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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 20ème Dimanche du temps ordinaire


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20ème Dimanche du temps ordinaire

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »


Frères et sœurs,


Les paroles de Jésus que nous entendons sont troublantes : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » De quel feu parle Jésus ? Et plus loin : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? non, je vous le dis, mais bien plutôt la division ! » Alors là, c’est encore plus difficile !

Ces paroles ambigües ont le mérite d’attirer notre attention et de nous faire réfléchir. Que veut nous dire Jésus ?

Commençons par le feu : « Je suis venu apporter un feu sur la terre ». Dans l’Ancien Testament, le feu a 3 significations. Il est celui qui détruit, celui qui purifie et celui qui consume. Tout comme l’eau, le feu est à la fois signe de mort et signe de vie.

Qu’est-ce que Jésus est venu détruire ? le péché, le mal, la mort. L’allusion que Jésus fait de son baptême, « Je dois recevoir un baptême » nous confirme cette lecture. Jésus vient nous libérer de l’emprise du péché et de la mort.

De quoi Jésus vient-Il nous purifier ? de notre suffisance, de notre orgueil, de nos certitudes, de notre aveuglement. Tant de personnes sont sûres de bien penser…et fixent elles-mêmes les limites de ce qui est acceptable ou non ! Même au sein des paroisses…

Qu’est-ce que Jésus vient consumer ?, enflammer ? Notre cœur et notre amour ! St Jean de la Croix a une très belle image qui pourrait illustrer cette parole de Jésus. Il évoque la purification de celui qui cherche Dieu à travers l’image d’une bûche que l’on jette au feu. Au début, la bûche est un élément distinct que l’on jette dans le feu. Et, au fur et à mesure de la combustion, la bûche se laisse gagner par le feu extérieurement, puis intérieurement, pour finalement devenir elle-même du feu.

On pourrait dire en synthèse que le feu que Jésus évoque est l’Amour Tout-puissant de Dieu qui, en nous brûlant d’amour, nous purifie et détruit en nous le péché. Mais cette image évoque aussi le fait que, pour devenir comme Dieu, nous devons passer par la mort.

Les textes que nous entendons évoquent également tous la réalité de l’hostilité. Dans la première lecture, on veut tuer le prophète Jérémie parce que ce qu’il dit ne plaît pas. Dans la deuxième lecture, l’auteur évoque l’hostilité qu’a enduré Jésus : « Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité… » Et Jésus dans l’Evangile évoque toutes les divisions qui surgiront dont il sera à l’origine.

Cette récurrence du thème de l’hostilité, des oppositions, des divisions nous donnent un critère pour authentifier l’œuvre de Dieu. Même si Dieu est Amour, Dieu est combattu. Même si Jésus n’a eu que des paroles et des actes d’amour, Il a été combattu, rejeté et tué. Cela nous appelle à une vraie liberté ! Qui commence par le fait de mourir à l’idée, complètement utopique et pas du tout réaliste, que tout le monde attend le Christ et son message. Non, il y a dans le monde, de véritables forces de mort, d’opposition qui combattent l’Evangile et le Christ. Frères et sœurs, il faut s’interroger lorsque la parole de l’Eglise ne rencontre aucune opposition ou résistance dans notre monde. Nous pouvons être sûrs qu’il y a un problème dans notre annonce.

Mais, ne soyons pas inquiets ! les oppositions, nous en avons ! Des divisions, nous en avons, même au sein de l’Eglise et parfois des paroisses ! Ce qu’il y a, c’est qu’il faut que ce soient de bons combats ! Pas une opposition parce qu’on chante en latin ou en français ! Cela, c’est ridicule ! Mais que nous ayons des oppositions parce que, par exemple, nous défendons la dignité de toute vie humaine de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, ça c’est important. Mais demandons et implorons dans notre prière le don de la liberté évangélique, pour ne pas nous laisser enfermer dans ce que le monde nous donne qui n’est plus à la grandeur de Dieu.

Ces points abordés, je voudrais m’arrêter sur les paroles de Jésus sur la paix. « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? non, mais plutôt la division ! » Au-delà des oppositions que Jésus rencontrera ou que ses disciples rencontreront, Jésus nous invite aussi à un nouveau mode d’existence, à un nouveau mode de relation. Ce qu’Il nous dit, c’est que le fait de se prononcer pour Lui ne nous laissera pas indemne et nous transformera. Les divisions évoquées au sein même des familles peuvent être comprises comme un appel à des relations nouvelles, d’un autre ordre entre les membres de la famille. La rencontre avec Jésus est transformante et source de nouveauté, de vie nouvelle. Même les divisions constituent des appels à une nouveauté, déjà en germe. Finalement la question que nous pouvons tous nous poser en ce dimanche est celle-ci : quelle nouveauté le Christ engendre-t-il en moi ?

Dans tout conflit, familial, relationnel, paroissial, au-delà des divisions ou des oppositions, une réalité nouvelle, liée à Dieu, cherche à venir au jour. Mais, sonnes-nous ouverts à cette dimension ? Sommes-nous ouverts à ce que Dieu fait surgir des forces de mort ? Il est là le feu dont Jésus parle.

Pour terminer, après avoir, à la suite des textes de ce jour, laissé la place aux oppositions, aux divisions et aux conflits, je voudrais finir sur une note plus positive. Au-delà de la réalité humaine que nous sommes appelés à assumer, parfois à supporter, comment pouvons-nous être des artisans de paix dans des conflits, des situations ou dans notre manière de vivre tous les jours?

3 attitudes :


Rechercher en tout et toujours la vérité. La vérité de ce qui a été dit, de ce qui s’est passé. Vivons en vérité avec nous-mêmes, dans nos relations les uns avec les autres.


Combattons l’amour propre. Il est à l’origine de susceptibilités, de frustrations, et d’attitudes égocentrées. Pratiquons la charité, l’amour de Dieu et des autres avant nous.


Recherchons la volonté de Dieu. Dans une situation de conflits, à quelle nouveauté Dieu m’appelle-t-Il ? ne pensons pas à sa place, mais écoutons-le !

Amen !

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