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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 26ème Dimanche du Temps ordinaire


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26ème Dimanche du Temps ordinaire

« Lequel des deux a fait la volonté du Père ? »

Frères et sœurs,

Jésus nous présente aujourd’hui un cas dans lequel nous pouvons tous nous retrouver : comment répondons-nous aux appels de Dieu? et tenons-nous toujours nos paroles et nos engagements ? Vaste question…

Le premier point de ma réflexion est le suivant : l’importance de la cohérence, de l’adéquation entre nos paroles et nos actes. Nous savons que cette cohérence est fondamentale et nécessaire pour la crédibilité du message évangélique que nous portons. La preuve en est : quelles catastrophes et quel contre-témoignage lorsque nous ne vivons pas tels que nous le disons, lorsque des membres de l’Église posent des actes qui contredisent le message dont ils sont porteurs…Les deux éléments sont importants : la parole, ce que nous disons, et les actes, ce que nous faisons. C’est la cohérence des deux qui porte du fruit. L’évincement de l’un des deux sera préjudiciable au témoignage. L’absence d’un engagement verbal, d’une annonce explicite de la foi, fera défaut au témoignage et à l’évangélisation. Nous avons pu le voir dans les années post-conciliaires au cours desquelles l’enfouissement dans le monde des chrétiens, sans annonce explicite de la foi, a conduit à une dissolution de l’Église dans le monde et à une absorption par le monde. Ce mouvement qui, pourtant à l’origine louable, voulait rejoindre les gens éloignés de l’Église, et en cela l’intuition était belle, a favorisé une déchristianisation des familles, faisant de la foi une affaire exclusivement privée, personnelle et quasiment secrète.

À l’inverse, l’annonce seule, sans les actes, sans les œuvres qui vont avec, ne rend pas crédible l’annonce de l’Évangile…Qui n’a jamais entendu : « Pourquoi aller à la messe ? quand on voit Mme Machin qui y va, et puis, ce qu’elle fait, ce qu’elle dit etc… »

Mon propos n’est pas de dire que l’un est bien, l’autre mauvais. Il est de dire qu’il y a besoin des deux, car c’est dans la conjonction et l’adéquation des deux que se joue la fécondité du témoignage.

Reste un point important : si les deux sont fondamentaux, vous n’enlèverez jamais qu’un acte posé aura plus de poids que des paroles. Bien souvent, nous entendons ceci, cela au sujet d’une personne…regardons les actes et les faits !

Le cas du premier fils est intéressant. Il refuse d’aller travailler à la vigne, puis finit par se raviser et par y aller. Cet exemple, repris par Jésus qui nous dit que c’est celui-ci qui fait la volonté du Père, nous montre que faire la volonté de Dieu ne réside pas dans l’immédiateté de nos réponses. Bien plus, faire la volonté de Dieu, réside plutôt dans l’attitude de conversion : passer d’un refus à une acceptation, passer d’un non à un oui. Nous touchons ici un élément important : faire la volonté de Dieu ne se joue pas dans l’instantané, mais dans un principe dynamique, dans la durée.

Au sujet de la conversion, qui est le cœur de l’accomplissement de la volonté divine, la première lecture nous donne un élément important. Le prophète Ézékiel exhorte ces compatriotes à se remettre en cause personnellement avant de vouloir remettre Dieu en cause. Le peuple hébreu avait été déporté à Babylone, en raison de l’endurcissement de leur cœur et en raison de leur refus d’obéir, et ils accusaient Dieu : « Vous dîtes : ‘La conduite du Seigneur n’est pas la bonne.’ Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? » Cette remarque du Seigneur au peuple d’Israël nous amène à nous demander si nous nous remettons en cause personnellement. Il n’est pas possible de faire la volonté du Père sans se convertir ; il n’est pas possible de se convertir sans se remettre personnellement en cause. Alors soyons concrets : dans les différends, dans les conflits que nous pouvons avoir ou vivre, indépendamment de la question de celui qui a tort ou qui a raison, est-ce que nous nous remettons en cause ? Est-ce que nous arrivons à rester dans la charité ? Quelle est notre fréquence du sacrement de la réconciliation ? Retenons, frères et sœurs, du cas du premier fils, que la volonté de Dieu s’accomplit et se déploie dans le temps. Dieu agit dans le temps et non dans l’immédiat.

Si la conversion consiste à passer d’un refus à une acceptation, d’un non à un oui, la conversion consiste aussi à grandir dans nos « oui ». Un « oui » donné au Seigneur ou à l’Église de manière instantanée, qui n’est pas repris et qui continue dans le temps, tout au long de la vie, à grandir, à mûrir, est beau. Spontanément, on parlera d’une maturation, d’un approfondissement. Combien sont beaux les couples qui arrivent à 50, 60, 70 ans de mariage ! Combien leur « oui » est beau, creusé dans le temps, ayant affronté toutes les tempêtes, les épreuves que peut contenir une vie…La maturation de nos « oui » fait partie aussi d’un processus de conversion. Parce qu’un « oui », prononcé une fois, doit être reprononcé tous les jours. Et tous les jours, nous pouvons avoir l’occasion de ne pas redire « oui ». Le meilleur exemple qui nous est donné est celui de la Sainte Vierge. Marie dit « oui » une fois pour toute lors de l’Annonciation ; mais son « oui » va devoir être redit tout au long de sa vie. Bien plus, son « oui » va mûrir par la croix qui va ouvrir Marie à une fécondité non plus seulement naturelle, en ce qu’elle est la Mère de Jésus, mais aussi à une fécondité surnaturelle au sens où Marie, au pied de la croix, devient Mère de l’Église. Combien est-il beau ce « oui » de Marie qui mûrit dans le temps, dans la foi ! L’exemple de la Sainte Vierge est là pour nous aider à dire « oui » au Seigneur, à tenir nos « oui » dans le temps, à les redire, surtout lorsque cela devient difficile…pour nous ouvrir le Ciel ! Cet exemple est aussi un encouragement que je voudrais adresser à toutes les personnes qui avancent en âge, au point parfois de se demander, ce qu’elles font encore sur terre, si elles ont encore un rôle à jouer, si elles ne sont pas un poids pour ceux qui restent…Si vous êtes dans ce cas-là, vous demandant quel est le sens de votre vie, n’oubliez pas que le « oui » que vous avez prononcé à Dieu lors de votre baptême, lors des renouvellement de votre baptême à chaque Vigile pascale, lors de chaque messe, de chaque communion, n’oubliez pas que votre « oui » ne peut que prendre du poids, de la beauté avant de rencontrer le Seigneur face à face. Votre « oui » en mûrissant ne peut que s’ouvrir toujours plus au « oui » de Dieu.

Frères et sœurs, tournons nos cœurs vers Marie, Mère du Oui, pour que nos « oui » s’ajustent toujours plus à l’éternel « oui » de Dieu pour faire la volonté du Père. Amen !

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