vie ; au plus haut point dans les espèces eucharistiques que sont le Pain et le Vin. L’Evangile que nous entendons aujourd’hui nous redit que pour vivre en l’absence humaine de Jésus, le Père nous a donné l’Esprit-Saint. Voilà comment nous pouvons vivre ce temps dans lequel Jésus n’est plus présent humainement. Nous sommes dans le Temps de l’Esprit-Saint. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce que l’on appelle aujourd’hui le Temps ordinaire, s’appelait autrefois le temps après la Pentecôte, le temps de l’Esprit-Saint.

Demandons-nous comment nous vivons de l’Esprit Saint. « Mais le Défenseur, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon Nom, lui vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Une piste nous est suggérée dans les paroles de Jésus. « Il vous enseignera tout » : L’esprit-Saint est celui qui nous enseigne. Il est celui qui guide l’enseignement de l’Eglise. Il est celui qui développe et actualise l’enseignement de Jésus. Comment vivons-nous de l’enseignement de l’Eglise ? qui ne se limite pas seulement à l’homélie du dimanche…Vous êtes un certain nombre à demander des enseignements : catéchétiques, spirituels, bioéthiques, liturgiques. Ces enseignements, qui nourrissent notre foi et la fortifient, font partie d’une vie chrétienne sous la mouvance de l’Esprit-Saint. Pour répondre à ces demandes, nous lancerons l’année prochaine deux formations : une catéchèse pour adultes à raison d’une soirée par mois et un parcours de formation à des aspects du droit canon, le droit de l’Eglise, pour ce qui concerne la vie de l’Eglise et toutes les préparations aux sacrements qu’assure la paroisse : baptêmes, catéchisme, mariage, funérailles.

L’Evangile aborde aussi une autre caractéristique de notre temporalité : nous vivons dans la mouvance du don de la Paix de Jésus : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » Comment comprendre ce don de la paix de Jésus ?

Deux choses sont à considérer. La première : « Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La paix selon l’esprit du monde, c’est la recherche de l’absence de conflits qui passe généralement par un équilibre entre les forces distinctes voire opposées. La paix de Dieu est d’un autre ordre. Il s’agit d’un don qui vient du Christ, de Celui qui est passé par la mort, angoisse fondamentale et ultime de l’homme, et qui en est revenu. Dès lors, la mort, la peur, l’angoisse, n’ont plus aucun pouvoir sur le Christ. C’est la raison pour laquelle la paix est un don du Ressuscité. Par ailleurs, la paix, don de Dieu, n’empêche pas les tracas, les oppositions, les conflits. Elle les dépasse.

La deuxième chose à noter est que, depuis le don de la paix par Jésus, notre monde ne vit pas dans la paix. Cela ne remet pas en cause le don de Dieu, mais plutôt sa réception, son accueil. Cela nous appelle, au-delà de ce qui fait notre vie, nos soucis, nos préoccupations, nos conflits, cela nous appelle à accéder plus profondément au don de la paix par Dieu lui-même. De quelle nature est-elle ? Elle réside dans le fait que par la Passion et la Résurrection de Jésus, nous sommes entrés dans une Alliance qui a été rendue parfaite par Jésus lui-même ; nous sommes entrés dans une Alliance que rien ne pourra casser ou remettre en cause. Et telle est la raison de cette paix profonde. Nous pouvons nous tromper, renier Dieu, le trahir, l’abandonner, vivre dans le péché, cela ne remet en rien en cause le don que Jésus nous offre dans la Nouvelle Alliance qu’Il est venu accomplir. Même si notre temporalité est traversée par des crises, des épreuves, personnelles, ecclésiales etc…, nous sommes appelés à vivre ce temps de l’absence humaine de Jésus dans la paix, don de Dieu qui a vaincu la mort. Demandons-nous comment nous accueillons ce don de la paix qui nous vient de Jésus. A quel niveau de profondeur le vivons-nous ?

Puisse l’Esprit-Saint, que nous recevrons de manière renouvelée lors de la fête de la Pentecôte, nous aider à nous ouvrir aux moyens que Dieu met à notre disposition par son Eglise pour vivre l’absence humaine de Jésus. Amen !

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