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Homélie du 24 février


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7ème Dimanche du Temps Ordinaire



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7ème Dimanche du Temps Ordinaire


Frères et sœurs,

L’Evangile que nous venons d’entendre nous interroge sur la manière dont nous aimons. Nous qui sommes fils de Dieu par le baptême, aimons-nous comme Dieu ? à l’image de Dieu ? Jésus montre clairement jusqu’où va l’exigence chrétienne de l’amour : « Aimez vos ennemis, faîtes du bien à ceux qui vous haïssent. » C’est là que nous sommes attendus. Dans la même logique, les communautés chrétiennes ont un témoignage de charité important à donner au monde : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples » dit Jésus à ses Apôtres. (On ne peut pas dire que ce soit toujours cette image que les communautés chrétiennes donnent à voir au monde…)

Pour comprendre ce à quoi Jésus nous appelle lorsqu’Il nous dit : « Aimez vos ennemis », il faut se souvenir que l’amour a 4 dimensions : on aime avec ses forces (dimension physique), avec son intelligence (dimension psychique), avec son âme (dimension spirituelle) et avec son cœur (dimension affective). Trop souvent, on réduit l’amour a sa seule dimension affective. Mais c’est une réduction. A la suite de Jésus, St Thomas d’Aquin nous dit qu’aimer c’est vouloir le bien de l’autre. Jésus nous invite donc à chercher le bien de l’autre, même si l’autre est une personne qui ne nous aime pas ou qui nous fait ou nous a fait du mal. La capacité de vouloir le bien de l’autre implique d’être capable de ne pas partir que de son ressenti, de son expérience, en somme de son moi, mais de pouvoir partir de la relation que nous avons avec Dieu, qui Lui, veut le bien de tous, des gentils comme des ingrats. En fait, ne pas aimer l’autre, au sens de ne pas vouloir son bien, révèle une certaine immaturité dans notre propre relation à Dieu. Aimer est aussi un acte de notre volonté, où l’on décide de vouloir aimer l’autre, malgré ce que peut être l’autre.

Il y a deux éléments aujourd’hui qui peuvent nous empêcher d’aimer l’autre. C’est tout d’abord, le fait de ne pas être pleinement en vérité. La vérité sur soi, sur les autres, dans nos relations, dans nos comportements nous permet d’être plus libres pour aimer et vouloir le bien. Tout manque de vérité nous empêche d’aimer pleinement l’autre. Aujourd’hui, quand dans des communautés chrétiennes se répand un mauvais climat, il faut s’interroger sur la qualité de vérité qui existe entre les membres de la communauté. Bien souvent, il y a des ragots, des rumeurs, des impressions personnelles que l’on fait passer pour des vérités, mais on ne dit pas les choses en face, aux personnes concernées. Par contre, on les dit aux autres. Ces attitudes ne sont pas conformes à l’Evangile et aux paroles de Jésus : « Si tu as quelque chose contre ton frère, va le trouver et parle-lui. S’il ne t’entend pas, prends avec toi une ou deux personnes sages et retourne le trouver. » Beaucoup de choses seraient plus simples si les chrétiens vivaient dans la Vérité.

Le deuxième élément qui nous empêche d’aimer l’autre en vérité l’autre est le péché. Le péché est une atteinte à la vérité et diminue notre liberté. Bien sûr, nous sommes tous pécheurs, mais le péché non confessé, non pardonné affecte notre capacité d’aimer. Lorsque nous en avons après des personnes, qui plus est entre chrétiens, lorsque nous avons du mal à aimer tel ou tel frère ou sœur de la communauté chrétienne, interrogeons-nous d’abord en vérité sur notre propre péché et sur notre pratique du sacrement du pardon et de la réconciliation.

Le signe qu’un amour est vrai est qu’il laisse place au pardon demandé comme donné. Le pardon est la preuve de l’amour. Celui qui est incapable de demander pardon est incapable d’aimer complètement. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » dit Jésus. La miséricorde, qui est le pardon que Dieu donne toujours généreusement à ceux qui le lui demandent, implique une attitude de vérité et d’assomption de son péché, de ses offenses. La miséricorde ne peut se déployer qu’une fois la vérité reconnue et assumée et la justice rendue. Dans la parabole du Fils prodigue, la miséricorde du Père ne se déploie que dès l’instant que le fils cadet a fait retour sur lui-même, qu’il a fait un travail de vérité et qu’il décide de faire le premier pas. Son père, même s’il attend son fils, le laisse pleinement libre et lui laisse l’initiative du retour. Dans une perspective chrétienne, on peut dire que la miséricorde accomplit la justice, mais elle la présuppose.

Puisse cet Evangile nous aider à progresser dans la vérité les uns envers les autres pour que l’amour qui existe entre les membres d’une même communauté soit beau, fécond, évangélisateur et qu’il donne à voir le visage de Dieu. Appuyons-nous sur cette parole de Jésus qui nous donne une indication précieuse : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faîtes-le aussi pour eux. » Amen !

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